L’introduction au voyage
Même si la Corée du Sud est définitivement à la mode, ce pays ne rentrait pas forcément dans nos envies primordiales. La K-Fashion ne nous avait pas vraiment atteint, bien que nous apprécions hautement le cinéma de la petite péninsule. C’est plutôt une envie qui est venue progressivement, d’un constat assez simple au départ. Nous lorgnions sur le Japon mais les billets d’avion étaient prohibitifs. L’idée nous est alors venue de regarder ce qui se faisait pour la Corée. Ce faisant et en consultant OpenCycleMap, de belles lignes rouges semblaient traverser tout le pays.
Pour les néophytes, les lignes rouges sur OpenCycleMap (ou OpenStreetMap en mode vélo) signifie des itinéraires nationaux. Alors de simples lignes rouges se transforment en lignes de désir. Quoi ? Une véloroute complètement protégée va de Séoul à Busan en suivant les fleuves ? Tiens, une autre remonte la côte Est en longeant la mer du Japon ? Au fil des jours, l’envie naît puis se concrétise.
La Corée du Sud comme le Japon et globalement les pays d’Asie de l’Est sont des nations où la pratique du vélo est répandue. On le conçoit peu depuis l’Occident car on voit rarement des cyclistes professionnels issus de cette partie du globe. Les blogs personnels et sites spécialisés nous rassurent aussi sur la faisabilité d’un tel voyage avec une petite fille de trois ans.

Après les recherches techniques, vient le moment de trouver les billets d’avion. Quand on ne vit pas à Paris mais dans une autre partie de la France, c’est souvent un casse-tête. Après avoir fouillé toutes les options depuis Avignon, même Barcelone ou Genève, le plus simple reste encore de prendre l’avion à Marseille. Il aurait été possible de prendre le train jusqu’à Roissy mais la difficulté de mettre des vélos dans les TGV annule instantanément cette option.
La logistique d’un voyage en avion.
Une fois les billets trouvés, il faut encore dénicher des cartons pour stocker les vélos. Nous avons passé des heures à chercher des informations sur ce que nous pouvions faire ou pas. Une fois tout bien préparé chez les parents de Cassandre, on se demande encore si tout va bien se passer à l’aéroport de Marseille. La poussette remorque doit passer gratuitement ? Oui, ça passe. Les cartons des vélos comptent comme des bagages en soute avec Korean Air ? Aïe, ça coince. L’agent au sol n’est pas au courant mais nous lui montrons des captures d’écran, il appelle quelqu’un pour se renseigner, raccroche et nous lâche un « c’est vous qui avez raison » qui nous rassure.
Tous nos bagages passent par le guichet des bagages volumineux, nous les emballons, ils partent sur le tapis et d’un coup, nous n’avons presque plus rien à porter. Une sacoche de vélo avec des affaires de rechange, un sac à dos pour porter Clémence et c’est quasi tout. Nous disons au revoir aux parents de Cassandre avec émotion et en les remerciant pour leur aide puis nous filons au processus d’embarquement. Tout s’y passe bien, Clémence s’amuse à regarder les avions voler et atterrir puis nous montons dans le nôtre, direction Amsterdam.

Ici, deux heures d’escale puis nous grimpons dans un plus gros avion, direction Séoul. Il est déjà 21 heures et nous espérons que notre bébé va vite s’endormir car le décalage horaire de 7 heures risque d’être difficile à gérer. Malheureusement, les repas tardent à arriver, les lumières sont encore allumées et l’agitation à son comble dans l’appareil. Autour de minuit, la luminosité baisse enfin mais Clémence a du mal à trouver le sommeil et nous avec. Elle le trouve enfin dans la nuit mais il est agité car l’espace n’est pas idéal. Elle reste cependant dans les bras de Morphée presque jusqu’à l’atterrissage. Il est 9H30 en France, 16H30 ici et nous sommes en Corée du Sud !
Les premiers pas au pays du Matin Calme
Nous étions bien plus téméraires avant d’être parents. Ici, la perspective d’une odyssée dans les transports avec deux cartons de vélos de 25 kilos chacun, une remorque, des bagages et une enfant de 3 ans fatiguée, nous a bizarrement refroidi. Par confort, nous avons réservé un van et pour la première fois de nos vies, quelqu’un nous attend avec un papier à notre nom à la sortie. Tous les bagages entrés dans le véhicule, on relâche un peu la pression : tout s’est bien passé. Notre hôtel se situe en haut d’une côte bien raide et il nous plonge directement dans l’atmosphère. Le quartier de Mapo n’est pas très touristique et il se trouve un peu excentré mais il nous fallait une chambre assez grande pour nous trois et nos trois bagages. Alors la Han River Guesthouse fera l’affaire pour une semaine.

Une fois tous les bagages rangés et nos corps lavés, nous sortons directement pour flâner dans le quartier. Nous espérons aussi secrètement que la sortie fatigue assez Clémence pour qu’elle dorme la nuit complète. Il est alors 19h30 donc 12h30 pour nos organismes. Nous cherchons un restaurant et après plusieurs échecs, nous entrons dans un tout petit estaminet. Le menu est évidemment en coréen et la traduction d’une application ne nous éclaire pas tellement alors on commande deux plats au hasard, en n’oubliant pas de préciser qu’on ne mange pas épicé, car les coréens épicent presque tout par défaut. En mangeant, un doute nous prend et en faisant des recherches plus poussées, il s’avère que nous dégustons (car c’est très bon) des tripes de porc. On rigole franchement car nous n’aurions jamais choisi ça si nous avions su mais l’expérience du tout petit restaurant vaut le détour. On rentre ensuite à la guesthouse car Clémence est fatiguée et elle s’endort très rapidement – il est alors 23 heures.

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