Le réveil vibre à 8 heures ce matin pour nous rappeler qu’il faut arrêter de se la couler douce. Les jours de flânerie à Busan sont derrière nous. Après un casse-tête de recherches, nous avons trouvé comment sortir de cette gigantesque ville le moins difficilement possible. Pour voyager en transports avec des vélos en Corée, il faut obligatoirement prendre les bus intercités. Mais Busan est étendue alors nos options sont moyennement satisfaisantes. Le terminal de l’ouest est à 22 kilomètres mais avec une grosse côte au milieu. Celui du nord est à 24 kilomètres et emprunte des axes très importants où les cyclistes sont peu protégés. Enfin, celui de Haeundae, quartier de la plage où nous étions hier n’est qu’à 17 kilomètres avec peu de dénivelé et à priori de bonnes pistes cyclables. On décide donc d’opter pour celui-là.
Après un rapide déjeuner dans la chambre, nous démarrons autour de 9h30 pour affronter les boulevards tentaculaires. La ville de Busan se vante de proposer des centaines de kilomètres de pistes cyclables mais la réalité est toute autre. On roule beaucoup sur le trottoir et on finit par se mettre sur la route à chaque fois, quitte à bloquer l’une des trois voies de circulation car la cohabitation sur les trottoirs avec les piétons est complexe. Après 1h20 de navigation non sans encombre car toute une partie de la piste cyclable était en travaux nous obligeant à emprunter de grosses routes dangereuses, on atterrit enfin sur une toute petite gare routière.
https://strava-embeds.com/embed.jsOn tombe directement sur le chef de station qui fait les gros yeux en voyant notre attelage. Il est sympathique comme tout, il pose plein de questions sur nos vélos et il tâte les mollets de Stéphane en rigolant. Il pousse la gentillesse jusqu’à nous offrir des cafés et remplir nos gourdes d’eau fraîche. Quand le bus pour Gyeongju arrive vingt minutes plus tard, il nous aide même à rentrer tout notre barda dans la soute.

Clémence est toute heureuse de prendre ce genre de bus car ils ont des rideaux. Si vous ne comprenez pas trop la logique, sachez que nous non plus. Elle monte dans le bus, s’installe et ferme son rideau. Cela semble lui procurer une immense satisfaction et il n’est pas question de le rouvrir de tout le trajet. Une grosse heure plus tard, nous sommes arrivés à Gyeongju, « petite » ville de 260 000 âmes, autrefois capitale de l’ancien royaume de Silla qui contrôlait la plus grande partie de la péninsule du VIIe au IXe siècle. Un grand nombre de sites archéologiques et culturels datant de cette période ont été conservés. Gyeongju est donc souvent présentée en tant que « musée sans murs » et nombre de ses sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Gyeongju est devenue l’une des destinations touristiques les plus populaires de Corée et nous sommes surpris par le nombre d’occidentaux que nous croisons en nous rendant à l’hôtel. Nous n’en avions pas vu autant depuis que nous avons quitté Séoul il y a presque un mois !







Après avoir grignoté un casse-croute dans une supérette, on se rend au Wolseong Park. Il abrite des tombes du royaume Silla où les défunts étaient enterrés sous de grandes collines toutes vertes, sans faste et sans dorure. Il contient aussi un observatoire, le plus vieux d’Asie de l’Est et l’un des plus vieux du monde entier. Évidemment, il ne paie pas de mine car il est minuscule mais il représente un pan notable de l’histoire scientifique du pays.
Nous poussons la balade jusqu’au pont de Woljeonggyo, qui nous subjugue par son état parfait. Cela n’est pas si étonnant car c’est une réplique de 2018 d’un pont datant des Silla, donc des années 500. Nous retournons ensuite à l’hôtel pour une petite pause avant de ressortir manger et nous promener à vélo dans la ville afin de voir ces lieux mais de nuit cette fois. La ville est plutôt agréable à vélo, on est loin des immenses villes que l’on a pu traverser, et elle a l’avantage d’être assez plate, ce qui fait plaisir aux guibolles. Le pont est sublime de nuit, illuminé de toutes parts. Plus loin, le palais Donggung brille de mille feux. Les bassins qui l’entourent font un effet miroir qui ravit les preneurs de selfie. Clémence s’amuse à monter et descendre des structures mais il est déjà tard alors on prend le chemin du retour à vélo pour aller la coucher.









Gyeongju, trésor historique de la Corée du Sud
Située dans le sud-est du pays, Gyeongju est une ville de 250 000 habitants qui fut autrefois la glorieuse capitale du royaume de Silla, ayant régné sur une grande partie de la péninsule coréenne pendant près d’un millénaire (de 57 av. J.-C. à 935 apr. J.-C.). Aujourd’hui encore, elle conserve un patrimoine exceptionnel : des centaines de sites historiques jalonnent la ville, dont des tombes royales en forme de tumulus, des pagodes anciennes, et des trésors bouddhistes comme le temple Bulguksa ou la grotte Seokguram, tous deux classés à l’UNESCO. Gyeongju séduit par son atmosphère paisible, ses balades à vélo entre les champs et les vestiges, et son rôle unique de passerelle entre la Corée moderne et son passé millénaire.
Mercredi 11 Juin
Les coréens ont une notion du petit-déjeuner très différente de la nôtre. Dans les premiers hôtels où nous avons dormi et où il était inclus, nos espoirs ont vite été douchés. Ils ne proposaient que quelques tranches de pain de mie, parfois des œufs, des nouilles/ramen instantanés et c’était tout. On a donc appris avec l’expérience à se méfier. Mais dans l’hôtel où nous séjournons à Gyeongju, tous les commentaires précisent que le petit-déjeuner est bon et copieux. Par contre, les horaires sont assez matinaux : 7h – 9h30. Cela explique le réveil qui sonne à 8h30 alors que nous ne sommes pas du tout pressés.
On descend se rassasier alors que Clémence dort encore et elle n’est toujours pas réveillée quand on remonte. On la laisse émerger tranquillement, puis on se prépare à visiter les environs. Nos vélos sont délestés de leurs sacoches, ils sont donc plus légers et ça nous permet de rouler plus vite. Heureusement, car la route qui mène au temple de Bulguksa est longue de 15 kilomètres et encore une fois, on nous annonce un itinéraire cyclable qui n’existe pas.







D’accord, le trottoir est peint en rouge pour dire aux vélos qu’ils doivent rouler à cet endroit mais le revêtement est pavé et inégal. Parfois, la végétation avoisinante réduit notre espace à peau de chagrin. On finit par descendre sur la route, quitte à prendre toute la voie de droite pour rouler en sécurité. En haut d’une ascension douce mais difficile sous le soleil de Juin, on arrive aux portes du lieu sacré. On se promène dans les différentes demeures, Clémence se charge de nous montrer tous les Buddha qu’elle voit. Le temple est particulièrement bien conservé et son panache de couleurs sur les toitures est fascinant à observer. On y flâne longtemps, autant pour la beauté du lieu que pour la fraîcheur qu’il réussit à retenir.
L’anecdote
À Gyeongju, on trouve un pain typique appelé « Hwangnam-ppang », une petite brioche fourrée à la pâte de haricot rouge, vendue partout en ville. Tellement populaire qu’un jour, un maire a proposé d’en faire la mascotte officielle de Gyeongju. Lors d’un festival, des étudiants ont même organisé un concours de “lancer de Hwangnam-ppang” — avec des pains en mousse bien sûr ! Le gagnant a réussi à envoyer son faux gâteau à plus de 18 mètres, déclenchant les rires du public et la fierté des boulangers locaux.
Moralité ? À Gyeongju, même les douceurs traditionnelles prennent leur envol.
Après un mauvais bibimbap dans un restaurant moche, on prend une route différente pour aller se promener au bord du lac de Bomunho. Les abords des points d’eaux ne sont jamais aménagés pour la baignade en Corée du Sud. Nous avons un mal fou à trouver un endroit où l’on peut tremper les pieds dans ce pays. On tente notre chance dans le lac mais le sol est vaseux et nos pieds s’enfoncent déjà tout au bord. Clémence est déçue mais elle retrouve le sourire quand on arrive à un Kid’s Café. C’est un concept du pays, vos enfants peuvent jouer dans une grande aire de jeux intérieure pendant que vous consommez, et vous ne payez que vos boissons.



Clémence se régale et on ne réussit à la faire partir que deux heures plus tard pour rejoindre une autre aire de jeu, plus proche de l’hôtel. Elle est tellement sage et impliquée dans ce voyage qu’on essaie de lui faire plaisir dès que l’on peut. On sent que cette aventure représente aussi pour elle une transition du bébé à la petite fille, elle veut prendre beaucoup d’initiatives, elle cherche toujours à aider. Elle pose aussi énormément de questions et elle s’inquiète toujours du programme. Elle sait déjà qu’on doit se coucher tôt ce soir car nous reprenons la route : destination Pohang sur la côte Est.
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