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Une courte échappée dans les montagnes suisses : le Bernina Express jusqu'à Tirano

La Suisse en train25 octobre 20247 min de lecture
Une courte échappée dans les montagnes suisses : le Bernina Express jusqu'à Tirano
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Mercredi 23 octobre 2024 - Pontresina -> Tirano

Puisque notre chambre d'hôtel se veut volumineuse et qu'elle propose une petite table posée élégamment dans un coin, c'est là que nous prenons le petit-déjeuner avec des vivres achetées la veille au supermarché. Clémence se réveille inhabituellement tôt, autour de 7 heures, et il faut tuer un peu le temps avant d'aller prendre le train de 10h07. Heureusement, elle n'est pas très difficile à occuper car la moindre découverte l'émerveille.

Les quais de la gare de Pontresina.

Elle saute de joie à l'annonce de notre départ pour la gare et à l'idée de grimper dans le sac à dos de randonnée où elle adore se trouver. A 9h30, nous entamons la descente vers la station de Pontresina. Nous sommez un peu en avance à notre arrivée sur les quais mais l'activité est telle que nous avlns plein de choses à regarder. Les trains s'enchaînent régulièrement et le nôtre arrive bien assez vite. Nous nous installons confortablement dans le wagon de seconde classe quasi vide pour entamer l'ascension de ce flanc des Alpes. La pente se raidit tellement que les rails serpentent sans cesse pour tenter de l'adoucir et le train monte à bon rythme, bravant le dénivelé.

Le plus bel écran du monde est la fenêtre d'un train.

À Diavolezza, nous atteignons enfin le sommet à 2200 mètres d'altitude. Ici, le paysage devient presque lunaire, rocailleux. Des lacs d'altitude apparaissent régulièrement le long de la voie. Dans la descente vers l'Italie et Tirano, nous faisons une halte à Poschiavo, la dernière commune suisse. Nous avons hésité à réserver une nuit d'hôtel ici et en visitant la ville, on se félicite d'avoir opté pour l'Italie. En effet, ce petit village n'a rien de passionnant à part quelques beaux bâtiments et les omniprésentes montagnes environnantes. La pluie n'arrange rien et Clémence s'endort dans le sac à dos, peut-être bercée par le petit clapotis des gouttes sur sa capuche.

Le lago Bianco, près de l'Ospizio Bernina
Le lago Bianco, près de l'Ospizio Bernina.
La place centrale de Poschiavo
La place centrale de Poschiavo.
Clémence s'endort dans le sac à dos
Clémence s'endort dans le sac à dos.
Le Bernina Express s'enroule autour d'un lac d'altitude.

Après avoir repris le train pour la dernière demi-heure du trajet, nous arrivons en terre italienne. Cela ne peut pas nous échapper car cela se sent à l'omniprésence des voitures dans l'espace public. Il faut attendre des minutes entières aux feux tricolores, les camions passent à toute allure. Tirano subit probablement les effets d'être la première ville avant la Suisse. Les travailleurs frontaliers tentent probablement d'aller mieux gagner leur vie en Suisse pour un travail équivalent et personne ne peut leur reprocher.

Les derniers kilomètres avant l'Italie
Les derniers kilomètres avant l'Italie.
Le Bernina Express dans la descente vers Tirano.

Mais Tirano fait vraiment l'impression d'une ville traversante, avec un fort volume de poids lourds et un bruit constant. Elle possède tout de même le charme des villes italiennes avec ses rues pavées et ses églises. Ce soir-là, nous profitons d'être là pour goûter à nouveau à l'excellente cuisine italienne.

Une ruelle de Tirano au crépuscule
Une ruelle de Tirano au crépuscule.

Où nous avons dormi : I Rondini propose une chambre toute simple avec une salle de bains et avec une cuisine commune. Cela suffit à notre bonheur.

Jeudi 24 Octobre 2024 - Tirano -> Celerina

Au petit-déjeuner, nous partagons le café avec un couple d'irlandais qui ont dormi dans la chambre à côté de la nôtre. Notre petite expérience du train entre Coire et Tirano nous permet déjà de leur prodiguer quelques conseils avisés quant aux arrêts les plus spectaculaires à effectuer.

Ils viennent de la région de Gallway et entreprennent un périple à travers l'Europe en train. Ils sont partis de Thessalonique en Grèce pour remonter tranquillement en un mois jusqu'à chez eux. Leur expérience nous étonne et nous nous régalons de leurs histoires. Nous ne rejoignons pas la gare de Tirano ensemble mais nous nous retrouvons dans le même train au départ à 10h08. La brume envahit les montagnes, s'accrochant aux arbres et ajoutant du mystique au paysage.

La gare de Tirano au matin.
Le viaduc hélicoïdal de Brusio, où le train tourne sur lui-même
Le viaduc hélicoïdal de Brusio, où le train tourne sur lui-même.
Le lac de Poschiavo, lisse comme un miroir
Le lac de Poschiavo, lisse comme un miroir.
Clémence ne perd pas une miette du paysage
Clémence ne perd pas une miette du paysage.

Une heure après s'être élancé, la locomotive atteint la station d'Alp Grüm. Plus qu'une simple station, la gare fait aussi office d'hôtel et de restaurant et le train étant le seul accès, l'endroit est complètement isolé entre 20h et 8h. C'est un havre de paix recherché par les personnes en quête de déconnexion.

La vallée du glacier du Palü depuis Alp Grüm
La vallée du glacier du Palü depuis Alp Grüm.
L'hôtel/restaurant/station d'Alp Grüm.

A 12h, nous atteignons la gare de Diavolezza sur un petit plateau en plein air. D'ici, on peut directement monter dans un grand télécabine pour rejoindre une station d'altitude à 3000 mètres de hauteur. Emportés par la machine dans l'ascension, nous réalisons doucement que la neige est présente en abondance sur les sommets. Et après la traversée d'un épais nuage, comme dans un rêve, des pistes de skis se dévoilent, dévalées à toute vitesse par des pistards chevronnés.

Il fait 2 degrés là-haut, nous ne sommes clairement pas assez couverts mais le paysage fascine. Un immense glacier s'impose dans le paysage, couvert de glace. Tout est blanc autour de nous et Clémence s'amuse à pousser la neige dans le vide depuis le ponton en bois. Pendant la redescente, elle est fascinée par tout le matériel que les gens redescendent dans le télécabine : des skis, des poteaux de slalom, une luge, des sacs de linge.

Le glacier au sommet de la Diavolezza
Le glacier au sommet de la Diavolezza.
La station d'altitude et son drapeau suisse
La station d'altitude et son drapeau suisse.
La station d'altitude de Diavolezza.

De retour dans le train rouge, nous apprenons à nos dépens que parfois les trains suisses ne sont pas parfaits. Nous avons lu partout que les trains s'arrêtent tous à Celerina mais ce n'est visiblement pas le cas puisque nous observons l'arrêt passer sous nos yeux depuis les fenêtres. Il aurait fallu qu'on appuie sur un bouton pour demander l'arrêt à cette gare précise. La station suivante est Saint-Moritz, une ville que nous voulions pourtant éviter afin de ne pas voir l'opulence de l'endroit.

Plutôt que d'attendre le train suivant une heure après, nous décidons de marcher les 2 kilomètres qui nous séparent de l'hôtel. Clémence saute dans son sac à dos, Stéphane prend un sac devant, un sac derrière et nous suivons le chemin à travers la forêt pour rallier Celerina. Après 30 minutes de marche, nous gagnons enfin le All In One Hôtel et même si nous arrivons avant le check-in, notre chambre est prête.

Les mélèzes dorés de la Haute-Engadine
Les mélèzes dorés de la Haute-Engadine.
La vue à Ceresina.

C'est parfait pour que Clémence puisse faire une petite sieste et pour que nous puissions aussi faire un break de la vie de parents. Nous descendons au bar de l'hôtel, commandons deux cafés et soufflons un peu. Les voyages itinérants avec un enfant sont gratifiants et enrichissants mais la charge mentale constante alors la petite soupape de décompression de la sieste est toujours la bienvenue. Cassandre en profite pour aller courir dans ce superbe paysage.

La documentation de l'hôtel apprend à Stéphane que c'est ici qu'a été inventé le Skeleton, ce sport de glisse olympique. C'est même pour remonter les sportifs vers le début de la piste qu'ont été créées certaines gares de la petite ville. Car elle n'a pas grand chose à apporter à son crédit. Nous faisons le tour afin d'acheter de quoi manger le soir et pour que Clémence puisse s'amuser à une aire de jeu.

Il se met à neiger autour de 18h et puisque nous ne sommes pas vraiment équipés, nous rentrons à l'hôtel. Après la douche, nous mangons dans la chambre puis couchons Clémence et descendons au bar. Nous aurions dû le deviner mais l'endroit, bien qu'assez raffiné, possède lui aussi une aire de jeu pour enfants. Les suisses n'en finissent plus de nous surprendre.

Ou nnous avons dormi : l'hôtel All in One de Celerina. Un mélange bizarre entre une auberge de jeunesse et un hôtel pompeux, trop cher pour la prestation offerte.

Vendredi 25 Octobre 2024 - Celerina -> Coire

Au buffet du petit-déjeuner, on réalise que nous sommes bien à un endroit à l'influence allemande car presque toutes les options comportent de la nourriture salée. Ça nous pousse à la réflexion sur notre propre mode de vie parce que finalement pourquoi pas ? Nous avons toujours regardé le petit-déjeuner allemand d'un œil étonné mais n'est-ce finalement pas mieux pour démarrer une journée ?

La gare de Celerina.

Bien revigorés tous les trois, nous prenons la direction de la gare avec une idée derrière la tête. Sur le site de la compagnie de trains suisses, nous avons vu que notre train pour Coire propose un wagon famille avec aire de jeux. Sur le quai, nous sommes quand même sceptiques mais lorsque la locomotive entre en gare et ralentit doucement dans le matin brumeux, nous nous retrouvons presque face au wagon en question.

Le toboggan dans le train.

Clémence ne voit pas depuis le quai et ce n'est qu'en franchissant les portes qu'elle réalise. Elle enlève ses chaussures directement et file sur le toboggan. Quel bonheur c'est ! Nous sommes assis à côté d'elle mais nous pouvons la surveiller d'un seul œil et profiter du paysage splendide de la descente jusqu'à Coire. Bien sûr, elle se lasse parfois et vient nous voir mais les suisses ont aussi la parade pour cette situation.

Une petite pause réflexion.

Sur plusieurs tables du wagon, des jeux sont ancrés dans la structure même. Ça nous permet de jouer avec un boulier et un memory. Le temps défile à toute vitesse et déjà, le train longe à nouveau le Rhin, signe de son arrivée imminente à Coire. Nous sortons du train à midi pile, ce qui marque la fin de ce petit voyage inoubliable de quelques jours.

Les sublimes paysages de la descente vers Coire.