Un Nouvel An Inoubliable à Melbourne : Feux d’Artifice et Fêtes

On arrivait à Melbourne le trente décembre et on plongeait tête baissée à l’intérieur de la ville. Nous en avions tellement entendu de bien qu’il nous tardait de la visiter. La première impression que nous avions et qui nous sera confirmée plus tard se tenait dans le côté européen de la cité. Très piétonne, elle proposait un tramway à l’allure désuète mais gratuit dans tout le centre-ville dont nous faisions bon usage. On se promenait autour du musée à l’architecture victorienne puis on voguait par le CBD, le quartier d’affaires. Le fleuve Yarra le traversait de tout son long et les quais, superbement aménagés, offraient un parcours magnifique autour des grands immeubles modernes.  L’atmosphère était paisible, comme toujours dans les grandes villes australiennes, et on marchait d’un pas lent en s’arrêtant quand on le souhaitait. On visitait Hosier Lane, la rue du street-art et des gigantesques fresques urbaines, avec ses tableaux plus vrais que natures.

L’un d’entre eux représentait un enfant aborigène et c’était avec la précision d’une photographie qu’il était peint. Peu de temps après, on rejoignait un ami français dans un restaurant conceptuel comme il en existait dorénavant des dizaines. Dans un ancien entrepôt réaménagé, très haut de plafond avec le mobilier en bois et les murs en briques, des jeunes restaurateurs vendaient des burgers et de la bière brassée localement. Note pote Corentin, installé à Melbourne depuis quatre ans, nous présentait quelques copains et il nous invitait à passer le nouvel an avec eux le lendemain. N’ayant bien entendu rien de prévu, on acceptait volontiers, contents de ne pas se trouver seuls pour le passage à la nouvelle année.

Depuis notre enfance, on voyait à la télé les australiens passer à la nouvelle année en premier et on regardait ça d’un air amusé. C’était pourtant notre tour de le vivre l’expérience d’être parmi les premiers humains à changer d’année. Après un repas arrosé entre français, nous allions observer à bonne distance le feu d’artifice. Tiré depuis les immeubles du quartier d’affaires, il éclairait vraiment la ville d’un halo lumineux incroyable. Tout le monde s’embrassait et le cap était passé. On poursuivait la nuit sur Chapel Street, la rue des fêtards et on se rendait compte à quel point la drogue était acceptée dans ce pays. Certaines personnes se trouvaient dans des états lamentables et on voyait que ce n’était pas dû à l’alcool.

Le style vestimentaire était aussi bien plus frivole qu’en France, on saluait d’ailleurs la liberté d’être des femmes en Australie qui pouvaient s’habiller comme elle le souhaitait sans jamais être importunée. Les jours suivants étaient paisibles dans le Victoria, il faisait chaud et beau et la vie semblait s’être prise d’une lenteur agréable. Nous promenions notre 4×4 dans tous les coins en essayant de profiter au maximum du temps qu’il nous restait avant de décoller vers la Nouvelle-Zélande. On explorait les villes de Ballarat et Bendigo, des cités historiques dans la construction coloniale de l’Australie. On y trouvait de vieux immeubles plein d’histoire récente et même des reliques de la ruée vers l’or austral.

Notre ami Corentin nous proposait de faire la Great Ocean Road dans l’autre sens avec lui et deux amis et on acceptait, désireux de voir la partie que nous n’avions pas faite la semaine précédente. On les rejoignait sur la route et Coco, connaisseur de tous les bons coins, nous emmenait dans des endroits intéressants. Grace à lui, on découvrait une cache à perroquets où les curieux volatiles, pas effrayés pour un sou par l’humain, n’hésitaient pas à venir se poser sur vos épaules. On trouvait aussi des arbres à koalas, le long d’une route très peu passante. C’était un spectacle particulier que ne semblait pas goûter Sophie, la compagne de Thibaut le meilleur ami de Coco.

Elle ne jurait que par les kangourous et posait la question dix fois par jour « quand est-ce qu’on voit des kangourous ? » ce qui avait le don d’agacer tout le monde. Hormis pour ce genre de questions, elle ne parlait que très peu et ça devenait même un sujet de rigolade entre nous et Corentin qui n’en pouvait visiblement plus. Après trois jours de lente visite de la côte à ce rythme parfait, nos chemins se séparaient. Eux rentraient vers Melbourne et nous nous enfoncions dans les terres vers les Grampians, un gigantesque parc national.

Plein de randonnées dans les roches, on y passait deux jours perdus dans la nature à manger frugalement et à dormir encore et toujours dans la voiture. Ce mode de vie pouvait paraître étrange mais on y trouvait un plaisir réel et une sensation de liberté complète. Le climat nous permettait de vivre une vie complètement extérieure hormis pour le sommeil et une facilité de mouvement incomparable. Si on aimait un endroit, on y restait plus que prévu et s’il ne nous plaisait pas, on partait après être arrivés. C’était parfois un peu étouffant mais la beauté de l’aventure gommait les passages à vide rapidement. Quand on repassait dans une zone couverte par le réseau téléphonique, on recevait un appel à l’aide de Coco : « il faut que vous veniez avec nous faire Wilson Promontory, je vais me tirer une balle sinon. »

Une fois terminées nos promenades dans le parc, on prenait donc la direction du sud de l’état du Victoria pour visiter un autre parc national mais cette fois-ci en bord de mer. Le choix est pléthorique mais on se mettait d’accord sur une randonnée en forêt afin d’avoir un point de vue élevé sur la mer puis sur le chemin qui longeait la côte. Les paysages étaient grandioses, comme toujours en Australie. A la fin de la journée, on préparait une surprise pour Sophie, la copine de Thibault. On allait acheter de quoi prendre un apéritif et on s’installait sur une grande plaine où nous savions, grâce à Coco, que les kangourous venaient au coucher du soleil. Elle était comme une folle quand elle voyait les premiers marsupiaux débarquer et son sourire nous ramenait à un an auparavant quand nous étions aussi plein d’enthousiasme à leur vue. Après presqu’un an en Australie, nous en avions vu tellement qu’ils étaient devenus partie intégrante de notre environnement et la voir ainsi nous rappelait qu’il fallait profiter de tous les instants. On remontait vers Melbourne le lendemain afin de prendre l’avion pour la Nouvelle-Zélande.


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