D’Agen à Bordeaux, la fin d’une première aventure à vélo en famille.

18 Septembre 2022 : d’Agen à Saint-Pierre-de-Buzet

L’essor des véloroutes ne fait que se confirmer en France et les infrastructures s’améliorent rapidement. A Agen, juste avant le fameux pont-canal, un petit café vélo fait office d’atelier et il tombe à point nommé car nous avons besoin de resserrer plusieurs éléments de nos vélos et de regonfler nos pneus. Nous discutons avec la jeune femme qui tient la boutique en ce dimanche, elle nous explique qu’il n’y a pas plus beaucoup de personnel car il est très difficile de recruter. Elle s’excuse de devoir nous laisser nous débrouiller mais nous nous y connaissons assez pour régler des problèmes mineurs tout seul.

Sur le pont-canal d’Agen.

Nous passons le pont-canal et nous croisons des promeneurs pendant de nombreux kilomètres. A vélo ou à pied, les familles profitent des itinéraires cyclables sécurisés pour faire des balades en toute quiétude, un point souvent négligé par les aménageurs.

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A Sérignac-sur-Garonne, nous garons les vélos devant la mairie pour manger un bout à l’Escale. L’endroit est grand et sympathique, Clémence fait toujours son petit effet avec ses grands sourires. Nous mangeons tranquillement à l’abri du soleil qui est un peu violent ce jour, avant de reprendre la route direction Damazan. Ce village est insignifiant mais il relève deux points d’intérêt pour nous aujourd’hui : notre logement du soir s’y trouve et il est à équidistance parfaite entre Toulouse et Bordeaux.

L’attelage devant l’hôtel à Damazan.

Cela veut dire que quand nous y arrivons vers 15 heures, nous avons parcouru la moitié de la distance. Voyager à vélo à la particularité de nous faire trouver à la fois le temps long et à la fois si court. On ne voit pas les journées passer, elle défile à toute allure alors que nous avançons lentement. C’est tout le paradoxe du cyclotourisme et c’est la raison pour laquelle cette pratique dépayse tellement. En partant une semaine, on a la sensation d’avoir quitté la société classique pendant un mois.

Le lac de l’Avison.

Nous garons nos vélos et la remorque devant une bâtisse qui sent la bourgeoise à plein nez. C’est un manoir assez bien entretenu mais dont les années se trahissent facilement. La dame qui vient à notre rencontre et qui tient les lieux est assez âgée aussi. Elle nous raconte sa maison familiale dont elle a hérité quelques années auparavant. Elle est très avenante et elle nous conseille d’aller nous promener autour du lac de l’Avison attenant. C’est ce que nous faisons et nous commandons une pizza au petit bar de la plage, que nous mangeons le soir dans la grande salle à manger de l’immense demeure.

Où nous avons dormi : Le domaine du Balous est une grande demeure, pleine de charme. La propriétaire est très sympathique et vous pouvez y ranger vos vélos en sécurité.

19 Septembre 2022 : de Damazan à Fontet

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Le cyclotourisme provoque des rencontres, c’est indéniable. Ici, un couple de retraités qui nous arrêtent pour connaître le modèle de la remorque et comprendre le système d’attaches. Là, une jeune fille qui nous demande où l’on va et qui donne des conseils sur la route à suivre. Suivre le canal n’est pas bien difficile mais nous l’écoutons tout de même et elle nous avise un restaurant sympathique au Mas-d’Agenais.

Nous roulons une heure pour y parvenir. Comme tous les villages du coin, il comporte son lot de jolis petits édifices et il est agréable de le traverser. Nous posons nos vélos sous la Halle aux blés du 17ème siècle, particulièrement bien conservée. Sous l’ombre bienvenue de cette grande structure, nous croisons plusieurs touristes à vélo. Elle doit être référencée sur un guide car les gens semblent suivre le GPS qui les mène jusqu’ici. Comme d’habitude, la discussion se lance assez vite pour savoir qui va où, par quel chemin et pour raconter les dernières anecdotes.

La Halle aux Blés du Mas-d’Agenais.

Nous mangeons au Bistro de la Halle en compagnie d’Hollandais rigolos qui font le chemin dans le sens inverse. Ils sont plus jeunes que nous, n’ont pas d’enfants et ils s’interrogent sur la difficulté de voyager à vélo avec un bébé de sept mois. Leurs questions nous rappellent nos propres doutes d’avant départ et nous réalisons qu’ils ont été levés en quelques secondes sur la route.

Un autre couple nous pose les mêmes questions au camping de Meilhan-sur-Garonne. Enfin, devant le camping car il est déjà fermé et même le café n’est pas ouvert. C’est l’un des écueils du cyclotourisme hors saison haute, beaucoup de lieux dédiés sont déjà fermés alors que nous sommes seulement fin septembre.

Clémence dort paisiblement.

Peu importe, nous arrivons à Fontet autour de 16h et nous passons un grand portail pour arriver au Clos d’Any, une chambre d’hôtes au cadre verdoyant. Nous sommes en compagnie d’un groupe de cyclotouristes anglais. Ils sont tous retraités et ils nous avouent avoir fui l’Angleterre à cette période pour éviter les obsèques de la reine Elizabeth, qu’ils trouvent ridicule. Une fois Clémence couchée, nous mangeons et buvons ensemble au cours d’une soirée mémorable.

Où nous avons dormi : Le Clos d’Any, une chambre d’hôtes au cadre luxueux.

20 Septembre 2022 : de Fontet à Courpiac

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Le cyclotourisme a deux défauts majeurs qu’il ne faut pas éluder. Le premier, c’est quand vous vous rendez compte 5 kilomètres après être partis que vous avez oublié le doudou à la chambre d’hôtes, cela vous coûte un aller-retour de 10 kilomètres. C’est Stéphane qui se colle à la tâche ce matin après avoir réalisé en jetant un œil dans la remorque que Clémence suçait bien son pouce mais pas avec son petit doudou habituel.

L’attelage avant le faux-départ.

Cela retarde notre départ du matin et nous force à prendre le déjeuner près d’une fontaine en ville, sur le pouce. Ce n’est pas si grave car il fait beau et chaud, et nous prévoyons des étapes courtes pour pallier à la moindre défaillance sans être pris par le temps. L’itinéraire commençait à nous lasser et nous nous languissions d’enfin quitter les bords de canal, c’est enfin chose faite à la sortie de La Réole. Nous sommes toujours sur la V80 qui va de Sète à Bordeaux mais nous traversons maintenant des vignobles vallonées. Jusque là, le voyage n’avait été qu’une partie de plaisir au niveau physique et nous faisons l’expérience de tirer la remorque dans les montées. Evidemment, le rythme se voit ralenti mais ce n’est pas plus mal car l’environnement est agréable.

Petite pause champêtre.

A Saint-Brice, nous rejoignons la piste cyclable Lapébie, du nom d’un fameux coureur cycliste de la région. C’est une ancienne voie ferrée recyclée, on y croise des gares désaffectées et d’anciennes maisons de passage à niveau. La piste traverse la forêt en s’élevant parfois et en descendant ensuite. Nous en sortons sur un kilomètre de montée pour rejoindre notre logement du jour. Et c’est là qu’entre en scène le second défaut majeur des voyages à vélo, surtout avec un bébé. Car quand l’endroit où vous arrivez en fin de journée ne vous plaît pas, vous pouvez difficilement en partir surtout dans des lieux isolés comme celui-ci.

Le domaine Capiet.

Le domaine Capiet est charmant, ce n’est pas là que le bat blesse. La chambre est spacieuse, l’environnement immédiat est agréable. Mais nous avons un souci avec la propriétaire de l’endroit. Déjà à notre arrivée, elle fait des commentaires désobligeants sur la manière dont Clémence est habillée. Nous ne relevons pas car nous sommes habitués à recevoir des commentaires non-sollicités. Mais au repas compris dans le prix de la nuit, elle s’assoit avec nous et tient des propos qui relève du racisme, n’accepte pas la contradiction modérée qu’on lui apporte et ne nous laisse jamais tranquille. Elle nous parle de ses problèmes avec ses voisins, à grand renfort de clichés sur les portugais. Nous ne passons pas une bonne soirée du tout et nous devons prétexter la fatigue pour enfin réussir à aller nous coucher.

Où nous avons dormi : Au domaine Capiet, que nous ne recommandons pas pour les raisons cités au-dessus.

21 Septembre 2022 : de Courpiac à Bordeaux

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