Où tout ne se passe pas comme prévu.

Jeudi 22 Mai

La nuit a été compliquée, probablement dû au départ imminent. On a tourné et retourné tous les deux, sans trop savoir pourquoi et on a trouvé difficilement le sommeil. Le réveil sonne à 8 heures et on se lève de mauvaise grâce mais il faut vraiment tout préparer et tout ranger. On descend les vélos dans la rue puis la remorque et enfin les bagages. Clémence émerge en même temps et après un petit-déjeuner rapide, on peut enfin démarrer. Il est presque 10 heures et l’aventure va commencer !

Deux minutes avant le drame.

Enfin presque… Car dès les premiers mètres, on se rend compte que quelque chose cloche. La direction des deux vélos est instable et fait des mouvements étranges tandis que les disques de frein touchent leurs étriers. Ils étaient comme neuf avant de prendre l’avion car nous avions fait la révision complète chez notre vélociste d’Avignon donc on ne comprend pas trop ce qui a pu se passer. On répère un magasin de vélos sur la route à quelques kilomètres de là où nous sommes donc on s’y rend dans la foulée.

C’est un Texan qui tient la boutique et à peine a-t-il touché aux directions qu’il voit tout de suite le problème. Le vélociste d’hier a fait n’importe quoi avec nos potences et un mécanicien coréen passe vingt bonnes minutes sur nos deux vélos pour tout remettre en place. Il doit même réparer des choses qui n’auraient pas dû être touchées ! On se dit que le gars de la veille, bien que très sympa et serviable, est un peu une patate et nous a fait perdre du temps et de l’argent sur ce coup : 50 000 wons, soit une trentaine d’euros plus tard, les vélos sont vraiment prêts pour le voyage.

Le coréen super sympa qui a réparé nos vélos ne parle pas un mot d’anglais mais il nous donne gentiment des boissons et des barres énergisantes pour le trajet en nous souhaitant bon voyage. Il n’a pas l’air de voir souvent des cyclistes au long cours avec des sacoches et une remorque !

On y est enfin.

Il est donc midi quand on commence vraiment à rouler. Deux heures de perdues sur une journée qui promettait déjà d’être longue puisque nous avions 64 kilomètres à faire. Les vélos roulent maintenant parfaitement et on peut profiter de la beauté de la piste cyclable. Elle est superbement aménagée le long du fleuve Han et il y a des activités et des espaces verts tout le long. Dans d’autres pays/municipalités, les berges du fleuvre auraient été betonnées pour construire des résidences, des hôtels, des bars/restaurants, des routes. Séoul a fait le choix de la verdure et des mobilités douces. On est surpris du nombre de cyclistes que l’on croise pour un jour ouvré. Les coréens adorent le vélo et ils s’équipent avec du matériel de qualité très cher. On observe des vélos de route et de contre-la-montre qui rendraient jaloux des compatriotes dans l’hexagone.

Un arrêt aire de jeu.

La véloroute suit les deux côtés du fleuve si bien qu’il est possible de passer d’une rive à l’autre. C’est ce que nous faisons après une vingtaine de kilomètres pour rallier une grande aire de jeux et se ravitailler en victuailles. Stéphane en profite pour remettre le petit guidon de Clémence et lui ré-installer correctement sa petite selle. On repart après une heure à jouer pour s’éloigner de la ville. Nous l’avions lu mais l’effet est saisissant car la métropole disparaît progressivement pour laisser place à un environnement plus boisé et plus montagneux.

Plus loin, on s’arrête pour goûter dans l’un des nombreux cafés qui longent la voie cyclable. On a beau s’éloigner de Séoul, il y a toujours autant de vélos. Ils nous saluent fréquemment, nous font des pouces en l’air et sont surpris quand ils voient Clémence leur faire coucou sur sa petite selle. Après une longue journée riches en rebondissements, on atteint enfin l’hôtel dans un tout petit patelin très calme nommé Asin. On est donc à une soixantaine de kilomètres de la capitale maintenant et ça se sent car il y a beaucoup moins d’habitations et de monde. En Corée, il est plutôt facile de trouver des hôtels bon marché et celui de ce soir est une perle rare car notre chambre est immense, avec une jolie baie vitrée donnant une très belle vue sur la rivière et les montagnes et possède deux lits doubles. On va pouvoir dormir tranquillement et en profiter car on sait qu’on devra partager notre lit à trois assez souvent.

Clémence prend ses aises au restaurant.

Alors qu’on pensait être au bout de nos surprises, on se rend dans un restaurant proche de la gare. On entame rapidement la discussion avec des Coréens attablés sur la petite terrasse devant. Clémence fait craquer tout le monde comme d’habitude. L’échange ne dure pas lontemps vu notre Coréen très limité alors on rentre s’installer à l’intérieur. Alors qu’on est en train de manger, un des hommes avec qui nous avions discuté sur la terrasse vient nous parler. On le regarde, l’air sûrement un peu stupide car on ne comprend strictement rien. C’est la patronne qui vient à notre rescousse pour nous expliquer en mimant qu’il vient de payer notre repas. Comme ça. Nous n’avons même pas le temps de le remercier qu’il est déjà parti. L’interaction est tellement improbable qu’on éclate de rire. C’est peut-être notre récompense pour compenser le mauvais début de journée.

Vendredi 23 Mai

L’étape du jour ne facture que 44 kilomètres alors nous avons le temps de traîner ce matin. On émerge vraiment doucement et on se lance un peu avant 10 heures. Le café est offert au café de l’hôtel mais comme partout en Corée, il ouvre très tard, autour de 11 heures en moyenne. Nous n’avons pas le temps d’attendre et nous roulons jusqu’à la ville voisine de Yangpyeong-gun où nous trouvons un endroit pour prendre le petit-déjeuner.

Le traditionnel chocolat chaud.

Ça tombe bien car il est juste à côté d’une aire de jeu, notre arrêt matinal incontournable. Cela nous emmène à midi, on prend des salades à emporter dans un petit restaurant et on reprend la route. Mais à peine un kilomètre plus loin, on atterrit sur une gigantesque nouvelle aire de jeu, le spot parfait pour pique-niquer et jouer à cache-cache. Le temps s’étire un peu et on réalise qu’on a à peine fait 10 kilomètres en 3 heures.

Une cabane de pique-nique !

Il faut qu’on accélère un peu le rythme. À bonne allure, on attaque une côte d’un kilomètre à 10% puis le reste du chemin jusqu’au barrage d’Ipo. Il est très étrange avec ses 6 gros œufs posés dessus. On gare nos vélos juste avant et on monte faire une petite marche bien raide jusqu’à un point de vue (160m de dénivelé sur 1000 mètres). Après quelques litres de transpiration en moins, on arrive sur un plateau avec un panorama à 360 degrés.

Un paysage grandiose.

On voit effectivement le barrage plus bas mais aussi toutes les collines environnantes. En redescendant, Stephane fait une petite chute avec Clémence dans le sac à dos et elle se prend l’une des barres dans le menton. Pas un énorme bobo mais assez sérieux pour qu’on aille se réconforter au café voisin avec un généreux goûter.

Les esprits calmés, on remonte en selle pour le dernier segment de la journée. Clémence s’endort et elle manque la traversée du pont de Yeoju. Il ne nous reste plus longtemps maintenant et nous arrivons à l’hôtel vers 18h. Comme souvent en Corée, il fait ancien d’apparence extérieure mais il est très propre et moderne. La chambre est petite mais elle nous suffira. On ressort rapidement pour manger des pizzas dans un restaurant voisin avant de rentrer coucher Clémence.

Restaurant avec vue.


Commentaires

Laisser un commentaire