Une aventure à vélo en famille le long de la Belle Via

Serions-nous maudits ? C’est la pensée qui nous occupe à la vue de la météo qui s’annonce sur la Catalogne. Notre plan initial consistait à rouler de Perpignan à Gerone pour voir un peu ce qu’il se fait à l’étranger en termes d’infrastructures cyclables et profiter d’une sorte d’été indien chez nos amis espagnols. Mais déception, la météo annonce de la pluie toute cette semaine. Nos deux précédents voyages à vélo ayant été largement raccourcis à cause des précipitations, nous changeons notre fusil d’épaule et nous prenons le train non pas pour le sud mais pour le nord !

  1. Dimanche 27 Octobre 2024 : Roman-sur-Isère -> Yzeron
  2. Lundi 28 Octobre 2024 : Yzeron -> Grenoble
  3. Mardi 29 Octobre 2024 : Grenoble -> Porte-de-Savoie
  4. Mercredi 30 Octobre 2024 : Porte-de-Savoie -> Aix-les-Bains

  • Paysage : ⭐⭐⭐
  • Difficulté : ⭐⭐
  • Sécurité : ⭐⭐⭐⭐⭐
  • Facilité de logement : ⭐⭐⭐⭐

Dimanche 27 Octobre 2024 : Roman-sur-Isère -> Yzeron

Prendre le train avec des vélos en France n’est vraiment pas une sinécure. Et c’est encore pire quand on revient tout juste de Suisse. Là-bas, nous avons pu avoir plusieurs échantillons de ce qu’ils mettent en place pour accueillir les bicyclettes et les poussettes. Déjà, vous pouvez savoir en amont à quel endroit vous placer sur le quai, ce qui évite de courir une fois le train arrivé. Ensuite, les wagons peuvent accueillir au moins 20 vélos suspendus et seuls les gens à vélo, les parents avec poussette ou les personnes à mobilité réduite montent dans ces wagons.

En famille dans le train.

Chez nous, au départ d’Avignon, nous faisons l’amère expérience que nous sommes toujours loin du compte. Pour la SNCF, l’idée d’un wagon vélo repose sur un emplacement où l’on case péniblement deux vélos. Et quand bien même nous avons réservé les places pour nos vélos dans ce train, nous nous retrouvons à dix vélos rien que dans ce wagon. Nous en voyons encore d’autres dans les voitures adjacentes. Heureusement, nous étions arrivés en avance à la gare mais nos vélos se retrouvent donc tout derrière les autres.

C’est un casse-tête complet à Valence pour réussir à tout descendre. Heureusement, nous sommes organisés, expérimentés et efficaces. Mais l’expérience récurrente difficile du train commence à nous lasser. Il nous faut encore reprendre un train pour Roman-sur-Isère mais celui-ci est beaucoup plus adapté. On peut suspendre 5 vélos, il n’y a pas de marches et l’espace y est conséquent. C’est dommage car nous ne restons que quinze minutes dans celui-ci avant de descendre pour démarrer un nouveau périple à vélo.

Un wagon vélo bien rempli.

Nous innovons un peu car nous ne savons pas vraiment jusqu’où nous allons aller. Nous avons en point de mire le Vercors mais sans certitude réelle. Nous roulons sur la Belle Via, un itinéraire assez court entre Valence et Aix-les-Bains ou Annecy. Notre premier constat souligne la rigueur du balisage sur le tracé. Des panneaux indiquent chaque changement de direction ainsi que la distance des prochains villages.

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Le parcours est assez roulant et nous avalons les 43 kilomètres du jour en moins de 3 heures. L’Isère est réputée pour ses noix et c’est sans grande surprise que nous arrivons à une chambre d’hôtes nommée La Noyeraie. Isabelle nous accueille et nous fait découvrir une gigantesque maison à deux étages qui facture au moins 200 mètres carrés. L’étage du haut regorge de jouets pour enfants, le paradis pour Clémence.

L’étage du bonheur.

Puisque nous sommes dimanche, tous les commerces sur notre route étaient fermés. Notre seule option est une pizzeria à 5 minutes de vélo, où Stéphane se rend, peu rassuré par la nuit noire. Bien éclairé, il arrive sans encombre à un drôle d’endroit. Le Pizzalon se trouve dans la discothèque l’Epsilon et il y règne une ambiance étrange. Le lieu semble être une institution locale car les gérants connaissent tous les clients par leurs prénoms et ils sont nombreux à venir chercher leurs pizzas.

Les nôtres sont prêtes et Stéphane rentre dans la pénombre pour trouver Cassandre et Clémence attablées avec un couple de retraités d’Issoire. Nous y étions passés l’année précédente à vélo et cela nous donne plein de choses à raconter pour la soirée.

L’Isère et un kayak.

Où nous avons dormi : La Noyeraie est un excellent rapport qualité-prix. La chambre est gigantesque, il y a une cuisine accessible sur place et un immense espace de jeu pour les petits enfants. Le petit-déjeuner est copieux et la maîtresse des lieux vraiment sympathique.


Lundi 28 Octobre 2024 : Yzeron -> Grenoble

Au petit-déjeuner, Isabelle nous raconte l’histoire de sa grande maison. D’abord une ferme puis une usine de plastique, l’endroit a aussi été une salle de concert avant de devenir une très grande chambre d’hôtes. Dehors le soleil brille comme en plein été, aucun nuage n’est à l’horizon. Nous partons à 9h30 pour poursuivre notre montée sur la Belle Via.

L’itinéraire est relativement plat avec néanmoins quelques raidillons. Nous sentons que nous sommes dans une région active car nous croisons énormément de sportifs. Des coureurs, des cyclistes et même des pratiquants du ski de fond d’été accompagnent nos coups de pédales. Les profils vont des hommes suréquipés en quête de performance aux familles en balade.

La vue sur le Vercors depuis la Belle Via.

À Veurey-Vozoire, nous nous arrêtons au Vival, un genre de passage obligé tenu par un homme qui propose des plats asiatiques qui s’arrachent visiblement puisque le défilé des clients est ininterrompu. Non loin de là, une aire de jeu nous permet de faire notre classique pause du midi : repas et toboggan, la combinaison préférée des tous-petits.

L’aire de jeux de Veurey-Vozoire.

Sur la dernière partie vers Grenoble, la circulation se densifie. Clémence ne dort pas et elle est très turbulente dans sa remorque. Elle tourne dans tous les sens et hurle de rire pour tout et rien, ce que nous reconnaissons dorénavant comme un signe de fatigue. Ça amuse beaucoup Stéphane qui est derrière mais pas tellement Cassandre car quand la petite bouge dans la carriole, elle tire le vélo vers l’arrière.

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Heureusement, nous arrivons assez vite à l’appartement et nous pouvons y entrer dès 14h30, ce qui nous permet de coucher bébé. Pendant la sieste, Cassandre file courir pendant que Stéphane installe les affaires et s’occupe du linge sale. Nous réveillons Clémence avant 16h30 pour pouvoir assouvir l’une de ses premières passions : les téléphériques. Celui de Grenoble est fabuleux et il offre une vue spectaculaire sur la ville et ses montagnes environnantes.

Le téléphérique de Grenoble.

Le fort de la République est pétri de choses à faire. Il possède un restaurant, des tables d’observation, un acrobranche et une immense plate-forme en bois où Clémence s’amuse à courir en long et en large. Mais surtout, les vues sur la ville sont phénoménales. Après cette petite escapade, nous devons faire un arrêt nécessaire.

L’Isère depuis le fort de la République de Grenoble.

En effet, la petite selle Shotgun de Clémence qui lui permet de s’asseoir à l’avant du Touring s’est desserrée aujourd’hui et elle ne peut plus s’en servir. Nous faisons donc un crochet par Décathlon pour acheter les outils nécessaires à la réparation. Nous en profitons pour acheter des gourdes et des portes-bidons avant d’aller manger un plat typique de la région : des ravioles. On se régale tous les trois avant de rentrer coucher Clémence à 21h00.

Où nous avons dormi : un petit Airbnb dans le quartier Chorier-Berriat. Nous l’avons choisi pour son rez-de-jardin qui rend le stockage de nos vélos extrêmement facile.

Mardi 29 Octobre 2024 : Grenoble -> Porte-de-Savoie

Nous quittons le petit logement à 10h ce matin là. L’étape qui nous attend est conséquente avec presque 60 kilomètres à avaler. Après un crochet par Naturalia pour racheter du lait bébé, nous filons à travers Grenoble pour quitter le flot des voitures et rejoindre le lit calme de l’Isère.

La Belle Via et L’Isère.

Ici, nous pédalons entre les massifs de Belledonne et de la Chartreuse, des compagnons de route époustouflants. On ne les perd jamais du regard tellement ils sont imposants et l’appellation massif prend vraiment tout son sens. Nos vélos nous semblent si petits comparés à ces monstres de roches.

Nous pénétrons ensuite le marais de Montfort, toujours sur la Véloroute 63 aussi nommée la Belle Via. Cette voie vélo ne fait quasiment aucune fausse note depuis le début. Elle est bien balisée, roulante, bien entretenue. Nous sommes d’autant plus surpris, en arrivant sur Crolles, de nous retrouver sur une route très passante limitée à 70 kilomètres par heure. Heureusement, un routier sympathique se met en protection derrière nous et ne nous double pas pendant les 500 mètres de la portion.

Le parc Jean-Claude Paturel de Crolles.

Peu après, nous arrivons au parc de la ville et nous tombons sur un paradis pour enfants. Des toboggans, des balançoires, des cordes, une tyrolienne, on ne sait plus où donner de la tête. L’endroit est très fréquenté mais l’ambiance est agréable, familiale. Il fait beau et chaud, Cassandre joue avec Clémence pendant que Stéphane s’attelle au bricolage et à la réparation de la petite selle Shotgun.

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Après quelques hésitations, elle est enfin réparée et Clémence monte dessus quand on repart pour la seconde partie de la journée. Nous entrons maintenant dans les vignobles savoyards, de petits coteaux disséminés à flanc de colline. Ça donne un cachet très particulier au paysage, surtout avec ce soleil de début d’automne. Après un crochet par Intermarché, nous arrivons assez tôt à Porte-de-Savoie où nous logeons.

Des moutons à Porte-de-Savoie.

Nous longeons un champ plein de moutons avant de poser nos affaires à l’appartement et de ressortir pour les voir de plus près. Mais déception, ils sont déjà partis à notre retour. Nous faisons un petit tour du petit patelin mais nous sommes pile dans l’heure du retour du travail et le village devient une autoroute.

Le flot de voitures est ininterrompu, des embouteillages se font dans les petites ruelles. Ce petit endroit charmant devient franchement inhospitalier et nous préférons rentrer pour profiter de la soirée à trois.

Où nous avons dormi : un petit Airbnb à Porte-de-Savoie, bien équipé et bien pratique.

Mercredi 30 Octobre 2024 : Porte-de-Savoie -> Aix-les-Bains

À 10 heures, nous retraversons le petit village très passant de Porte-de-Savoie pour aller rattraper la Belle Via à quelques kilomètres. Nous sommes fiers et excités car nous la bouclons aujourd’hui. L’étape qui nous attend est courte, 33 kilomètres seulement, mais salutaire quand on la compare à l’étape précédente.

Pause fraîcheur.

Aucune difficulté ne nous attend, nous sommes sur un faux plat descendant. Une grosse heure après, nous arrivons à Chambéry. Le réseau de piste cyclable y est incroyable, il est parfaitement balisé, les panneaux sont bien faits, les voies sont larges. Nous avions prévu de déjeuner dans cette ville mais l’ambiance y est un peu glauque en centre-ville. Nous nous arrêtons dans une aire de jeu mais un premier homme y entre passablement alcoolisé et un second arrive après un énorme molosse, ce qui précipite notre départ. Il est trop tôt pour s’énerver.

Le splendide lac du Bourget.

Nous trouvons un autre parc où Clémence s’amuse un peu mais nous n’avons plus envie de traîner. Nous reprenons les vélos et filons jusqu’au lac du Bourget. Nous nous arrêtons à 13h30 dans un restaurant réputé pour ses fondues dans toute la région : le Coulant Baraqué. Le staff est très sympathique car même s’ils ont déjà fermé les cuisines, ils acceptent de nous servir. Nous n’abusons pas de leur hospitalité et nous filons sitôt le repas terminé.

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Il faut dire qu’il fait beau et chaud pour un 30 Octobre et le lac nous tend les bras. Nous garons nos vélos sur la place et filons tremper nos pieds. L’eau n’est même pas si froide et Clémence batifole avec bonheur. À 16 heures, nous décidons d’aller à l’hôtel pour que Clémence puisse dormir un peu. Ces derniers temps, elle a du mal à faire la sieste dans sa remorque alors elle se languit des vrais lits parapluies qui l’attendent dans les chambres.

Sa sieste tardive ne nous dérange pas car nous mangeons ce soir avec une amie qui vit ici. Nous l’avions accueilli en Warmshowers l’année précédente et nous étions restés en contact. Nous passons une excellente soirée dans un petit restaurant d’Aix-les-Bains pour fêter la fin de la Belle Via !

Où nous avons dormi : Les Loges du Park à Aix-les-Bains, un très grand hôtel. La chambre y est spacieuse, ils fournissent le lit bébé, et il y a un local sécurisé pour les vélos.


Commentaires

Une réponse à « Une aventure à vélo en famille le long de la Belle Via »

  1. […] s’agisse d’observer un coucher de soleil sur Grenoble ou de traverser un village médiéval en Provence, ces expériences partagées deviennent des […]

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