29 septembre 2019
Il était très curieux de traverser un océan, de changer de continent et d’arriver dans un pays où la langue officielle était également le français. Après un vol de huit heures très mouvementé, nous avions atterri à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau à Montréal, Québec, Canada, où nous allions rester pour une période indéterminée. Après les formalités d’immigration et avec la certitude définitive que tous nos papiers étaient en règle, nous avions récupéré nos bagages et une Volkswagen Jetta louée pour deux semaines, puis nous avions pris la route en direction de la petite ville de Mont-Saint-Hilaire, qui s’avérait être une étape parfaite entre Montréal et Québec.
Au volant, nous avions rapidement compris que les Québécois roulaient vite, lorsque les panneaux indiquaient 70 km/h et qu’ils naviguaient facilement à plus de 100. Nous en étions même venus à nous demander si la signalétique n’était pas en miles, avant de nous souvenir que le Canada fonctionnait en kilomètres, comme nous. Prévenus de notre arrivée tardive, nos hôtes du soir, Annie et Richard, nous avaient accueillis chaleureusement et nous avaient mis directement dans de parfaites conditions pour récupérer après ce long voyage. Après une douche chaude réparatrice, nous nous étions endormis rapidement.
30 septembre 2019

Nous nous étions réveillés aux alentours de 7h30 et avions préparé nos bagages afin de nous mettre en route pour Québec, qui se trouvait encore à plus de deux heures. Au moment de remonter les bagages, nous avions réalisé, à notre heureuse surprise, qu’Annie nous avait généreusement préparé un copieux petit-déjeuner. Nous nous étions donc assis autour de la table et avions commencé à discuter avec elle. Elle nous avait appris qu’elle était arrivée au Québec en 1961, depuis sa Lorraine natale, juste après avoir terminé ses études de physio (que l’on appelle plus communément chez nous kiné). La profession étant peu répandue à l’époque au Québec, le gouvernement offrait de nombreux emplois aux Français et autres immigrants. Six mois après son arrivée, elle avait rencontré son futur et toujours actuel mari Richard, un Allemand récemment installé, tout comme elle. Une fois notre petit-déjeuner terminé, nous avions pris congé, un peu à regret, car Annie était attachante, et nous nous étions mis en route pour Québec.
Nous découvrions pour la première fois notre nouveau pays d’adoption sous un beau soleil. Ce qui nous avait frappés d’emblée, c’était qu’il ressemblait fortement à son voisin d’Amérique du Nord : mêmes grosses voitures, mêmes autoroutes, mêmes panneaux de signalisation, mêmes grandes avenues, mêmes magasins.
Deux heures plus tard, nous étions arrivés et avions commencé notre découverte par l’Observatoire de la Capitale, le plus haut point d’observation perché à 221 mètres d’altitude, au 31e étage de l’édifice Marie-Guyart. Les vastes parois vitrées de l’Observatoire offraient des vues plongeantes sur le Vieux-Québec, le fleuve Saint-Laurent, l’île d’Orléans, les contreforts des Appalaches, les cimes des Laurentides, etc. La visite terminée, et l’heure du déjeuner approchant à grands pas, nous nous étions dirigés vers le cœur de la ville, le Vieux Québec, empruntant l’une des rues les plus anciennes, la rue Saint-Louis. Nous avions fait halte Chez Jules, un petit bistrot de quartier proposant des plats délicieux et abordables.

Une fois rassasiés, nous nous étions mis à déambuler et arpenter les jolies petites rues et places. Nous étions d’abord arrivés sur la rue du Trésor, une pittoresque ruelle piétonnière devenue galerie d’art à ciel ouvert. Nous avions pu y admirer des œuvres d’artistes québécois représentant des scènes typiques de la ville de Québec. Puis, nous avions découvert la Basilique-Cathédrale Notre-Dame-de-Québec. Édifiée en 1650, elle avait été reconstruite à deux reprises : en 1759, après les bombardements des troupes britanniques, puis en 1922, à la suite d’un incendie qui l’avait ravagée. Elle avait été déclarée monument historique en 1966 et représentait plus de 300 ans d’architecture québécoise.
Ensuite, nous étions descendus l’Escalier Casse-Cou, le plus ancien escalier de la ville. Construit en 1635, il avait été baptisé ainsi par les habitants du quartier à cause de sa pente raide. Québec comptait près de 30 escaliers permettant de relier ce qu’on appelait toujours ici la Haute-Ville et la Basse-Ville. En bas des escaliers, nous nous étions dirigés vers la jolie Place Royale et son église Notre-Dame-des-Victoires (un tournage de film y avait lieu lorsque nous y étions passés), puis vers la rue du Petit-Champlain, une autre petite rue très photogénique avec de nombreux cafés, restaurants, boutiques, galeries, etc.
Après avoir péniblement remonté l’Escalier Casse-Cou, nous étions arrivés au pied du sublime Château Frontenac, certainement le bâtiment le plus connu de la ville et son emblème par excellence. Avant 1893, il regroupait tous les services administratifs du gouvernement et les salons de réception. Il était maintenant exploité par la compagnie hôtelière Fairmont et portait l’épithète « d’hôtel le plus photographié du monde ». Depuis la terrasse Dufferin, qui se trouvait au pied du château, nous avions profité de belles vues sur le fleuve Saint-Laurent et la région environnante. En hiver, des pistes de luge étaient même aménagées sur cette esplanade longue de 430 mètres. Nous avions ensuite emprunté la Promenade des Gouverneurs, qui était le prolongement de la terrasse Dufferin et bordait la Citadelle de Québec jusqu’aux Plaines d’Abraham, un immense parc créé en 1908 à l’occasion du 300e anniversaire de la ville. Il commémorait les terribles batailles entre Anglais et Français lors de la conquête britannique entre 1759 et 1760.

Grâce à notre sympathique et très comique guide québécois de la Citadelle, nous avions appris de nombreuses choses intéressantes sur l’histoire de cette fortification et du Québec plus globalement. La visite terminée, nous étions retournés à la voiture, épuisés par cette première journée de visite (surtout Cassandre, qui avait parcouru près de 9 km en béquilles !). Une fois arrivés à notre Airbnb, nous avions été accueillis par Sylvain, un Québécois pure souche, très sympathique, sociable et loquace. À peine le temps de nous poser quelques minutes que nous étions ressortis pour dîner, car à Québec, la plupart des restaurants fermaient à 22h, voire même à 21h. Nous avions jeté notre dévolu sur Poutineville, un restaurant spécialisé dans la poutine, le plat traditionnel de la région. Il était à base de frites, de fromage en grains et de sauce gravy, pour la version classique. Ce restaurant proposait une quinzaine de poutines différentes, et nous pouvions même créer la nôtre avec les ingrédients de notre choix. Le repas terminé, nous étions rapidement rentrés à l’appartement, épuisés.
1er Octobre 2019
Avec le décalage horaire, nous nous étions endormis tôt et, fatalement, nous nous étions réveillés tôt aussi. À sept heures du matin, nos yeux étaient déjà grands ouverts pour constater une triste nouvelle : il faisait gris et il pleuvait, le pire des climats pour visiter une ville. Nous nous étions motivés pour quitter notre nid douillet en direction du musée des Civilisations, un endroit très intéressant pour apprendre et comprendre comment s’était construit le Québec d’aujourd’hui à travers son histoire, sa culture et ses traditions. Le musée se composait de deux expositions permanentes et de trois temporaires, et grâce à Cassandre et ses béquilles, nous avions bénéficié de l’entrée gratuite. Il y avait tellement à voir que nous y avions passé 2h30 à naviguer dans le passé du Québec, de ses premiers villages autochtones jusqu’à l’avènement de la métropole de Montréal.
Nous avions ensuite remonté, toujours sous la pluie, la rue Saint-Jean, une rue très populaire et fréquentée. C’était la destination shopping par excellence dans le Vieux-Québec, et l’on y trouvait une multitude de boutiques et de restaurants. Comme la pluie ne s’arrêtait pas, nous avions décidé de visiter l’Hôtel du Parlement, l’édifice abritant l’Assemblée nationale du Québec. Nous avions pu assister à des visites guidées d’une heure, totalement gratuites, et nous ne nous en étions pas privés. Nous avions pénétré dans le hall d’entrée, la galerie des présidents, la salle du conseil législatif et la salle de l’Assemblée nationale, où nous avions même eu la chance d’assister brièvement à une séance avec des députés. La visite terminée, nous avions décidé de rentrer, car il pleuvait toujours.

Le soir, nous nous étions rendus à La Cuisine, un petit bistrot-bar sympathique avec une ambiance « comme à la maison » dans un décor rétro et coloré. Il y avait même des jeux de société et des consoles pour agrémenter le repas. Stéphane avait opté pour la classique ratatouille gratinée et Cassandre pour le pâté chinois, un mets typique du Québec à base de bœuf haché, de maïs et de purée de pommes de terre, superposés dans cet ordre. Cela ressemblait au hachis Parmentier français auquel on aurait ajouté une couche de maïs entre la viande hachée et la purée de pommes de terre. Ce n’était ni exceptionnel, ni mauvais. Conclusion : le hachis était bien meilleur, et nous ne disions pas cela par chauvinisme.

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