Le retour en Europe

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Mercredi 10 Septembre

Nous sommes tombés de fatigue à 21 heures hier soir mais ça n’empêche pas Stéphane de se réveiller à 2h30 du matin suivi par Cassandre à 4 heures. Clémence résiste un peu mieux mais elle émerge à 5 heures, en pleine forme. Sa crise incontrôlable de la veille est bien entendu passée et elle est toute câline aujourd’hui. Nous avons demandé à prendre le petit-déjeuner à 9h mais nous avons déjà très faim et rien à manger. Stéphane remonte la poussette et nous nous habillons pour affronter le petit crachin qui habille le ciel croate. La première boulangerie est à vingt minutes à pied mais ça nous fait un bien fou après la folle journée d’hier. Prendre le vent ravive nos visages.

Nous sommes de retour à l’appartement, tenu par un vieux couple, autour de 8 heures du matin. Nous frappons à la porte pour signifier à la dame que nous sommes réveillés et qu’elle peut nous amener le petit-déjeuner plus tôt si ça l’arrange. Nous commençons la partie la plus délicate de l’après-voyage en avion : le remontage des vélos. C’est toujours stressant car on sait à quel point des bagages peuvent être malmenés en avion et nous n’avons pas vraiment eu le temps de protéger nos montures comme nous le souhaitions.

Le remontage est rapide, seule l’une des lampes du Touring est cassée mais elle ne fonctionnait plus de toute façon. Le petit-déjeuner arrive, nous mangeons un copieux repas et bien que nous prenions tout notre temps, il est à peine 10 heures quand nous partons. La petite ville où l’aéroport de Zagreb étire ses pistes s’appelle Velika Gorica et elle se situe à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Ce n’est pas si désagréable à vélo mais il n’y a aucune unité dans le tracé et aucun balisage. Parfois nous roulons sur une piste dédiée, parfois sur le trottoir, parfois sur la route. On sent que des efforts sont faits de manière désordonnée et nous croisons quelques cyclistes.

Le temps est maussade, il fait une vingtaine de degrés et une fine pluie tombe sur nos casques mais c’est un agréable changement après les quatre mois à suffoquer de chaleur. Nous nous garons en plein centre de Zagreb et amorçons un petit tour. La cathédrale est malheureusement en travaux et sa vue est complètement tronquée. Nous poussons au marché Dolac puis nous prenons un café à l’abri. Tout le monde parle un très bon anglais et cela fait bizarre de pouvoir faire plus d’une phrase pour communiquer. Nous sommes quand même étrangement dépaysés, tout est si familier mais nous avions perdu plein d’habitudes. En Corée, il n’y a pratiquement jamais de serveurs, nous commandions sur une borne ou directement au comptoir et nous ne savons plus trop comment cela fonctionne. Nous retrouvons rapidement des marques et nous ressortons pour aller au rendez-vous avec notre hôte Airbnb à 13 heures.

L’appartement est prêt bien plus tôt que nous ne l’imaginions alors nous traversons la ville sur trois kilomètres. Elle ressemble à une grande banlieue et les points d’intérêts ne sont pas légion hors le centre-ville. Nous pensions que Clémence ferait une sieste après s’être réveillée si tôt mais elle refuse de dormir après manger. Nous nous en tenons à un temps calme puis nous allons visiter une aire de jeux avoisinante. Ici, on retrouve des marques européennes. L’endroit est sale, couvert de tags et des adolescentes squattent la structure. Un peu plus loin, un groupe de jeunes à capuches fument du cannabis dont l’odeur nous parvient aux narines. Des chiens se promènent en liberté. Voilà une bonne manière de se réacclimater doucement à ce qui nous attend en France. Le reste de la journée passe rapidement, nous faisons des petites courses pour le repas du soir et nous tombons de fatigue avant même l’heure habituelle des téléfilms.

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Jeudi 11 Septembre

Nous avions longuement hésité avant de réserver plusieurs jours à Zagreb mais nous avions arbitré pour la prudence. Il valait mieux prévoir un excès de fatigue ou le moindre problème sur les vélos. Nous avons donc une journée complète pour visiter une ville qui ne présente pas tellement de points touristiques. Nous sommes encore réveillés tôt, autour de 5 heures du matin et nous sommes déjà sur nos vélos à 8 heures. On refait le trajet inverse de la veille, on se gare au même endroit puis on part explorer à pied.

En haut de la charmante rue Opatovina, on découvre un parc avec une grande aire de jeux qui nous permet de faire passer un peu le temps et de divertir Clémence qui l’a bien mérité. Nos pas nous mènent ensuite vers la rue Ivana Tkalcica, une artère commerçante réputée. Le cœur de la ville est très mignon mais minuscule. Il est aussi traversé par des voitures et des camions de livraison, ce qui rend l’expérience parfois angoissante. Nous redescendons pour prendre un café dans un établissement recommandé par un ami. Nous avons encore un peu de mal à penser les prix en euros et nous convertissons toujours en won dans nos têtes. Le coût de la vie semble raisonnable comme le confirme la boulangerie où nous achetons le repas du midi, plein de produits y sont à moins d’un euro.

Après avoir arpenté l’hypercentre en long en en large (et on en fait vite le tour), on retourne en vitesse à l’appartement car nous voyons un immense nuage noir se rapprocher à toute vitesse. Nous arrivons à l’éviter de justesse et c’est sec que nous nous reposons deux heures avant d’aller vers le grand parc de la ville : le Park Bundek. Stéphane y va en courant, Clémence et Cassandre à vélo. C’est un immense espace vert, l’un des poumons d’une ville bétonnée de toutes parts. Les locaux ne s’y trompent pas et ils sont nombreux à courir et à faire du vélo. Il y a plusieurs aires de jeux et les enfants croates ne se font pas prier. Sur le retour, on ne peut que constater que le trafic routier ne se calme jamais, les rues sont bondées à toute heure. On s’arrête encore une fois dans une boulangerie pour compléter les restes de notre repas de la veille. Il est déjà 19 heures et nos horloges biologiques nous signalent qu’il va falloir songer à dormir bientôt.

Vendredi 12 Septembre

Le décalage horaire nous pousse encore à nous réveiller tôt mais ce n’est pas désagréable. Les journées sont plus longues et permettent de faire plus de choses. Après avoir étiré la matinée au maximum, nous sommes déjà en route à 9 heures du matin. Nous commençons à être expérimentés sur nos vélos et nous savons déjà que sortir des villes est compliqué. Sur les cartes officielles, la véloroute qui mène à la Slovénie ne démarre d’ailleurs qu’en grande banlieue de Zagreb et nous avons hâte de l’atteindre car la première partie n’est qu’un enchaînement de trottoirs.

Des vélos avec des sacs de voyage, garés près d'un bâtiment résidentiel coloré, entourés de voitures et de verdure.

Mais nous déchantons en arrivant au point de départ de la piste cyclable, estampillée « itinéraire national » en Croatie. En guise de voie, il n’y a que la route et elle est globalement très empruntée. Les croates ne sont pas des conducteurs patients et encore moins prudents. Les voitures et les camions passent près de nous largement au-dessus de la vitesse autorisée, ce qui nous fait pester sur les décideurs politiques. Qui décide d’appeler ça une véloroute ? Pour quelle raison donnerait-on à cet axe le titre d’itinéraire cyclable si c’est une simple route comme il y en a partout ?

Nous ne sommes pas mécontents d’arriver à Samobor, une charmante petite ville au bord de la frontière slovène. On y déguste la spécialité locale : la Kremsnita, un gâteau à la crême. Hormis le centre semi-piéton et ses jolis édifices, la bourgade n’a pas grand intérêt et nous partons en quête d’une aire de jeu pour Clémence. Nous la trouvons quelques kilomètres plus loin, au milieu d’un petit lotissement. Ici aussi, certains jouets restent dans l’espace pour les enfants afin de profiter à tout le monde. Il y a un petit terrain de foot avec des ballons à disposition, dont nous profitons allégrement. Est-ce que les jouets et les ballons passeraient une seule nuit en France ? Permettez-nous d’en douter.

Une aire de jeux avec un toboggan jaune et une structure rouge, entourée d'arbres et d'un ciel bleu.

Quelques kilomètres plus loin, nous prenons place sur la terrasse d’une boulangerie pour déjeuner en compagnie d’un immense groupe de jeunes sortis du lycée qui se trouve juste en face. C’est toujours bizarre d’être dans un pays étranger dont on ne parle pas la langue car nous sommes complètement spectateurs des interactions. On ne fait qu’effleurer la surface d’une société dont on ignore les codes et nous sommes presque invisibles. En roulant encore un peu, on réalise qu’on a franchi la frontière entre la Croatie et la Slovénie. Nous sommes déçus car nous voulions prendre le panneau en photo mais il n’y en avait pas sur notre route. Les frontières deviennent des traces fictives sur les cartes.

Cependant, nous avons bien perçu le changement de pays. La route est dans un bien meilleur état, les maisons sont plus cossues, les villages plus propres et les conducteurs plus respectueux. Nous arrivons à Brezice, la première ville du côté slovène. Elle n’est pas d’un intérêt faramineux, il y a juste un joli château et un beau château d’eau. Un magasin de yaourts glacés très réputé s’y trouve également donc on s’y arrête pour gouter. On profite d’une pause au soleil doux de septembre avant de repartir affronter le reste de la route. Nous tombons sur une mauvaise surprise car une grosse portion de l’itinéraire est sur un sentier caillouteux peu adaptés aux vélos. Nous peinons pour arriver à Krsko, la dernière ville où nous pouvons faire quelques courses avant d’arriver à l’auberge de ce soir.

Un chemin de terre longe un cours d'eau, avec des herbes et des buissons sur les bords, sous un ciel partiellement nuageux.
Le sentier plein de cailloux.

Blanca est un tout petit point sur la carte, un minuscule hameau. L’hôtel Trimcek est une petite auberge de jeunesse où nous avons réservé une chambre double. Il y a une petite aire de jeu ainsi qu’un terrain de foot à 5 où des slovènes s’affrontent dans un match engagé. Après la douche, nous les observons en mangeant une pizza bien méritée. Il nous faudra d’ailleurs des forces car l’étape de demain annonce un dénivelé important.

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