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Broome, une ville en quasi autarcie au milieu de nulle part

Nous nous présentions à l’accueil d’un hôtel de backpackeurs et on nous donnait deux lits en dortoir instantanément malgré l’heure matinale. On posait nos maigres affaires et on partait explorer. Broome se situait à plus de mille kilomètres des deux autres villes les plus proches, Darwin à son nord-est et Perth à son sud, et ça expliquait peut-être cette impression de paresse que cette cité dégageait. Un petit monde vivait là en autarcie quasiment littéralement parfaite. Le rythme était lent, encore plus que dans le reste du pays qui n’était pourtant pas un modèle de vitesse. On s’adaptait rapidement et on allait doucement vers Cable Beach. Une plaque commémorative venait expliquer le nom donné à la plage : en 1889, une liaison télégraphique s’effectuait avec l’île de Java en Indonésie et cette longue étendue de sable de vingt-deux kilomètres avait été nommée ainsi pour commémorer cet exploit technologique.

La couleur de l’eau nous mettait une baffe incroyable. Nous avions vu des eaux turquoise et on nous avait prévenus quant aux couleurs de l’océan indien sur la côte ouest australienne mais ça dépassait toutes nos attentes. Deux jours auparavant, nous visionnions des photos d’amis qui étaient passés ici et on se faisait la réflexion qu’ils abusaient sur les retouches Photoshop. Mais non, devant nos yeux surpris, on s’apercevait qu’ils ne trichaient pas et on s’asseyait dans le sable pour contempler la grande bleue. Dans tous les voyages, certains moments étaient difficiles mais certaines récompenses en valaient largement la peine et nos trois jours de voiture quasi non-stop reposaient déjà loin derrière nous car nous allions au-devant d’une aventure merveilleuse : la côte ouest australienne !

Nous ressentions un sentiment étrange qu’il serait difficile de décrire. Il y avait toujours des moments dans la vie où on se disait “j’adorerais faire ça mais c’est trop loin, trop dangereux, trop cher” et nous réalisions clairement un rêve. Ce genre de moments justifiait notre audace de tout quitter pour l’aventure de l’inconnu et l’exploration de terres nouvelles. Il faisait chaud, extrêmement chaud et on retournait à l’hôtel pour se baigner dans la grande piscine découverte. On entendait à l’accent des occupants de l’établissement que la majorité de la population venait d’Angleterre.

La nuit ayant été très bonne dans ce backpack, on décidait de rester un jour de plus. On petit-déjeunait à l’hôtel avant de barboter tranquillement près de la piscine. En début d’après-midi, on se rendait sur une plage désertée. A la décharge des touristes, il fallait rouler quelques kilomètres sur une route à mi-chemin entre le gravier et le sable et tous les types de véhicules ne pouvaient pas y accéder. On faisait notre lot habituel de prises de vues et on s’allongeait sur nos serviettes pour bronzer.

A peine une demi-heure après, on s’apercevait que toute une tripotée d’aigles nous tournaient autour. Ils nous prenaient pour morts et on se mettait à faire de grands mouvements de bras. Ils s’en allaient, probablement un peu déçus. On rentrait encore une fois à l’hôtel pour faire quelques longueurs et on en ressortait afin d’aller admirer le coucher de soleil sur une pointe rocheuse donnant sur la mer. Manque de chance pour nous, le temps d’y arriver le soleil s’enfuyait déjà. Les couleurs célestes valaient quand même le coup d’œil et on se dirigeait heureux vers notre soirée.

On repérait une soirée quizz dans un pub irlandais sur un mur de l’auberge. On s’y rendait donc et on participait au jeu. Les questions ne posaient pas spécialement de difficultés en soi mais on déchiffrait parfois difficilement l’accent de l’animatrice. Nous étions aussi particulièrement mauvais sur tout ce qui touchait à l’Australie et on ne pouvait répondre qu’au hasard à des questions comme “quel état perdra un siège au parlement l’an prochain ?” On ne gagnerait pas cette partie !

On rentrait manger des croques monsieur à l’hôtel et on allait se coucher. On se réveillait autour de 7h du matin et on profitait du petit déjeuner offert par l’auberge. Il était frugal mais il avait le mérite d’exister alors on ne se privait pas. On reprenait la route après deux jours à Broome.

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