← La Corée à vélo · étape 4 sur 33

A Séoul, il faut savoir prendre de la hauteur

La Corée à vélo19 mai 20255 min de lecture
A Séoul, il faut savoir prendre de la hauteur
← Récit précédentWhere it's raining cats and dogs

Dimanche 18 Mai

D’accord c’est dimanche mais il n’est pas question de flâner trop tard au lit. Notre réveil sonne à 10 heures et nous sommes encore obligés de réveiller Clémence qui dort profondément. Nous allons ce matin vers l’une de ses activités favorites : un téléphérique ! Celui de Namsam est le tout premier construit en Corée, en 1962. Nous avions oublié que c’était dimanche et on doit faire la queue une trentaine de minutes avant de monter dedans. Clem est toute émerveillée quand on s’élève enfin sur les 600 mètres d’ascension. La cabine nous amène sur un plateau où trône la Namsan Tower. D’ici, on surplombe la ville de 270 mètres et on voit tous les environs.

Le téléphérique de Namsam.

On réalise pour la première fois que la ville est proprement gigantesque. 25 millions de personnes vivent dans l’agglomération de Séoul, c’est la moitié des habitants de toute la Corée ! On commence à avoir hâte de monter sur nos vélos et partir à l’aventure en laissant la mégalopole derrière nous. Pour le moment, on profite de la forêt aménagée en grand parc. Il y a des sentiers partout et en cheminant pour rejoindre une aire de jeux, on tombe sur des aires de musculation en plein air. Contrairement à l’image clichée qu’on en a des autres pays du monde, ce sont principalement des personnes âgées qui utilisent les machines.

Seoul est immense.

Nous arrivons finalement à notre aire de jeux mais encore une fois, elle déçoit Clémence car il s'agit principalement de rondins, de cordes et de petites cabanes en bois sur pilotis. Il faut qu’on révise nos techniques car les coréens n’ont clairement pas la même notion que nous d'une aire de jeux. Celle-ci n’est cependant pas si mal mais plus adaptée à des enfants plus âgés. On y reste quand même une heure avant d’aller manger dans un restaurant de barbecue situé dans le quartier des ambassades tout proche. Les coréens ont une grande passion pour le BBQ, probablement lié à l’aide américaine apportée pendant la guerre. Clémence se régale car il y a des frites et du poulet et nous sommes heureux aussi de ne pas manger épicé pour une fois.

On prend le bus en sortant et la réputation des chauffeurs de Séoul n’est pas infondée : ils roulent à toute vitesse ! On arrive au métro en un rien de temps et on prend la ligne 2 jusqu’à Jamsil, lieu emblématique où se sont tenus les JO de Séoul de 1988. Ici se trouve également un gigantesque parc d’attractions type Disneyland mais surtout la Lotte World Tower, l’un des dix plus grands gratte-ciels du monde. Cassandre profite des lacs pour faire un run pendant que Stéphane se balade avec Clémence.

Clémence profite de la vue.

Une heure plus tard, nous prenons l'ascenseur de la tour pour monter au sommet à plus de 555 mètres de haut. L’ascenseur gravit les étages en un temps record (moins d'une minute) et on découvre un panorama spectaculaire à 360 degrés. D’ici, on aperçoit tous les détails de cette ville immense. Clémence est émerveillée, elle n’arrête pas de coller la tête aux carreaux. Le soleil se couche et un voile orange se pose doucement sur Séoul avant d’être remplacé par les lumières nocturnes.

Le soleil se couche sur Séoul.

Il est temps pour nous de repartir car il se fait tard. D'abord, on fait un crochet par le marché de street-food de Gwangjang, dans l'arrondissement de Jongno, l'hypercentre de Séoul. Comme on est dimanche soir, l’endroit est relativement calme (comparé aux heures du midi qui sont un véritable enfer de monde). On peut observer tous les étals tout en commandant des Bindaetteok, des galettes de haricots mungo et de légumes, et des dumpling coréens (les Mandus) que nous mangeons ensuite tranquillement en déambulant le long du ruisseau de Cheonggyecheon avant de rentrer dormir.

Notre échoppe du soir.

Lundi 19 Mai

Clémence s’est endormie à minuit. Nous avons tout tenté mais le jetlag frappe encore son petit organisme de bébé. Pour se recaler, on avance encore un peu le réveil pour émerger à 9h30. On ne lambine pas et on sort directement manger le petit-déjeuner dans une petite boulangerie de notre quartier. Clémence s’amuse à dire merci en coréen, ce qui amuse évidemment beaucoup les locaux.

Sur la balançoire en famille.

On a décidé de consacrer la matinée à des jeux alors on se dirige de l’autre côté du fleuve. On en profite aussi pour découvrir la piste cyclable de la Han River, qu’on prendra jeudi pour laisser Séoul derrière nous. L’aire de jeux est sympathique, Clémence y trouve son plaisir. Elle joue à côté des petits Séoulites et de leurs parents.

Ils sont d’ailleurs très nombreux à lui sourire, à lui faire des coucous ou à lui dire qu’elle est très belle. Ça ne loupe encore pas dans le métro en direction de Ikseon, un autre village hanok. Les maisons traditionnelles sont toutes rénovées, avec de grandes baies vitrées et elles abritent des restaurants et des boutiques qui rivalisent de beauté. On se régale de deux plats copieux et bon marché.

L'entrée toute en simplicité d'un restaurant.

Clémence ne souhaite pas faire la sieste alors on se balade vers la DDP, la Dongdaemun Design Plaza. C’est une grande place à l’architecture contemporaine. Elle rend très bien sur les photos mais elle est sans peu d’intérêt concret. Heureusement, un jeune homme joue du piano et ça captive Clémence qui le regarde avec attention.

La DDP.

On se traîne à pas d’enfants vers le Naksan Park, qui a la particularité d’être tout en longueur sur une colline. La vue est encore différente, elle dévoile un côté plutôt banlieue de Séoul, avec toujours les collines des parcs nationaux entourant la ville en arrière plan. Les immeubles sont tous identiques, cela fait de grands ensembles. Nos pas nous mènent jusqu’à une aire de jeux dans un tout petit quartier très calme. On s’y dépense avant de reprendre le métro pour rentrer à l’appartement. Le voyage à vélo commence dans trois jours et nous voulons vraiment nous recaler. On ressort donc manger à 19h et Clémence est couchée à 20h. Il n’y a plus qu’à espérer qu’on arrive à dormir tôt aussi.