Where it’s raining cats and dogs

Vendredi 16 Mai

On ouvre les yeux à 10h30, tout surpris de se réveiller si tard. On s’attendait à avoir besoin d’un réveil mais on pensait que ce serait Clémence. Endormie à 22 heures, elle a sombré dans un sommeil profond qu’on lui a envié jusqu’à 4 heures du matin. Pour voir le côté positif des choses, c’est une heure de gagnée sur la veille ! On peine à la faire sortir du lit et on bouge rapidement car le temps n’est pas au beau fixe. On enfile les k-ways, emprunte un parapluie et on brave les éléments. Il ne fait que pluvioter pour le moment et Clémence est fière de se promener avec son petit parapluie. D’ailleurs, on constate que tous les Séoulites en ont un aussi et qu’ils n’ont pas d’habits de pluie, aucun k-way en vue.

Clémence prend les codes de Séoul.

On prend le métro, on s’arrête dans un café à tendance branchée pour prendre le chocolat chaud qui remplace depuis peu le biberon de Clémence. Nos cafés avalés aussi, on entre dans le mémorial de la Guerre tout proche. Il est assez particulier car contrairement aux musées habituels, il évoque une guerre toujours en cours. On croise des militaires en tenue et une exposition d’engins de guerre. Le musée ne nous passionne pas en tant que tel mais l’endroit est gigantesque, plein d’animation et Clémence s’amuse beaucoup.

Des soldats sud et nord-coréens s’enlacent devant le musée de la Guerre.

Mais pas autant que dans le War Memorial Children’s museum (le musée pour enfants) juste à côté de celui dédié aux « adultes ». A Séoul, certains musées ont un véritable espace pour les petits et c’est le cas de celui-ci. Il raconte à hauteur d’enfant ce qu’est cette guerre, avec des jeux de tous les côtés et une salle d’arts créatifs. Ça évoque parfois de la propagande mais c’est très ludique. On ne voit pas le temps passer et notre heure de visite est déjà finie. Sauf qu’au moment de sortir, on constate qu’un déluge est en cours, il tombe des rideaux de pluie sur la ville. On demande l’autorisation de rester plus longtemps, ce qui déroute les hôtesses d’accueil. Il n’y a pourtant personne, hormis un autre couple avec un enfant. Elles se concertent à trois pour finalement nous donner l’autorisation.

Cette petite fille s’est totalement incrustée sur notre photo.

On saisit plus tard une accalmie relative pour courir vers le métro et rejoindre un autre musée pour enfants, celui-ci attenant au Musée National de Corée. On y arrive sous une pluie dantesque, en courant dans des ruisseaux d’eau. Bien que gratuit, on doit se connecter à un site internet pour obtenir un QR code afin de passer les portiques. Il y a pourtant trois hôtesses à l’accueil mais elles ne peuvent que nous aiguiller sur comment scanner notre code. Après cinq minutes à fouiller le site internet adéquat, on entre enfin dans une immense aire de jeu. Le lien avec l’histoire est flou mais qu’est ce que c’est beau ! L’espace est immense, aéré, coloré, propre et plein d’activités ludiques en tout genre. On y passe une heure à tester toutes sortes de jeux.

Sans surprise, dans cet espace les coréens ont beaucoup recours aux écrans et cela déconcerte parfois Clémence qui n’en voit presque jamais. Elle se fond dans la masse des petits d’ici et ne semble pas être décontenancée par le fait qu’ils parlent une langue différente. Malheureusement, l’endroit ferme ses portes à 18 heures et une musique entraînante nous invite à sortir, même si on ne le réalise qu’en constatant qu’il ne reste plus que nous. Toujours sous la pluie battante, on recourt jusqu’au métro afin de rejoindre le quartier d’Itaewon, le quartier hipster et le plus multiculturel de la ville.

On le vérifie aux habits un peu plus colorés et décontractés qu’ailleurs car force est de constater que les Coréens ne dénotent pas par leur excentricité vestimentaire :ils s’habillent quasiment tous en blanc/noir/gris (de même pour leurs voitures). Cassandre jure et attire même les regards avec son k-way jaune fluo et ses chaussures oranges. Il ne faut visiblement pas trop sortir de la norme. Clémence s’endort dans le sac à dos, protégée par le parapluie, alors qu’on marche dans le quartier sous une pluie fine. On s’attable dans un restaurant, le Eid Halal Korean Food, nous la posons à côté de nous et on en profite pour manger des plats locaux : un bibimbap et un bulgogi. L’odeur doit allécher les babines de Clem car elle se réveille et dévore un plat d’adulte. On peut reprendre le métro et rentrer tranquillement à l’hôtel pour clore une journée bien remplie.

Un bibimbap de compétition.

Samedi 17 Mai

Malgré les photos alléchantes et les avis favorables sur les sites de réservation d’hôtel, notre hébergement n’est pas idéal. Nous souffrons déjà du décalage horaire mais il y a en plus du bruit constamment à partir de minuit, pile à l’heure où Clémence s’effondre. Nous trouvons le sommeil tard dans la nuit, et c’est le réveil qui nous ouvre les yeux. Il faut encore lutter pour réveiller bébé et réussir à sortir rapidement pour prendre un petit-déjeuner dans notre quartier.

Quelqu’un se lève toujours pour lui laisser sa place.

Une petite boulangerie orne un coin de rue, on s’installe et passe commande mais nous avons oublié un détail : les coréens boivent leurs cafés froids, noyés dans des glaçons. Nous avions pourtant précisé que nous le voulions chaud mais ça ne devait pas être assez clair. La serveuse se confond en excuses et revient avec deux bons gros allongés fumants. On se régale tous les trois de pains au chocolat et de croissants.

Clémence a déjà appris à dire merci en coréen, ce qui surprend et amuse beaucoup les gens. Elle sait aussi maintenant qu’on réside dans le quartier de Mapo et elle nous le dit fièrement en descendant les marches du métro : « Papa, Maman, ici c’est la station Mapo. » Pour nous déplacer, nous utilisons l’application coréenne Naver, l’équivalent de Google Maps. La firme américaine n’a pas le droit de cartographier complètement les rues, ce qui la rend moins pratique. Dans les métros, Naver nous dit dans quelle voiture nous placer pour optimiser les correspondances et quelle sortie choisir une fois à destination selon la direction où l’on veut aller.

Des enfants volants.

C’est en suivant ses instructions et en sortant du métro à Gwanghwamun que nous tombons sur une compétition de taekwondo. Ce ne sont pas des combats mais des prestations artistiques notées par un jury. Les enfants sont impressionnants de technique, ils voltigent dans les airs en cassant de petites plaques en pierre et en respectant des chorégraphies. Ça nous captive ainsi que Clémence mais il nous faut avancer vers Gyeongbokgung, un palais royal du 14 siècle. Nous sommes surpris par son prix, moins de 2€ par adulte. Globalement à Séoul, les activités sont bons marchés et beaucoup d’espace culturel sont gratuits. Le palais et ses jardins sont immenses, l’équivalent d’un petit Versailles. Clémence ne s’en soucie guère et elle préfère faire des petites collines avec du sable partout où elle en trouve.

Les jardins du palais sont sublimes.

Pour contrer son ennui, nous nous dirigeons vers le musée des enfants (une fois de plus) accolé au Musée du folklore. On essaie de réserver en ligne, on constate que c’est complet mais on se dit que ça ne coûte rien de demander. Bonne pioche, la dame nous laisse rentrer et on découvre un petit espace très bien aménagé avec une multitude de choix. Comme dans les musées précédents, du personnel est constamment présent pour remettre les choses en place et recadrer les petits comportements inadaptés.

L’espace de jeux idéal pour contrer l’ennui.

Nous mangeons des plats traditionnels au pied du village ancien de Bukchon. Il est composé de hanoks, les maisons traditionnelles coréennes qui ont survécu au temps. Comme on s’y attendait, l’endroit est envahi de touristes déguisés en Hanbok, le vêtement traditionnel coréen qu’on peut louer à l’heure ou la journée. Le porter donne accès gratuitement à plusieurs lieux réputés. On a un peu l’impression de flâner dans Disneyland et on doit même naviguer entre tous les gens qui se prennent en photo. On essaie de s’éloigner de la masse mais c’est difficile alors on préfère quitter les lieux, peu convaincus du caractère immanquable de l’affaire.

Notre seule photo du quartier.

C’est maintenant le tour d’une activité pour Clémence : une grande aire de jeux en extérieur. Elle s’amuse beaucoup et on apprécie vraiment ces moments car on sent qu’elle est heureuse. Elle joue en autonomie ou alors elle vient nous chercher en nous agrippant la main « viens avec moi, maman ! ». Malheureusement, les nuages sont menaçants et on doit de toute façon trouver des couches. Étrangement, il est assez difficile d’en trouver à Séoul et on atterrit dans un immense centre commercial sur 12 étages, on tourne vingt minutes dedans pour finalement trouver de quoi changer notre enfant. On sent que la natalité est en berne dans le pays.

En balade dans Itaewon.

Après un détour à l’hôtel pour prendre des douches et se changer, on repart vers Itaewon qu’on a beaucoup apprécié la veille, malgré la pluie. Le quartier est bouillant, surtout le soir et la nuit, plein de ruelles sur une colline, avec des escaliers sinueux qui serpentent de tous les côtés. Les lumières flashy plaisent beaucoup à Clémence qui déambule avec son petit parapluie en faisant craquer tous les gens qui nous croisent. On s’installe dans un minuscule restaurant coréen à tendance vietnamienne qui ne propose que trois tables. On y mange un Pho et d’excellents travers de porc braisés avant de sortir marcher pour s’imprégner encore un peu du quartier. On croise une rue très animée, visiblement l’équivalent de Bourbon Street à La Nouvelle Orléans ou de la rue de la Soif à Paris. Il y a des bars, des discothèques, de la musique de tous les côtés et des gens qui commencent doucement à être éméchés. C’est ici qu’on sort à Séoul mais cette vie est derrière nous. Clémence remonte dans le sac à dos, nous reprenons le métro et elle s’effondre dans le lit après une journée où elle nous a encore épatés.


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