Aventure à Montréal : Démarches Administratives et Découvertes

14 octobre 2019

Toutes les bonnes choses avaient une fin, et notre road-trip s’était achevé après 1300 kilomètres parcourus sur les routes. Une nouvelle aventure commençait maintenant : à l’assaut de la ville de Montréal. Comme lors de notre arrivée à Sydney, il était temps d’enclencher toutes les démarches administratives : obtention du numéro d’assurance sociale, ouverture d’un compte bancaire, décryptage des forfaits téléphoniques et internet, recherche d’un emploi et d’un appartement, etc. Nous étions bien conscients que cette partie pouvait paralyser beaucoup de gens, mais c’était celle que nous préférions, comme un nouveau départ.

Après une bonne grasse matinée, nous avions pris la route de l’aéroport pour rendre la voiture de location. Pour rejoindre l’appartement où nous allions passer la semaine, depuis l’aéroport, nous avions pris pour la première fois le métro montréalais. D’ailleurs, il nous avait fallu prendre un bus pour atteindre le métro, car contrairement à ce que nous pensions, il n’y avait pas de liaison ferroviaire directe vers l’aéroport. Après une heure de trajet, nous avions rencontré notre hôte David, un Argentin d’une trentaine d’années qui vivait au Canada depuis l’âge de dix ans. Il parlait plutôt bien français et nous avait proposé très gentiment de passer la soirée avec lui et ses amis mexicains, qui étaient arrivés il y a un mois. Un peu fatigués de la veille, nous avions décliné à regret l’invitation, mais nous lui avions proposé de nous organiser un dîner plus tard dans la semaine.

15 octobre 2019

Réveil à 8h30 ce matin pour démarrer nos démarches. Nous nous étions d’abord rendus dans un centre de Services Canada, l’équivalent de leur préfecture, mais en beaucoup plus efficace. Lancée en 2005, cette initiative du gouvernement canadien visait à améliorer les services fédéraux pour les citoyens. Contrairement à nos bonnes vieilles préfectures françaises, il y avait des agences gouvernementales dans chaque district (ou quartier), ce qui rendait le temps d’attente presque négligeable. À notre arrivée, après avoir expliqué que nous étions là pour obtenir nos numéros de sécurité sociale, le jeune homme au comptoir nous avait informés gentiment que l’attente serait d’environ vingt minutes et nous avait demandé si cela nous convenait. Quinze petites minutes plus tard, une dame nous avait appelés pour s’occuper de notre demande. La démarche avait été très rapide, et nous étions ressortis à peine trente minutes après notre entrée. Inespéré de sortir aussi vite d’une officine administrative, comparé à la France !

Notre prochaine mission de la matinée était d’ouvrir un compte bancaire. La veille, nous avions étudié les différentes offres des banques canadiennes et cela avait été un véritable casse-tête. Les banques en ligne n’étaient pas encore très présentes, et les frais bancaires étaient exorbitants. En moyenne, il fallait compter environ 10 € par mois pour un service de base. Heureusement, être un nouvel arrivant au Canada comportait des avantages, notamment des offres spécifiques selon les banques, souvent de six mois à deux ans de gratuité de frais bancaires. Nous avions finalement opté pour TD Bank. Le service était minimal, mais les frais étaient gratuits. En trente minutes, notre compte était ouvert, et nous étions ressortis avec nos nouvelles cartes bancaires canadiennes.

Deux bonnes choses de faites ! Nous nous étions ensuite dirigés vers le marché Jean-Talon, un immense marché situé dans un quartier populaire de Montréal, abrité sous un grand hangar ouvert. Les prix y étaient si intéressants que nous étions repartis avec nos sacs à dos remplis de légumes ! Après un repas sur le pouce dans une petite échoppe du marché, nous étions rentrés à l’appartement pour amorcer notre recherche de travail, qui avait occupé une grande partie de notre après-midi.

Nous avions clôturé la journée en nous rendant au cinéma pour voir Joker, un film que nous voulions voir depuis longtemps. Le mardi, dans la plupart des multiplexes, les places de cinéma étaient à 7 dollars, soit environ 5 euros. Comme à notre habitude, nous avions choisi de le voir en version originale. Nous pensions que le film serait sous-titré en français, comme c’est souvent le cas en France pour les films étrangers. Mais non. Au Québec, les films sont soit doublés en français québécois, soit en version originale non sous-titrée (pour les films en anglais, bien sûr). Cela ne nous dérangeait pas, car depuis l’Australie, nous étions habitués à regarder les films en version originale sans sous-titres, mais nous pensions que les films seraient sous-titrés en français étant donné que le Québec est francophone. Nous avions alors réalisé à quel point la ville était multiculturelle.

16 octobre 2019

Nous commencions à bien maîtriser le métro montréalais. Il n’était pas vraiment complexe avec ses trois lignes principales et sa petite ligne jaune. Quand on venait de Paris, quasiment toutes les villes du monde décevaient en termes de transport, et Montréal ne faisait pas exception. Le tracé des lignes semblait venir d’une autre époque. Le réseau s’étendait sur 71 kilomètres avec 68 stations, réparties principalement le long du fleuve. En comparaison, la capitale française avait un réseau de 220 kilomètres pour 302 stations. Ainsi, pour faire l’équivalent de vingt minutes en voiture, il nous fallait une heure dans les transports en commun, avec deux métros et un bus. Tout ça pour… rien. Nous voulions nous rendre à un déstockage de vêtements d’hiver pour nous équiper à moindre frais, mais à notre grande surprise, l’événement avait été pris d’assaut. La file d’attente faisait le tour du bloc, et on estimait qu’il nous faudrait attendre au moins une heure. Pas du tout motivés à patienter dans le vent, nous avions fait demi-tour pour aller « magasiner » – le terme québécois pour le shopping – ailleurs.

Sur une longue rue un peu miteuse et délabrée, nous avions trouvé tous les magasins de rabais de Montréal. Des panneaux de promotion un peu vulgaires ornaient toutes les devantures, et bien que le niveau graphique des enseignes nous avait agréablement surpris jusque-là, celles-ci se contentaient du strict minimum. Nous avions repéré quelques bonnes affaires et avions cherché des chaussures dont Cassandre avait besoin pour un entretien le lendemain. Après un petit sandwich dans une échoppe vietnamienne et avoir trouvé les souliers, nous étions rentrés à l’appartement pour continuer à surfer sur les sites de petites annonces d’emploi et de logement.

Les annonces immobilières au Québec avaient quelque chose de particulier : le nombre de pièces finissait toujours par ½, ce qui représentait la salle de bains. Autre différence avec la France : la cuisine comptait comme une pièce. En cherchant un appartement avec deux chambres pour recevoir des amis et la famille, nous devions donc cibler des 4 ½. Comme dans beaucoup de grandes villes, l’immobilier subissait une inflation déraisonnable. Là où Montréal était encore très abordable il y a deux ans, elle commençait à s’aligner sur sa grande sœur, Toronto. Nous avions fixé notre budget à environ 1400 $ par mois (environ 900 €), et nous avions répondu à toutes les annonces qui nous intéressaient dans les secteurs que nous privilégions. Pour le travail, c’était un peu plus compliqué, car il fallait faire la part entre le job rêvé et celui qui était disponible. Stéphane cherchait idéalement un poste dans l’écriture, tout en postulant à des emplois plus manuels comme déneigeur ou contrôleur de trafic. Cassandre, avec son diplôme, avait un spectre plus large dans les domaines administratif et financier. Notre espoir était de trouver rapidement un travail, puis de continuer à chercher pour bifurquer vers un emploi qui nous correspondrait davantage.

À l’appartement, David recevait régulièrement ses amis mexicains, ce qui nous permettait de pratiquer notre espagnol. Ils étaient un peu surpris de nous entendre parler leur langue, mais pas autant que nous lorsque nous avions appris qu’ils ne parlaient ni français ni anglais. Quand nous leur avions demandé comment ils faisaient, ils nous avaient simplement répondu qu’ils travaillaient dans un entrepôt où tout le monde était mexicain ou hispanique. Tous leurs amis parlaient également espagnol, et ils n’avaient donc pas besoin de parler une autre langue. Cette information nous avait légèrement sidérés, mais finalement, cela n’avait rien de choquant. Chacun cherche quelque chose en immigrant dans un nouveau pays. Pour certains, c’était la sécurité financière et la stabilité d’un emploi. Pour d’autres, comme nous, c’était la découverte d’une nouvelle culture.


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