En descendant la Côte Ouest de l’Australie

Notre première étape était le spot où on avait manqué le coucher de soleil la veille. On s’était dit qu’il devait être très beau de jour avec la roche rouge et l’eau turquoise et on ne s’était pas trompés.

On reprenait la route pour un très long trajet en direction de Port Hedland où on allait passer la nuit. A mi-chemin, on s’arrêtait sur une plage de front de mer pour manger nos sandwichs. C’est alors qu’un événement improbable se déroulait. Un couple était en train de pêcher et un troupeau de mouettes se tenait à l’affût du poisson. Un des volatiles plus bête que les autres décidait d’aller manger directement l’appât sur l’hameçon et il se retrouvait bloqué ! Le pauvre monsieur essayait tant bien que mal de libérer la mouette qui se débattait dans tous les sens et quand il réussissait finalement, le pauvre oiseau était mort. Il tentait de le ranimer en le mettant dans l’eau mais il ne pouvait plus rien y faire.

Sur ce triste spectacle, on reprenait notre route et on arrivait enfin à notre destination et heureusement car il ne restait plus que trois litres d’essence dans le réservoir. Nous n’étions pas passés loin de la catastrophe ! On trouvait une douche gratuite dans une station-service puis on allait manger dans un pub rempli de mineurs. C’était le « cheap Tuesday » littéralement le « mardi pas cher » et l’établissement était plein à craquer. On y mangeait un burger avec une bière puis on allait se trouver un coin au calme pour se garer et y passer la nuit.

Sur les coups de six heures du matin, la pluie nous réveillait brusquement. Elle frappait la carrosserie du véhicule avec insistance et nous n’avions pas d’autres choix que d’ouvrir les yeux. Et puisque qu’on était debouts, autant prendre la route surtout qu’il nous fallait quatre heures pour arriver à notre prochaine destination : le Karijini National Park. À 10h du matin, on atteignait le vaste parc et on entamait la première des ballades. Elle nous menait à une énorme piscine naturelle alimentée par une cascade qui glissait sur la roche. C’était très joli et on se baignait pour se rafraîchir. Comme d’habitude, il faisait une chaleur intense mais elle était plus supportable que dans le nord du pays.

On remontait à la voiture et on allait voir d’autres points de vue. On se rendait au point de départ d’une promenade qui nous amenait à deux points de vue sublimes sur les gorges. La luminosité était tellement élevée que l’appareil photo faisait n’importe quoi. On terminait nos promenades dans ce parc par une descente dans une gorge incroyable.

Par endroit, le chemin ne faisait pas plus d’un mètre de large et on avançait presque les pieds dans l’eau. Au bout du chemin, une grande piscine circulaire était creusée dans la roche à l’abri du soleil. C’était un spectacle hors du commun. A cet endroit, on rencontrait deux français en voyage et on partageait un peu de nos expériences. Ils montaient vers le nord alors que nous descendions vers le sud.

On quittait Karijini pour rejoindre Tom Price où nous allions passer la nuit. Comme beaucoup de villes dans l’Australie de l’Ouest, elle n’existait que grâce à l’activité minière et les prix de l’hôtellerie s’en ressentaient grandement. Il fallait compter au bas mot 200 dollars pour dormir dans des motels bas de gamme. Autant dire que le choix de dormir dans la voiture s’imposait de lui-même. On mangeait un morceau dans un pub bizarrement agencé avec de la musique beaucoup trop forte et on se garait comme beaucoup de soirs au fond d’une impasse.

Notre choix de spot pour dormir avait été très bon. Au fond d’une impasse avec des grandes dunes de terre sur les côtés, le calme avait été au rendez-vous. Nous nous étions réveillés vers 7h du matin, on filait vers Coles pour s’acheter un petit-déjeuner avant de reprendre la route rapidement. À peine partis, on se retrouvait face à un problème. Une grande route de terre s’avançait devant nous et le GPS nous conseillait de la prendre. Après avoir trituré la carte dans tous les sens, on finissait par se rendre compte qu’on n’avait pas trop le choix si on ne voulait pas perdre trop de temps. Récupérer la route bitumée signifiait un retard de cinq heures et quatre cent kilomètres de plus au compteur. On empruntait donc la dirt road en espérant qu’elle ne soit pas trop longue et surtout qu’on n’y laisse pas un pneu au milieu de nulle part.

Après une cinquantaine de bornes, le bitume revenait à notre grand soulagement et on pouvait poursuivre plus paisiblement. Après six heures de route, on était à destination : Exmouth. On réservait une chambre dans le dortoir d’un backpack et on se reposait autour de la piscine jusqu’au soir. On découvrait sur TripAdvisor qu’un restaurant italien sympathique se trouvait non loin de l’hôtel, on se décidait à aller le tester. Il était effectivement excellent et on rentrait se coucher le ventre bien rempli. On était censé dormir dans un dortoir de quatre personnes mais on était que deux. On passait donc une nuit paisible et calme même si on était dans des lits superposés.

Le réveil sonnait autour de huit heures et on se préparait pour aller visiter le Cape Range National Park. C’était un parc national en bord de mer avec des plages à couper le souffle. Enfin, c’était ce qu’on avait lu dans les guides et on avait vraiment hâte de le découvrir de nos yeux. On s’arrêtait d’abord à Turquoise Bay. Cassandre s’en donnait à cœur joie en faisant du snorkelling dans une eau turquoise tellement belle qu’on la croyait photoshopée. On pouvait se positionner à un endroit et se laisser porter doucement par le courant tout en admirant les poissons. Il y en avait de toutes les variétés et elle en prenait plein les yeux surtout dans les coraux très colorés.

Après quelques heures, on allait visiter une autre plage et on se positionnait sur une aire de repos pour y manger. Or il y avait tellement de vent qu’on devait utiliser des subterfuges pour faire chauffer nos pâtes. Devant notre galère, un couple de retraités bretons venait à notre rencontre et une conversation s’engageait. Ils visitaient la côte ouest de L’Australie pendant trois mois avec un camping-car de location et ils avaient des bières fraîches au frigo. Ils nous proposaient de boire un verre avec eux et on acceptait avec grand plaisir. Après une sympathique discussion, on se rendait sur Sandy Bay. C’était une grande plage de sable fin avec la même eau turquoise que précédemment. Un véritable décor de carte postale. On s’essayait un peu au snorkeling mais la zone était plutôt vide.

On allait chercher un autre spot à quelques kilomètres. On tombait sur une plage déserte avec un espèce de lit de plage disponible. Ni une ni deux, on était installés dessus et Cassandre filait dans l’eau pour voir des poissons avec la GoPro. J’étais très surpris quand je la voyais revenir à peine quinze minutes après mais elle avait une bonne raison : elle venait de tomber nez à nez avec un requin ! Un petit requin certes mais un requin quand même ! Sur les images qu’elle avait filmées, on ressentait instantanément la panique quand le prédateur entrait sur l’écran. Elle était vite sortie de l’eau et on n’y remettait plus les pieds à cet endroit. On traînait un peu dans le lit ensuite. Je lisais pendant qu’elle se remettait de ses émotions. On rentrait autour de 18h et après une douche rapide, on retournait au si bon restaurant italien de la veille.


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