Exploration du Kakadu National Park: Conseils et Découvertes

Il était 4h50 du matin quand notre avion atterrissait avec succès à Darwin. Il faisait encore nuit noire et la ville semblait nous attendre. L’aéroport était vraiment minuscule surtout pour un international et les formalités d’usage dans ce lieu étaient si vite expédiées qu’on était dehors une trentaine de minutes après être arrivés. On sortait de l’enceinte pour se diriger vers les taxis. Une file paisible de véhicules attendait les premiers clients du jour et nous indiquions notre destination au premier des chauffeurs de la rangée. Notre ami Romain avait laissé la voiture chez un de ses copains et on allait la récupérer. Une fois arrivés à bon port, je tâtais la suspension avant gauche pour récupérer les clefs comme convenu.

Je me sentais un peu comme dans un film d’espionnage à fouiller sous les roues pour trouver les clés d’une voiture dans la pénombre d’une rue mal éclairée. La voiture était enfin ouverte et on en profitait pour ranger nos affaires et partir vers de nouvelles aventures. Mais que faire à 5h30 dans une ville comme Darwin ? La température atteignait déjà allègrement les 32 degrés et le voyage avait été éprouvant, il nous fallait donc viser la première étape : la douche. Après avoir rechercher sur WikiCamps, on avait repéré une douche publique qui avait l’air propre. Elle était à moins de dix minutes de voiture et elle se trouvait effectivement dans un état convenable. Il n’y avait pas de robinet d’eau chaude mais la température était tellement étouffante que l’eau froide était tiède. On en profitait pour se savonner longuement et laver nos quasiment trois jours de voyage. Il était maintenant 6h, il fallait passer à la seconde étape.

Nous avions faim et soif et à une heure si matinale, il paraissait impossible de trouver un endroit ouvert. C’était sans compter sur la magie du Mac Donald’s. Celui de la périphérie de Darwin était ouvert 24/24 et quand nous entrions un peu avant 6h30, quelques personnes étaient déjà attablées. On petit-déjeunait assez grassement et on allait faire quelques courses à Woolworths pour le déjeuner. Nous avions réservé un Airbnb pour la nuit mais nous ne pouvions rentrer dedans qu’à partir de 13h, ce qui nous laissait six heures à tuer. On décidait de prendre nos serviettes et d’aller se reposer sur la plage du Waterfront. On était à peine installés que la pluie faisait son apparition ce qui nous forçait à nous retrancher dans la voiture. Mais la situation était vraiment délicate : il faisait si chaud dans l’habitacle qu’on était obligés d’ouvrir les fenêtres mais la pluie était si intense qu’on ne pouvait que les fermer. On se résignait à trouver un endroit abrité pour manger une salade avec les ingrédients achetés précédemment au supermarché.

À 13 heures pétantes, on se trouvait à la porte du Airbnb dans la banlieue de Darwin. Le quartier avait des airs de friche industrielle comme souvent dans les banlieues australiennes. Notre hôte était une femme d’une cinquantaine d’années extrêmement sympathique et après un petit tour du propriétaire, on était déjà en train de dormir. On avait prévu d’aller au cinéma à 18h30 mais manque de chance, c’était l’heure à laquelle on sortait du sommeil. On émergeait difficilement et on se fixait sur la séance de 21h. On allait voir Kingsman 2 qui était vraiment moins bon que le premier et on rentrait tomber dans un sommeil profond.

Le réveil sonnait à 8h et on se dépêchait de prendre la direction du Kakadu National Park car trois heures de route nous en séparait. La chaleur était déjà intense, il faisait au bas mot 35 degrés avec un taux d’humidité très élevé. On suffoquait. Arrivés sur la place, la sensation d’étouffement n’était que plus forte. Le terrain était rouge et aride, la végétation clairsemée. On commençait la visite du parc par la Ubir Walk. On pouvait y suivre un chemin qui grimpait dans les roches et admirer les peintures rupestres des aborigènes locaux. On transpirait intensément et on finissait déjà une bouteille d’eau entière. Notre déjeuner se savourait autour d’une table à côté d’un point de vue sur la rivière. La spécificité de cet endroit nous autorisait à y voir des crocodiles dans leur élément naturel. Et effectivement, après quelques minutes d’observation, on en apercevait un pointer le bout de son museau. Satisfaits de cette vision, on cheminait vers la seconde randonnée de la journée.

On finissait la journée dans la ville de Jabiru où nous n’étions pas mécontents de rejoindre l’hôtel et sa chambre climatisée. Nous étions littéralement asséchés et la bouteille d’eau du frigo était rapidement terminée. Après un dîner au restaurant de l’établissement, on s’endormait pour un repos bien mérité.

Le réveil sonnait à 8h et nous étions pleinement reposés. Ça tombait plutôt bien puisqu’on devait s’attaquer à une petite randonnée dans les roches au cœur de ces terres aborigènes sous un soleil encore et toujours cuisant. On arrivait sur place autour de 9h et on se promenait sur le sentier tracé en lisant les descriptions sur la vie des locaux à cet endroit.

Des rangers faisaient des visites guidées et ça avait l’air passionnant puisque les gens restaient à les écouter pendant des dizaines de minutes. Ce n’était pas trop notre tasse de thé, on préférait largement se frayer un chemin en toute liberté. Après plus d’une heure à crapahuter, on prenait la direction de notre deuxième point d’intérêt de la journée. Plus loin dans le parc de Kakadu se trouvait une petite balade avec à son terme une piscine naturelle. La journée avançait et la chaleur ne devenait que plus écrasante alors on avait vraiment hâte d’y arriver et on prévoyait de se baigner un peu malgré les signes avertissant de la présence de crocodiles. Sur place, on sautait directement à l’eau pour se rendre compte qu’elle était à 29 degrés. Rafraîchissant mais pas énormément non plus ! On y restait une petite heure avant de reprendre la route pour Katherine qui serait notre arrêt du soir. On y était déjà passé à la fin du mois d’août alors on connaissait quelque peu la ville.

On refaisait un passage par les sources chaudes et on y rencontrait deux couples d’amis d’une cinquantaine d’années qui engageaient une conversation avec nous. On apprenait qu’ils habitaient à Perth et Sydney et qu’ils s’étaient retrouvés un peu plus bas pour voyager ensemble. Ils nous posaient plein de questions sur la France et l’un des vieux hommes connaissait parfaitement l’histoire de l’automobile française. Nos chemins se séparaient à la tombée de la nuit. On se restaurait dans un des nombreux pubs de la ville avant d’aller garer notre maison roulante dans une ruelle pour y dormir. La nuit était chaude. Nous avions dû laisser les fenêtres arrières ouvertes pour attraper un courant d’air mais ça n’avait fait qu’atténuer cette sensation de chaleur.


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