7 décembre
Ce matin, Stéphane se promène sur un site de pet-sitting, ce concept où vous gardez des animaux chez des particuliers pendant leurs vacances, et découvre par hasard une annonce sur New-York du 24 au 27 décembre. Sur ce genre de sites, votre profil fait la différence et les avis déjà donnés sur vous sont cruciaux, il est donc extrêmement difficile de démarrer sans en avoir. Nous décidons donc d’embellir un peu la réalité et d’écrire que nous travaillons dans un refuge. Bingo, Samantha nous répond quasiment dans la foulée que si nous sommes disponibles pour un appel vidéo, elle serait ravie de discuter avec nous. Après moins de dix minutes de conversation, elle nous propose de venir nous occuper de ses deux petits chiens pendant son absence. On accepte évidemment et on raccroche excités : nous allons pouvoir aller à New-York pendant Noël et en plus sans payer le logement ! Quand on sait qu’à cette période, une chambre décente dans un quartier sympa coûte minimum 75€ la nuit, on n’est pas mécontents.
La métropole américaine n’est qu’à six heures de route de Montréal, soit l’équivalent d’un Paris-Bordeaux, et nous n’avons pas vraiment d’autres options que d’y aller en voiture. Le bus est hors de prix, en plus d’être long, et l’avion coûte un bras pour une distance minuscule. Nous cherchons un covoiturage mais, là aussi, la période de Noel et les prix exorbitants qu’elle entraine pousse les conducteurs à proposer des prix déraisonnables pour une place dans leur voiture (parfois jusqu’à 90 dollars la place !). Nous décidons d’en louer une nous-même et de proposer le trajet sur les sites de covoiturages à un prix correct pour permettre à d’autres gens de profiter de l’opportunité tout en réduisant nos frais. Tout le monde y sera gagnant.
13 décembre
La fin de semaine s’est bien faite attendre : ce soir s’amorce le début de notre premier « week-end chalet ». Ici, il est coutume de dire qu’on « fait un chalet » quand on loue un chalet pour le week-end afin de fuir la ville pour échapper à la torpeur urbaine (non, nous n’allons pas passer notre week-end à couper du bois pour en faire une maison). Bien décidés à vivre l’expérience comme des locaux, nous rejoignons un groupe de dix personnes dont quelques amis pour prendre la direction de Saint-Sauveur. Et quand on pense au chalet perdu dans les bois, il est littéralement perdu puisque nous n’arrivons pas à le trouver à l’adresse indiquée. Nos amis doivent appeler la propriétaire pour finalement découvrir que la route que nous devons emprunter n’existe pas encore officiellement sur les cartes et qu’il faut suivre des indications bien précises.
Une fois sur place, le chalet tient toutes ses promesses, sorti tout droit d’un cliché canadien. La pièce à vivre est immense et haute de plafond avec un plancher en bois magnifique. Une mezzanine propose deux chambres et une salle de bains luxueuse tout comme le sous-sol qui ajoute un billard à l’addition. Comme c’est le cas dans la plupart des chalets ici, il y a aussi un jacuzzi en plein air. On se mélange à notre compagnie du week-end autour d’un apéritif dinatoire, d’alcool et de rigolades. Ces gens sont tous différents mais tous intéressants à leur manière et nous passons une excellente soirée qui se finira pour certains au petit matin.
14 décembre
Nous avons prévu d’aller skier aujourd’hui, mais malheureusement la météo en a décidé autrement. La neige aurait été la bienvenue mais non, faute de froid, aujourd’hui il pleut. La pluie n’étant pas le meilleur ami du skieur, nous décidons de reporter notre sortie au lendemain. Après un réveil plus ou moins tardif (9h pour certains, 12h pour d’autres), nous « entamons » la journée par un très copieux brunch qui s’éternisera… jusqu’à 15h. Quand on sait qu’à cette période de l’année il fait nuit à 17h, on commence doucement à s’activer histoire de dire qu’on n’a pas passé la journée à ne rien faire. Comme on est au Canada et qu’on est à la campagne, logiquement il n’y a pas besoin d’aller très loin pour trouver un bel endroit. Ça tombe bien, on est à 20 minutes de marche d’un lac.
Nous voilà donc tous partis à travers la campagne canadienne à la recherche de ce fameux lac. Le chemin s’avèrera plus compliqué que prévu car nous sommes entourés de propriétés privées. Nous n’avons donc aucun moyen de rejoindre ce lac sans passer sur un chemin privatif. Nous arriverons toutefois à trouver un sentier en coupant par des sous-bois et en empruntant une piste de ski de fond. A notre arrivée, on retrouve le paysage typique de l’hiver canadien : un lac gelé entouré de sapins enneigés. On se rapproche tous du bord en faisant bien attention à ne pas marcher sur la glace qui pourrait se briser sous nos pas à tout moment. Après quelques photos, il est déjà 16h30 et la luminosité commence dangereusement à baisser. On décide donc de se rediriger vers le chalet.

Après une hilarante partie de Times’Up (ce jeu où vous devez faire deviner à vos co-équipiers des personnages en 3 manches), nous nous attelons à la préparation de notre festin du soir : la raclette ! Bon on ne va pas vous mentir, on y arrive de moins en moins avec la raclette ! Est-ce la faute de notre alimentation très simple de ces trois dernières années où notre budget restreint nous orientait plutôt vers des aliments simples ? Ou bien est-ce notre évolution naturelle ? Toujours est-il que nous y prenons moins plaisir qu’à l’accoutumée et on se sent bien barbouillés après le repas. Après plusieurs parties de loup-garou et un petit tour du côté du jacuzzi en plein air sous la neige tombante, il est déjà 4h du matin, l’heure d’aller se coucher car le lendemain, nous devons quitter la location à 11h.
15 décembre
Après une courte nuit au cours de laquelle Stéphane aura été très mal en point (merci la raclette), il est déjà temps de ranger nos affaires et de nettoyer les lieux pour le rendu des clefs. Alors que certains se rendent à la station de ski voisine pour s’adonner aux joies de la glisse alpine, nous décidons pour notre part de retourner sur Montréal. Cassandre est très fatiguée et n’est pas confiante quant à ses compétences de snowboardeuse après une nuit de cinq heures. Elle passera d’ailleurs le dimanche entier à dormir. Ah, les joies de la fête et de l’alcool…

21 décembre
Marjolaine, une amie de Paris (accessoirement aussi ex-coloc à Melbourne) est arrivée avant-hier au Canada. Elle est venue célébrer Noël avec ses frères, sœurs, oncles et tantes chez son père qui habite à Québec. On lui a donc proposé de venir passer quelques nuits chez nous à Montréal avant de prendre la route. La pauvre est arrivée au Canada il y a deux jours et, manque de bol, en pleine vague de froid. Il y a deux jours, nous avons en effet connu nos premières grosses températures négatives : -21 degrés avec un ressenti à -30 degrés. Ça pique. Il fait tellement froid que notre mucus nasal gèle instantanément à chaque fois qu’on inspire. Notre amie avait prévu les bottes de neige mais son manteau est ridiculement inefficace face à ce froid. Heureusement que Cassandre avait un manteau d’hiver en surplus, car sinon elle aurait fini congelée ! Etant donné qu’elle doit se rendre aujourd’hui à l’aéroport à 15h pour récupérer son frère et sa sœur, on a le temps de lui faire découvrir une activité bien typique d’ici : la glissade sur tube.
Le principe est simple : glisser sur une énorme bouée comme celles que l’on trouve dans les parcs aquatiques, sauf que cette fois, vous dévalez des pentes enneigées. Il y a plusieurs grosses stations de glissades autour de Montréal mais, notre temps étant limité, on se contentera de la plus proche, qui est aussi la plus petite. Après 30 minutes de métro et 15 minutes de marche, nous voilà arrivés au centre de glisse de Montréal, dans le quartier d’Angrignon. Vous pouvez y pratiquer toutes sortes d’activités hivernales : glissades sur tube donc, mais aussi ski et snowboard (pour débutants principalement), luge, snowpark etc. La piste de glissade sur tube avec ses 280 mètres de long et sa pente à forte inclinaison a de quoi faire vivre des sensations fortes aux plus aguerris. Pour rejoindre le sommet de la piste, il suffit de prendre un tapis roulant puis de monter quelques escaliers (pas évident d’ailleurs avec une bouée qui vous arrive aux hanches !). Ensuite, il suffit de s’assoir dedans et de dévaler la piste à toute vitesse en hurlant. Après deux heures de glisse et de fun, il est temps de faire demi-tour car le temps file et l’heure de rendez-vous de Marjolaine arrive à grand pas.