Découverte de Dunedin : incendie, péripéties et rires en pente

Après la rude et longue journée de la veille, on avait prévu de se reposer un petit peu. On traînait au lit avant de petit-déjeuner tranquillement puis de déjeuner. J’étais en train de faire cuire nos pièces de viande quand un mec de l’auberge venait me parler. A ses dires, j’avais volé son huile de cuisson et il semblait très énervé après moi. Je m’excusais plusieurs fois et lui expliquais que j’avais cru que cette huile était disponible pour toute l’auberge. Rien ne semblait le calmer et on était obligés d’hausser le ton pour que la pression redescende. Les gens autour de nous ne semblaient pas comprendre son énervement pour quelques gouttes d’huile et nous non plus.

On passait rapidement à autre chose et on prenait la route direction une expérience inédite. À une heure de route au sud, on garait la voiture auprès d’une grotte. On s’engouffrait dedans, à l’arrache comme d’habitude. Nous avions nos seuls téléphones en guise de lampe torche et nous étions en short et en t-shirt. Bien entendu, la température dans la cave avoisinait les dix degrés. On croisait des gens avec des lampes frontales et des vêtements géothermiques, bien mieux préparés que nous pour cette aventure d’une heure sous terre. On était donc dans le noir total hormis nos lampes et il fallait se faufiler en suivant le balisage. A certains endroits, on était obligés de ramper sous les roches. On appréciait l’expérience mais on n’en menait pas large non plus. Arrivés quasiment à la fin, un trou plein d’eau se tenait devant nous. Il semblait vraiment profond alors on ne tentait pas le diable et on rebroussait chemin.

On prenait plus notre temps sur le retour pour se mettre dans le noir total et apprécier les centaines de lucioles accrochées au plafond. On commençait à se sentir claustrophobes et quand du vent frais venait nous frapper le visage, on poussait un soupir de soulagement. La température remontait peu à peu et on finissait par voir la lumière du jour. C’était quelque chose ! On remontait en voiture pour rejoindre Invercargill et y passer la nuit.

On se garait à Curyo Bay autour de 10h. C’était une plage réputée pour ses dauphins Hector qu’il était possible de voir nager à quelques mètres du bord. On se promenait sur le sable en guettant d’un œil concentré le flot des vagues. Alors que j’étais monté sur des hauts rochers pour guetter l’entrée de la baie, je voyais Cassandre me faire des grands gestes et partir d’un pas décidé en sens inverse. Je la rejoignais rapidement et je tombais nez à nez avec… Un petit pingouin ! On savait que des pingouins vivaient ici mais ils étaient supposés sortir uniquement de nuit pour éviter les humains. C’était une chance incroyable ! Il marchait de manière étrange et il ressemblait beaucoup à un petit vieux énervé. On restait de longues minutes à l’observer, bien conscient qu’on n’en reverrait probablement pas de notre vie. On allait ensuite se promener auprès d’une très jolie cascade et on roulait vers Dunedin.

Un immense brouillard semblait recouvrir la ville à mesure qu’on s’en approchait, c’était très étrange parce que le ciel était dégagé et qu’aucun nuage ne se signalait. On comprenait en approchant que nous étions témoins d’un gigantesque incendie qui répandait sa fumée à des kilomètres à la ronde. Heureusement, notre Airbnb du soir se situait à l’opposé.  Arrivés à destination, après avoir grimpé cent marches, on se regardait avec Cassandre et on se demandait si on voyait bien. La maison dans laquelle nous étions supposés rester était plus proche du squat que de l’hôtel. Les draps n’étaient pas propres, la salle de bains immonde, le papier peint tombait au sol.

C’en était trop pour nous et on retournait dans la voiture pour réfléchir à nos options. On trouvait une chambre d’hôtel sur Booking et on décidait se faire un peu plaisir pour une fois. Trente minutes après, on entrait dans une belle chambre avec un lit gigantesque. On se reposait avant d’aller au restaurant. Dunedin avait la particularité d’abriter les rues les plus pentues au monde et toute la ville était à l’avenant. Il était complètement impossible de trouver du plat. Pour se rendre au restaurant italien que nous avions choisi, on descendait une pente énorme qu’il nous fallait remonter au retour, passablement éméchés, ce qui engendrait une sacrée crise de fou rire.

La météo prévoyait de la pluie pour toute cette journée du jeudi premier février et elle n’avait pas menti. Elle avait même sous-évalué les précipitations. Il pleuvait littéralement des trombes d’eau et quand vous vivez dans votre voiture, c’est un moment compliqué à digérer. Pour passer le temps, on allait faire un tour à la galerie d’art contemporain de Dunedin. On se promenait dans les allées en admirant les œuvres parfois loufoques qui y étaient présentées. On traînait une petite heure ici avant de manger un kebab puis d’entamer les quatre heures de route direction Queenstown, dans le centre de l’île du Sud. Il tombait toujours des hallebardes et la route était très hasardeuse. Les essuie-glaces tournaient à plein régime et on se limitait à une vitesse de 80 kilomètres par heure.

Après deux heures de route, ce qui devait arriver arriva et des employés de la voirie nous forçaient à faire un détour parce que certaines routes étaient inondées. C’était prévisible et ça ne nous dérangeait pas trop puisqu’on n’était absolument pas pressés. On s’arrêtait boire un café, dans une jardinerie étrange qui faisait les meilleurs rafraichissements de la région, puis on arrivait sur Queenstown en fin d’après-midi. Au supermarché Pak’n’Save, on assistait à une scène étonnante. Une exposante faisait goûter du Babybel qu’elle découpait en petits morceaux et les clients dégustaient ça comme un fromage extrêmement raffiné. Cette scène cocasse nous faisait rire malgré nous et on saisissait encore une fois le choc des cultures. On prenait possession de notre chambre Airbnb dans la foulée et on avait le plaisir d’avoir la compagnie d’un très beau chien pour la soirée.


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