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Des canots sur la glace et une vraie tempête

L'hiver à Montréal9 février 202014 min de lecture
Des canots sur la glace et une vraie tempête
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31 janvier

Quand sonne l’heure de quitter le travail ce vendredi à 17 heures, l’arrivée du week-end a une saveur différente. Cette fois-ci, la maison n’est pas vide quand nous rentrons ! Evelyne et Johann sont dans le salon, confortablement installés, et ils commencent à prendre leurs marques dans notre petit appartement. Ils ont déjà repéré notre quartier et ils nous gâtent avec de bonnes choses achetées dans les commerces du coin. Nous prenons un excellent apéro en leur diffusant des photos de voyages, que nous ne leur avions encore jamais montré. Et pour célébrer leur arrivée et la fin de leur première journée à Montréal, nous les invitons à manger au restaurant Bagatelle, un excellent petit restaurant québécois type bistrot proche de chez nous.

1er février

Quand il fait moins de zéro degrés presque trois mois dans l’année, il peut être compliqué de faire du sport. Comme toujours, les canadiens ont la parade. Vous faites de l’aviron l’été ? Ils ont une solution pour l’hiver. Ce midi, dans le Vieux-Port de Montréal a lieu une étape du Circuit Québecois de Canot à Glace. Ancré dans une tradition bicentenaire, d’une époque où les canotiers devaient vaincre les morceaux de glace quand tout le fleuve n’était pas encore gelé, ce sport pour le moins original est spectaculaire. Le départ se fait depuis le bassin de l’Horloge qui, puisque son eau est stagnante, est complètement gelé et il s’apparente à du bobsleigh. Les athlètes, par équipe de 5, poussent leur canot sur la glace en courant à côté avant de sauter à l’intérieur dès qu’il atteint les eaux.

De là, ils contournent la tour de l’horloge en évitant les morceaux d’iceberg charriés par le fleuve puis ils remontent le flot jusqu’au bassin Alexandra avant de traverser le Saint-Laurent dans un sens puis dans l’autre. L’un des atouts importants de ce circuit au cœur du havre de Montréal est qu’il s’effectue à proximité des berges et garde ainsi les spectateurs en haleine tout au long de la course. Le passage mythique de la traversée vers l’Île Sainte-Hélène est particulièrement impressionnant puisque les canotiers doivent vaincre le puissant courant des eaux du Saint-Laurent pour rejoindre le quai de l’horloge en face et lutter pour ne pas se faire emporter. Les canotiers continuent ainsi pendant deux à quatre tours en fonction de leur niveau de compétition, soit entre 9 et 17 kms. La course est plutôt ouverte, on aperçoit des bateaux remplis de grands gaillards aux physiques de bucherons, d’autres plus fluets, des embarcations exclusivement féminines et mixtes et l’événement se déroule dans une ambiance très bon enfant. Après une heure à ramer, les concurrents se rapprochent de la ligne d’arrivée et nous nous massons contre une rambarde pour mieux apprécier le spectacle. A l’inverse du départ, ils sautent hors de l’eau dès que le canot touche la glace et ils sprintent en poussant leur bateau ! On ne saisit pas très bien le nom des vainqueurs mais nous sommes satisfaits d’avoir découvert une nouvelle activité sportive !

Les canotiers poussent leur canot sur la glace.
La tour de l'Horloge, au Vieux-Port
La tour de l'Horloge, au Vieux-Port.

Nous faisons ensuite découvrir aux parents le cœur de Montréal, aussi appelé « Le Vieux » : le marché Bonsecours, la place Jacques Cartier, la cathédrale, la Place d’Armes… On en fait rapidement le tour puis nous prenons la direction de l’incontournable marché Jean-Talon, repaire des amoureux de produits frais de bonne qualité et de cuisine. Après avoir fait le tour des étalages pour faire découvrir le maximum de spécialités aux parents de Cassandre, nous reprenons le métro avec les sacs remplis à ras-bord d’aliments. Nous ne mourrons pas de faim !

2 février

L’être humain a la capacité de s’adapter à presque tout et celle de s’habituer rapidement aussi. Bien que très pratique, cela a aussi ses inconvénients. Ce que l’on trouvait merveilleux quelques mois auparavant devient vite routinier et cela est valable partout. On oublie la beauté de la Tour Eiffel, l’incroyable baie de Sydney et son Opéra ou l’architecture originale de la Tour de Montréal quand ils sont dans notre champ de vision tous les jours. C’est aussi pour ça qu’il est essentiel de profiter qu’on nous rende visite pour redécouvrir des endroits que nous ne verrons pas toute notre vie. Alors aujourd’hui, on enfile les chaussures de neige pour faire découvrir notre quartier à Johann et Evelyne. Nous remontons jusqu’au stade Olympique, cet immense bâtiment à l’allure de vaisseau spatial posé sur un terrain vague, pour pénétrer dans le complexe. A l’intérieur se trouve une immense piscine où des enfants s’en donnent à cœur joie en ce jour dominical. Nous nous renseignons sur les tarifs pour que les parents de Cassandre puissent venir nager quand ils en auront l’envie. Nous leur montrons aussi le cinéma voisin et leur apprenons l’astuce du ‘cheap Tuesday’, en vigueur dans les pays anglo-saxons, où les tickets d’entrée pour les films sont à tarif très réduits les mardis.

La piscine du complexe olympique
La piscine du complexe olympique.

A travers une épaisse couche de neige, nous gravissons les marches qui mènent au parc botanique. Nous observons avec amusement les skieurs de fond et partons à la découverte de certains sentiers. Nous finissons même par trouver le minuscule passage qui relie ce parc à celui de Maisonneuve et tous les gens du cru ne se privent pas pour l’emprunter. Les écureuils sont aussi de la partie, réunis en bande sous les mangeoires à oiseaux pour récupérer les miettes laissées par les volatiles. Nous discutons avec un monsieur que nous croisons souvent quand nous courons. Armé d’un appareil photo et de sa vieillesse fringante, il capture les différents oiseaux qui trouvent refuge dans le parc sous tous les angles. Il nous explique qu’il vient tous les jours pratiquer sa passion de la photographie et qu’il alimente le site officiel de l’espace vert. Nous prenons l’adresse en promettant d’y jeter un œil et nous retournons sur la route pour entrer dans notre boulangerie de quartier. Arhoma est un bel espace superbement aménagé avec une grande diversité de produits locaux : des fromages, des saucissons, du lait, du pain évidemment mais sous toutes ses formes et beaucoup de pâtisseries. Il est dur de ne pas y craquer pour les gourmands et puisqu’Evelyne et Johann sont là, on ne se prive pas sur les petits plaisirs. Nous finissons la journée en dégustant de la bonne nourriture et en discutant autour d’un verre de vin.

7 février

C’est la hantise de tous les Québécois chaque année et, malgré un hiver plus doux qu’à l’accoutumée, 2020 ne dérogera pas à la règle : en ce 7 février, le Québec connait sa pire tempête de neige de l’hiver. On ne parle pas ici des quelques 5 centimètres de neige qui ont frappé Paris et sa région en 2012 causant un chaos monstrueux sur les routes de la capitale et de sa banlieue, obligeant parfois même les gens à abandonner leurs véhicules pour la nuit. Non, on parle ici de VRAIE tempête. Entre 10h ce matin et ce jusque tard dans la nuit, ce ne sont pas loin de 40 centimètres de neige qui se sont abattus sur le Québec, et donc sur Montréal. Toutes les écoles ont dû être fermées et de nombreuses personnes se rendant habituellement à leur travail en voiture ne sont pas allées travailler par mesure de précaution. Ce n’est pas notre cas donc aujourd’hui nous nous rendons au travail comme un jour normal.

La sortie du travail sera par contre un vrai parcours du combattant : il y a tellement de neige sur les trottoirs qu’il faut user de beaucoup d’équilibre et de force dans les jambes pour arriver à mettre un pied devant l’autre, même dans le vieux centre où Cassandre travaille, qui est pourtant d’habitude le quartier le mieux déneigé de la ville. Seulement voilà, aujourd’hui, la neige tombe plus vite que les équipes de déblaiement sont capables de la tasser, d’autant plus qu’il faut en priorité déneiger les grands axes routiers autour de la ville. Bref, les équipes sont débordées et on le voit bien. Sur les bords des routes et devant les immeubles et maisons, des centimètres et des centimètres s’accumulent, parfois jusqu’à arriver à hauteur de hanches en certains endroits. Les voitures stationnées sont totalement recouvertes, on se demande même parfois s’il y a effectivement une voiture sous la neige tellement la couche est importante. Dans ces conditions, les autorités conseillent à tous les citoyens de limiter les déplacements au maximum, surtout ceux en voiture. C’est ce que nous ferons ce soir.

Le matin de la tempête
Le matin de la tempête.
En rentrant du travail
En rentrant du travail.
La tempête du 7 février.

8 février

A pas plus loin de 10 minutes à pied de chez nous, dans le parc Maisonneuve, on trouve le deuxième réseau de sentiers de ski de fond urbain de Montréal. Seul bémol, ils ne louent pas de matériel sur place. Heureusement, Il ne faut pas forcément faire des heures de voiture pour aller faire du ski de fond quand on habite cette ville. Quelques 61 kilomètres de sentiers aménagés sillonnent plusieurs sites de Montréal. Les pistes sont balisées, entretenues et certaines sont éclairées et des relais sont installés le long des trajets. Comme nous n’avons pas de voiture, il nous faut trouver un parc accessible en transports en commun. Petite anecdote à ce sujet : depuis décembre 2019, il est désormais permis de prendre le métro et le bus avec des skis à n’importe quel moment de la journée, y compris aux heures de pointe. En 2016, un Montréalais avait en effet défrayé la chronique après avoir écopé d’une amende de 102 $ parce qu’il était descendu dans le métro « armé » de son équipement de ski.

Le parc nature de la Pointe-aux-Prairies
Le parc nature de la Pointe-aux-Prairies.
Le calme après la tempête
Le calme après la tempête.
Un skieur de fond au parc Maisonneuve.

Le parc nature de la Pointe-aux-Prairies est situé à l’est de l’ile de Montréal, à une heure de transport de chez nous. Avec ses 247 hectares et ses 22 kilomètres de sentiers, le parc permet aux fondeurs de pouvoir s’adonner à leur passion en plongeant dans la nature. Il offre aussi un service de location de matériel à petit prix. Parfaitement ce qu’il nous faut. Aujourd’hui est l’un des jours les plus froids de l’hiver à Montréal, on frôle les -30 degrés en ressenti. Mais peu importe, le soleil brille et les grosses chutes de neige de la veille promettent des conditions optimales pour s’essayer au sport de Martin Fourcade. Quand nous sortons de la maison, la calme a succédé à la tempête : une magnifique et épaisse couche de neige recouvre absolument tout.

Arrivés au parc après un métro et un bus, on se dirige vers le chalet proposant le service de location. Après dix minutes d’explication, nous récupérons notre matériel (Rossignol, la qualité française) que nous avons décidé de louer pour deux heures. Chausser des skis de fond se révèlera plus difficile que chausser des skis alpins. Il existe plusieurs types de fixations. Dans notre cas, il faut appuyer sur la partie avant de celles-ci avec un bâton de ski (ou avec ses mains), engager l’avant de la chaussure dans la fente de la fixation puis relâcher la pression pour la verrouiller. Quand l’agent au comptoir de location nous avait fait la démonstration, ça avait l’air simple. Or, l’énorme quantité de neige qui est tombé hier rend le chaussage plus compliqué que prévu car elle n’arrête pas de s’intercaler sous nos chaussures et sur la fixation. On lutte quelques minutes puis enfin le miracle arrive : nous sommes tous chaussés !

Comme on commence à en avoir l’habitude ici au Québec, les sentiers sont très mal balisés. A peine partis depuis 5 minutes que l’on se perd déjà. Peu de gens sont passés avant nous donc il est difficile de se repérer avec les traces et la neige nouvelle qui s’est accumulée est extrêmement molle et collante, elle rend l’avancée difficile. Deux techniques de ski existent : la technique traditionnelle, dite « classique » ou du « pas alternatif », qui consiste à avancer dans deux traces parallèles, et celle du « pas de patineur » (« skating ») dont le style au niveau des jambes peut s'apparenter au roller ou au patin à glace. Dans notre cas, on se contentera du pas classique. On prend exemple sur les fondeurs que l’on voit passer et, au bout de quelques minutes, on commence à comprendre le mouvement et à avancer avec plus d’aisance.

Au bout d’un sentier, une petite colline se révèle et tente les skieurs alpins que sont Johann, Cassandre et Evelyne. Ils grimpent rapidement en pas de canard et descendent à toute vitesse avant de se laisser tomber dans la poudreuse du bas de la piste, car l’équilibre est beaucoup plus précaire sur des skis de fond que sur des skis alpins ! Après cette bonne tranche de rigolade, nous cassons la croute à la française. Les québécois comme tous les anglo-saxons (ne leur dites pas qu’on les appelle comme ça) sont de gros consommateurs et ils n’hésitent jamais à acheter à manger sur place, partout où ils vont. Nos habitudes hexagonales nous poussent à amener nos victuailles et à déjeuner sur le pouce, nos portemonnaies se sentent mieux de ne pas à avoir à surpayer une nourriture quelconque.

Sur les skis de fond
Sur les skis de fond.
Cassandre, Evelyne et Johann dans la neige.

Le complexe propose aussi des sentiers de marche pour les visiteurs qui ne seraient pas férus de sports d’hiver et après avoir rendu les skis, nous prenons l’un des chemins pour apprécier la forêt enneigée et son atmosphère si particulière. Malheureusement, ce n’est pas ici que l’on peut profiter du silence enchanteur des sous-bois car une énorme autoroute longe le parc de toute son énormité bruyante. La balade terminée, nous rejoignons le bus qui nous mène au métro pour finalement arriver à la maison vers 16h. Nous mangeons et prenons l’apéro avec les parents avant de reprendre la direction de l’IglooFest. Après tout, combien de fois dans notre vie allons-nous assister au festival le plus froid du monde ? Cette fois-ci, la star de la soirée s’appelle Charlotte de Witte, la DJ de musique électronique belge, qui enflamme littéralement Montréal pour la toute dernière soirée de l’événement. Nous y rejoignons un ami et sa bande de copains et nous passons une superbe soirée, pleine de rire et de danse, malgré la température de -20 degrés qui vous refuse l’envie de rester sur place. Nous rentrons entre une et deux heures du matin et nous glissons au lit en essayant de ne pas réveiller nos colocataires.

Dernière soirée à l'Igloofest
Dernière soirée à l'Igloofest.

9 février

Le parc Jean Drapeau est l’un des plus grands de Montréal et est situé en plein centre du fleuve Saint-Laurent. Il se compose de deux îles : Sainte-Hélène d’abord puis Notre-Dame sur laquelle est situé le circuit de Formule 1 Gilles-Villeneuve. À deux pas du cœur de la ville, cette étendue de nature sauvage bordée d’eau et de rapides est très appréciée des Montréalais pour les multiples possibilités qu’elle offre été comme hiver : un énorme complexe olympique découvert, une plage, un bassin d’aviron et de nage libre, un casino, un parc d’attractions, des sentiers de vélo et de raquettes, des salles de réception, des espaces culturels… sans oublier tous les festivals de musique et évènements sportifs qui y ont lieu tous les ans. Chaque hiver, le parc accueille notamment la Fête des Neiges pendant 4 week-ends consécutifs, un évènement familial avec une programmation axée sur le plein air et proposant de nombreux spectacles et activités. Il y a 16 couloirs de glissade sur tubes, un sentier de patinoire de 300 mètres, des spectacles de sculpture sur glace et plein d’autres activités pour les enfants principalement. Il fait beau aujourd’hui une fois de plus et comme nous n’avons rien particulièrement de prévu à part une soirée crêpes, on décide de se rendre à cet évènement qui sera aussi l’occasion pour nous de découvrir le parc.

Cela tombe bien d’ailleurs car, en ce dimanche, l’accès à l’évènement est exceptionnellement gratuit pour tout le monde. Le Super Bowl, la finale du championnat de football américain (NFL), a en effet eu lieu la semaine précédente et pour la première fois de son histoire, un joueur québécois, Laurent Duvernay-Tardif, a soulevé le prestigieux trophée. A cette occasion, il sera présenté à la foule en liesse et, dans un excès d’euphorie, la municipalité de Montréal a décidé de rendre l’entrée gratuite pour que chacun puisse en profiter. Nous ne sommes pas du tout intéressés par ce jeune homme mais on ne manque jamais une bonne opportunité de faire des économies.

A peine sortis du métro, une humeur festive flotte dans l’air. A l’entrée du festival, de grosses enceintes font résonner de la musique antillaise ce qui rend l’expérience d’autant plus amusante car bien qu’il fasse très beau, les températures sont négatives et bien loin de celles des Caraïbes. Nous étions à la base venus dans le but de louer des raquettes et de partir en expédition sur les sentiers du parc, mais au moment de récupérer les équipements, la loueuse nous annonce qu’elles ne doivent servir que pour se déplacer sur le site et qu’elles ne peuvent pas sortir de l’enceinte de l’évènement. On ne voit pas bien l’intérêt à cela et on décide d’abandonner l’idée. On se promène à travers les différentes activités et bien que l’endroit soit petit, on se retrouve à passer du temps entre les différentes estrades. Un sculpteur sur glace fait une démonstration et creuse un sublime papillon dans le bloc gelé juste avant qu’un groupe de danseurs déguisés fasse une prestation aux accents de cirque. On s’amuse aussi un peu sur les pentes de glissades sur tube qui ont été aménagées pour l’évènement puis, après avoir fait le tour, nous quittons le festival car le parc commence à se remplir de fans du sportif. L’animateur s’égosille sur son estrade et il peine à faire décoller l’assistance remplie de québécois plus curieux que vraiment intéressés et on finit par se dire qu’ils connaissent aussi bien le sport américain que nous.

La Fête des Neiges au parc Jean-Drapeau
La Fête des Neiges au parc Jean-Drapeau.
Parc Jean-Drapeau
Parc Jean-Drapeau.

Le parc Jean-Drapeau est très agréable avec ses petites promenades aménagées le long du prestigieux fleuve Saint-Laurent. On constate les conséquences de la vague de froid extrême qui nous a frappés en observant le flot de glace que le courant charrie. Le bruit des morceaux qui s’entrechoquent sans cesse est reposant, comme un rappel que malgré la silhouette urbaine de la ville que l’on voit de l’autre côté de la rive, la nature est là et bien là, toujours plus forte et impressionnante. Après un immense tour, nous reprenons le métro puis nous achetons le nécessaire pour faire une bonne plâtrée de crêpes.

La glace charriée par le Saint-Laurent
La glace charriée par le Saint-Laurent.