Deux derniers jours à Séoul

Mardi 20 Mai

Peut-être que nous ne sommes plus adaptés à la vie des grandes villes ou bien c’est le rythme avec un enfant si petit qui nous déroute un peu. Quoi qu’il en soit, on décide de se mettre au vert et de filer vers le Bukhasan National Park. Après deux métros et un bus où Clémence est toujours la star incontestée, on descend à l’entrée du parc national. On trouve l’entrée facilement et on s’aventure sur une petite ascension de 2.5 kilomètres. De manière étonnante, les abords du parc sont pleins de magasins. On peut acheter tout le nécessaire de randonnée chez des marques réputées ou de quoi se restaurer. On attrape un chocolat chaud, la nouvelle passion de bébé, et un café puis c’est parti.

Le premier segment est en pente douce, sur du chemin très roulant. On croise beaucoup de personnes âgées, voire très âgées. La randonnée est un sport national en Corée du Sud et ils prennent cela très au sérieux. Les équipements sont complets et à la pointe. Ils font des têtes surprises quand ils voient Clémence avancer toute seule et lui adressent des saluts amusés. Il faut dire que la petite grimpe sans rechigner, elle monte des marches presque plus grandes qu’elle et le tout à bonne allure !

Stéphane la porte dans le sac à dos quand ça devient trop dur et glissant mais c’est contre son gré. La dernière partie facture 300 mètres de dénivelé positif sur un kilomètre alors elle n’a pas trop le choix. On avance doucement car quand Clémence est dans le sac, il doit peser pas loin de vingt kilos, un poids conséquent sur le dos et les cuisses. Les Coréens qu’on croise sont très étonnés de savoir qu’on monte vers le sommet de Wonhyobong mais c’est pourtant bien là qu’on va.

Après une longue ascension à tout petit pas, on arrive finalement sur les immenses roches qui constituent la crête. D’ici, on a un panorama très large sur Séoul et ses alentours mais aussi sur le reste du parc. On s’assoit à l’abri du vent et on grignote des petits sandwichs. Des petits chats sauvages nous rodent autour et l’un deux griffe Clémence à la main alors qu’elle voulait lui donner un bout. Elle pleure un grand coup et nous saisissons l’occasion pour la remettre dans le sac à dos afin d’entamer la descente.

Car nous devons bien retourner d’où l’on vient et le retour fait presque plus mal aux jambes que l’aller. Il faut éviter de glisser et prendre soin d’où l’on met les pieds. Clémence parle maintenant presque comme une adulte et elle nous partage toutes ses observations. On débriefe en long et en large l’attaque du petit chat jusqu’à arriver à une partie plus stable. Elle marche alors seule jusqu’à l’arrêt de bus. Il ne nous mène pas au métro mais à une gigantesque aire de jeux. Elle teste toutes les activités (nouvelle passion pour la balançoire) mais finit toujours par venir jouer avec nous. Ce soir, elle fait cuire des pizzas imaginaires, vient vers nous en les portant puis nous dit « oh miiiince, je l’ai fait tomber, je dois recommencer. »

L’horloge tourne et cela fait plus d’1h30 que nous jouons, on retourne prendre le métro direction Séoul. On s’arrête dans le petit marché de la veille pour manger dans un restaurant tout mignon, avec un petit étang, des poissons et une roue à aubes. Clémence ne veut rien manger, elle est fatiguée alors on rentre la coucher pile pour 20h.

Mercredi 21 Mai

« Je suis malade. » Ce sont les mots que tous les parents redoutent et encore plus en voyage. Clémence les prononce en se réveillant un peu avant 9 heures du matin avant de nous dire qu’elle a envie de vomir. C’est chose faite deux minutes après dans la douche. On se triture les méninges car nous n’avons rien mangé de difficile à digérer, il n’y avait pas tant de soleil que ça la veille donc ça ne peut pas être une insolation et elle n’a pas de fièvre.

On décide de calmer le jeu sur la matinée et de ne rien faire même si, après le vomi, elle parait tout à fait normale. On sort quand même prendre un petit-déjeuner et elle semble en pleine forme. Cela se confirme à l’aire de jeux où elle se rend avec Cassandre. Malgré la châleur lourde et étouffante, elle s’amuse comme une folle pendant que Stéphane fait vérifier les vélos chez un vélociste.

Demain, c’est le grand jour alors tout doit être carré. Le technicien vérifie tout et valide l’ensemble. On retourne se promener autour du Cheonggyecheon Stream, ce joli petit ruisseau qui aère la ville. Clémence aime bien y mettre les pieds dans l’eau et passer de rive en rive en sautant sur les cailloux. On retente notre chance au restaurant très réputé Niroumianguan où la petite dévore littéralement la moitié de nos ramen.

L’alerte de ce matin est définitivement passée et on repart flâner dans deux autres palais royaux de la ville : le Changdeok et le Changgyeonggung. En traînant dans les alcôves, on peut s’imaginer la vie d’autrefois dans ce gigantesque espace de verdure. Les bâtiments sont d’origines, typiques de Corée. Il y a des étangs avec des poissons, ce qui passionne bien plus Clémence que les fragments d’histoire.

D’ailleurs, on trouve que le tout manque de contexte car il y a peu d’explications sur la nature des bâtiments et quand il y en a, elles ne sont qu’en coréen. Il faudrait peut-être faire les visites guidées mais c’est impossible avec une enfant si petite. D’ailleurs, elle s’ennuie un peu alors nous retournons à l’aire de jeux à côté qu’elle avait bien aimé il y a quelques jours. Ici, on peut faire du trampoline, de la corde, grimper, sauter. Il y a même un coin musculation, encore une fois occupé par des personnes plutôt agées. On y fait les fous pendant un long moment avant de rentrer prendre une douche bien méritée à l’appartement.

On ressort très vite pour aller manger au marché nocturne de Myeongdong. Là, une avalanche de bruit et de lumières nous sautent dessus. Il y a des étals de street-food de tous les côtés, on attrape une saucisse enroulée de fish cake et une autre entourée de pommes de terre frites puis un pain à l’œuf. On fait tout le tour du quartier en observant les vendeurs ambulants. Clémence réclame une brochette de poulet alors le chef nous la fait flamber sous nos yeux. Elle se régale sur le chemin du retour car il est déjà 20 heures et il faut qu’elle dorme. Cassandre est motivée et elle part pour un run à la sortie du métro de Mapo le long de la rivière Han, sur la voie verte que nous emprunterons à vélo demain, pendant que Stéphane va coucher bébé. Demain, le voyage démarre vraiment !


Commentaires

Une réponse à « Deux derniers jours à Séoul »

  1. Avatar de Annie
    Annie

    Jeudi 22/05/2025 – 11h20 à Paris
    Bonjour à vous trois, j’ai enfin trouvé vos textes …
    Je termine à l’instant leur lecture depuis votre départ.
    J’adore
    Ça donne vraiment envie de voyager bien que je pense « être rester dans mon canapé » trop longtemps.
    C’est passionnant de vous suivre et de lire le détail de vos perigrinations (parcs, musée, nourriture, quartier…)
    Ce ruisseau qui irrigue Séoul est très beau .
    J’aime beaucoup aussi les détails sur les découvertes de Clémence et ses réactions et adaptations dans ce nouvel environnement.
    Hâte de vous démarrer votre périple à vélo et découvrir avec vous les routes et paysages coréens
    Bizzzz à vous trois
    Annie 😘😘😘

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