On démarrait la journée suivante assez tôt par une bonne randonnée dans Arrowtown. Le chemin nous menait, au bout de 45 minutes de montée raide, en haut du Tobins Track. La vue était une belle récompense et on échangeait une discussion sympathique avec un couple d’australiens qui profitaient de l’endroit. On redescendait ensuite pour aller se manger une pizza dans l’un des multiples restaurants de la petite bourgade. On se promenait après autour du lac Hayes en discutant tranquillement et en faisant les idiots comme d’habitude.
On se bookait dans notre auberge de jeunesse du soir et après un footing le long du lac Wakatipu, on profitait d’internet et on se couchait tôt parce qu’on se levait aux aurores le lendemain. Ce maudit réveil sonnait encore une fois à 7h mais comme on avait préparé toutes nos affaires la veille, on était déjà dans la voiture quinze minutes après. Une heure trente nous séparait du lieu de départ de notre randonnée et on s’apprêtait à attaquer un sacré morceau. Le Routeburn Track faisait partie des Great Walks OF New Zealand et c’était un circuit de tramping, ce qui signifiait qu’il fallait plusieurs jours pour le faire en entier.
N’ayant pas l’équipement nécessaire pour dormir dans les refuges, on avait décidé de monter jusqu’au point culminant à seize kilomètres de marche puis de redescendre. On prévoyait huit heures. La première partie se faisait en forêt et sur pente douce. On marchait sous les arbres pendant quasiment deux heures. Il faisait un peu frais, température idéale pour marcher sans transpirer des litres. Le chemin serpentait le long d’une rivière et il offrait parfois des vues spectaculaires. On finissait par arriver à un croisement et notre route commençait à monter sérieusement. On grimpait, grimpait, grimpait. On arrivait au premier refuge en profitant de l’endroit pour faire une pause toilettes.
Un italien entamait alors une discussion avec nous et il devenait dès lors notre compagnon de grimpette. On parlait de nos pays respectifs en observant les époustouflants paysages qui s’offraient à nous. Après quasiment quatre heures de montée, on arrivait enfin au refuge d’altitude. De nombreux randonneurs occupaient déjà le chalet et on se frayait une petite place pour manger nos sandwichs. Un groupe de français engageait une conversation et on découvrait qu’un des garçons venait de Brétigny. Soit le monde était très petit, soit nous allions définitivement tous aux mêmes endroits. On ne traînait pas plus que ça et une vingtaine de minutes après, on disait au revoir à notre nouvel ami italien et on repartait en sens inverse.
Les paysages étaient tout aussi grandioses dans l’autre sens. Nous avions vue sur des vallées entourées de montagnes majestueuses. La descente était néanmoins plus difficile car elle heurtait vraiment les articulations. On commençait à avoir mal aux genoux et Cassandre se retrouvait même avec des ampoules énormes sur les côtés des deux pieds. On terminait notre parcours en 7h30 pour 32 kilomètres de marche. La route nous paraissait ensuite longue jusqu’à Wanaka où on se posait dans un gigantesque Airbnb pour un repos extrêmement mérité. Wanaka était une ville prisée par les néo-zélandais, notamment les retraités, et elle connaissait une croissance exponentielle du nombre d’habitants en raison de la grande variété de son activité, aussi bien d’hiver que d’été.
On visitait Puzzling Word, un minuscule parc d’attraction centré sur les illusions d’optiques où chaque recoin vous poussait à réfléchir et donnait du fil à retordre à nos cerveaux. Wanaka abritait aussi un cinéma bien particulier où on pouvait s’installer dans de vieilles voitures ou sur des canapés récupérés pour apprécier le film. On optait pour deux vieux fauteuils très confortables devant Molly’s Game, un film passable qui nous poussera à retenir la qualité de la salle plus que celle du long-métrage.
Après avoir vu des plaines, des montagnes, des fjords et des plages, il nous restait un élément à aller voir : le glacier Fox. Réputé pour être le glacier le plus accessible du monde, il attirait un millier de personnes quotidiennement, tous venus pour s’approcher ou prendre des photos de loin. Nous restions sur la seconde option, les tours guidés obligatoires se révélaient trop chers pour notre budget de voyageurs. Au point de vue, de nombreuses personnes admiraient la beauté du paysage, ce glacier blanc et bleu au milieu de ces montagnes vertes et grises.
On sympathisait avec deux français, un père et son fils, et on se prenait à discuter plus d’une heure avec eux. Ils étaient conviviaux et on gardait le contact en promettant de se revoir en France. On dormait dans un dortoir de huit personnes avec des jeunes et des moins jeunes. Un américain d’une vingtaine d’années était tout excité car il venait d’apprendre qu’il avait obtenu une bourse et qu’il aurait vingt mille dollars de moins à payer. On souriait évidemment aux différences de vies et de cultures entre tous les gens allongés dans les lits de cette même chambre.

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