Avec cette chaleur accablante, nous avons pris la décision de prendre notre temps et de faire le tour de l’île tout doucement. C’est pourquoi nous restons sur Seogwipo encore aujourd’hui. C’est à dire que la petite ville la plus au Sud de la Corée du Sud a quelques atouts de charmes à son actif.
Nous laissons Clémence dormir autant qu’elle veut ce matin et on se présente au petit-déjeuner de l’hôtel autour de 9 heures. Il est décevant, tout est froid, le choix n’est pas très varié : bref trop cher pour ce que l’on a payé. Cela n’entame pas notre bonne humeur légendaire, nous déposons nos bagages à la réception puis nous filons à vélo vers Oedolgae, un point de vue faisant part de l’un des grands sentiers de randonnée de l’île, le Jeju Olle trail. C’est un bonheur sans nom de rouler léger, nous avons à chaque fois l’impression d’avoir les jambes de Pogacar tellement nous avançons vite.

Sur le petit sentier, Clémence fait encore craquer un groupe de retraités coréens. Elle reçoit une viennoiserie et une petite carte postale mais elle n’ose toujours pas remercier en disant « Gamsahamnida ». Elle sait pourtant la même quantité de mots en coréen que nous, c’est-à-dire pas grand chose. De retour sur nos vélos, nous descendons une grande côte pour aller visiter le point d’attraction primordial de Seogwipo : la cascade de Cheonjiyeon. On sait qu’on ne s’est pas trompés en arrivant car le parking est rempli de grands bus de touristes.
Comme à chaque lieu touristique, tout est superbement aménagé. Il est facile de prendre des tickets, le balisage est très clair et le chemin est accessible aux personnes à mobilité réduite. On peut même se faire prêter gratuitement un fauteuil roulant ou une poussette, ce que l’on fait car la nôtre est restée à l’hôtel. En suivant le sentier, nous sommes à moins de cinq minutes de la cascade et on ne peut que confirmer sa beauté. Ce n’est sûrement pas la plus belle de la planète mais elle a la particularité d’être en pleine ville. L’eau qui y coule provient du mont Halla, le volcan dont la dernière éruption remonte à l’an 1007, et le point culminant de Corée.

Nous profitons ensuite de la pause repas pour laver nos vêtements dans une laverie automatique. On tient en général une semaine entre chaque machine. En nous dirigeant vers l’hôtel suivant, nous faisons une autre halte sur la route à la chute d’eau de Jeongbang. Haute de 20 mètres, elle se jette directement dans la mer, ce qui en fait un paysage de toute beauté. Nous n’avons ensuite plus que quelques kilomètres à faire et nous voilà rapidement à barboter dans la piscine de l’hôtel.

Nous profitons aussi d’avoir une cuisine équipée pour se faire à manger. C’est trop rare en voyage mais ça fait un bien fou. Le plat n’est pourtant pas digne des restaurants étoilés, des nouilles, des oeufs avec des algues séchées, mais il nous ravit. Clémence se régale aussi avant de sombrer dans les bras de Morphée à 20 heures. Eh oui, jouer dans l’eau fatigue.
Seogwipo (서귀포시), ville portuaire au sud de l’île de Jeju, compte environ 216 000 habitants en 2025. Perchée sur une côte volcanique spectaculaire, elle séduit par ses chutes d’eau emblématiques (Jeongbang, Cheonjiyeon), ses sentiers Olle et son riche patrimoine culturel (village folklorique de Seongeup, volcan Sanbangsan). C’est une destination qui marie habilement nature, traditions et activités touristiques.
Lundi 7 Juillet
Puisque nous disposons d’un petit appartement, on en profite pour utiliser la cuisine au petit-déjeuner. Au menu : des toasts, des œufs brouillés, du fromage blanc et du jus de pomme. De quoi bien démarrer la journée. Malheureusement pour elle, Clémence préfère bouder pour une raison insignifiante et elle ne mange absolument rien. Elle ne finit par se calmer qu’au moment de partir.
Le Jeju Fantasy Trail porte parfois bien son nom, il faut le reconnaître. Quand l’itinéraire cyclable longe la côte, de si près qu’on pourrait presque mettre la main dans l’eau en roulant, il nous laisse parfois bouche bée. Il faut dire que tout l’île n’est qu’un volcan. Parfois sort de cette mer d’huile une petite colline étrange, comme posée sur l’eau. Nous multiplions les arrêts photos et nous n’avançons pas bien vite, ce qui n’est pas grave car nous ne faisons qu’une trentaine de kilomètres aujourd’hui.

Nous avions repéré un restaurant avec une aire de jeux d’eau, ce qui ne court pas les rues, mais elle n’ouvre que le week-end et les vacances scolaires. Les petits coréens n’ont qu’un mois de vacances en été et c’est au mois d’Août. On déjeune quand même ici car le menu a l’air appétissant et le patron est très sympathique et parle anglais. Il nous offre en plus une panacotta à la mandarine de Jeju en dessert (enfin, il l’offre à Clémence plutôt). Elle n’en raffole pas alors nous la mangeons sans scrupule. L’ile est particulièrement célèbre pour ses mandarines qui ont la particularité de ne pas avoir de pépin, d’être très faciles à peler et d’être extrêmement sucrées. Les Coréens affluent de tout le pays pour venir en cueillir et on peut facilement se procurer tout un tas de produits faits à base de cette agrume (chocolat, confiture, savon, crème etc.). Les habitants en ont même fait leur emblème car on trouve plein de produits dérivés à la couleur orange (peluches, casquettes, chapeaux, porte-clefs etc.).

Notre arrêt suivant, la plage de Sogeummak, se trouve deux kilomètres après l’hôtel. En arrivant dessus, on trouve l’eau étonnamment éloignée. La plage fait au moins cent mètres et il faut marcher longtemps dans le sable pour arriver à la mer. L’endroit est paradisiaque, ressemblant encore à un lagon grec. C’est un plaisir pour tous les parents car Clémence a pied très loin et nous pouvons jouer sans inquiétude.
Alors que nous sommes en train de faire les idiots dans l’eau, Cassandre tourne la tête et dit : « la serviette n’est pas dans l’eau là ? ». Et si ! On part en courant pour sauver ce qui peut l’être. Nos vêtements sont trempés, la serviette aussi. Heureusement, nous sommes arrivés à temps pour que la petite banane de Cassandre ne soit pas complètement trempée. Elle contient l’argent liquide et nos cartes bancaires. Nos téléphones ont survécu de justesse aussi, plus par chance que par adresse. On emmène les affaires un peu plus loin mais la marée monte vite. On abdique donc et on les ramène sur l’herbe avec les vélos, pour les faire sécher.

Cette petite péripétie ne gâche pas notre plaisir et nous profitons encore de la plage. Il est fascinant d’observer à quelle vitesse l’eau monte, elle a déjà avalé au moins cinquante mètres quand nous partons pour prendre le goûter. Depuis le café à la vue imprenable, on la voit qui avance encore tout doucement. Nous rejoignons l’hôtel à faible allure car il n’est qu’à une encablure de la plage. Mais personne n’est là pour nous accueillir. Stéphane appelle le numéro indiqué mais il ne parle pas coréen et la personne au bout du fil ne parle pas anglais. Nous devons rappeler trois fois pour que le propriétaire vienne jeter un œil sur le parking et comprenne que nous sommes là.
Il n’avait pas vu notre réservation, il ne nous attendait donc pas. Il est vraiment désolé et très sympathique, on lui pardonne donc bien volontiers. Sa pension est toute en bois massif et il y fait une chaleur de sauna. Heureusement, la chambre est climatisée. Après une douche salutaire, nous sortons manger dans la petite bourgade. Il y a un petit peu d’animation et nous ne sommes entourés que de locaux dans le petit restaurant japonais où nous nous attablons. Jeju est une île très touristique mais la densité de vacanciers ne se ressent qu’aux endroits les plus prisés. L’île a encore plein de secrets cachés.
https://strava-embeds.com/embed.jsMardi 8 Juillet
Le propriétaire de la pension nous a laissé en libre service des œufs, des toasts et de la confiture de mandarines pour le petit déjeuner. Il n’est malheureusement pas là pour nous dire au revoir ce matin car il travaille sur une plantation. Après un bon repas, nous partons assez tôt car nous allons à une attraction d’envergure, du moins pour Clémence : l’aquarium de Jeju. Malgré le fait que nous soyons sur une île, c’est le plus grand de toute l’Asie de l’est ! Pour l’atteindre, il nous faut braver une vingtaine de kilomètres avec un affreux vent de face qui nous fait aller à une allure de pèlerin.

On fait une pause repas juste avant d’atteindre notre objectif et nous sommes surpris de retrouver les touristes. Ils ne sont pas durs à repérer, les accoutrements sont tout de suite plus colorés. Cassandre et Clémence vont seules à l’aquarium car son prix est prohibitif. Pendant ce temps, Stéphane doit résoudre un casse-tête.




Les informations qui circulent sur internet au sujet des ferrys coréens sont erronés et ceux que l’on avait prévu de prendre ne fonctionnent plus. Pour retourner à Busan, il nous faudrait prendre un bateau, deux bus et probablement deux jours de trajet. Nous avons donc décidé de prendre l’avion depuis l’aéroport de Jeju pour répondre Fukuoka au Japon. Mais pour cela, il nous faut trouver des cartons de vélos. Stéphane s’emploie donc à écrire à tous les magasins de vélo de la ville, en anglais et en coréen, afin de trouver le graal du cycliste qui prend l’avion. Les filles sortent ravies de l’aquarium, elles en ont pris plein les yeux !
https://strava-embeds.com/embed.jsPour la première fois depuis notre arrivée à Jeju, le temps est gris. Les nuages sont bas et la côte aux roches noires a des allures d’Ecosse. On ne s’en plaint pas car on ne transpire plus des litres à chaque kilomètre. Notre hôtel n’est plus très loin mais on fait une petite pause plage pour peaufiner nos constructions et nos circuits d’eau dans le sable avec Clémence.

Après une douche rapide dans notre chambre, on prend directement la direction de Seongsan Ilchulbong. C’est un immense cratère, stigmate d’une éruption hydro-volcanique. Il faut grimper 250 mètres de marches pour y arriver et Clémence monte tout sans aide, ce qui impressionne beaucoup les autres marcheurs. Le cratère est vraiment impressionnant, complètement recouvert d’herbe, il forme une immense cuvette qui semble forgée par la main de l’homme. Il paraît que le lever de soleil est spectaculaire mais nous n’avons pas la foi de nous réveiller à 5 heures du matin pour y assister. On préfère croire les gens sur parole.






Laisser un commentaire