17 Mars
Bogota est une ville sportive et le dimanche la majorité des grands axes est fermée à la circulation pour y laisser pédaler les cyclistes. C’est une accalmie pour la ville la plus embouteillée du monde, qui a le droit de respirer un peu. Les bogotans en profitent largement comme nous pouvons le constater en descendant nous promener avec eux. Les marchés ambulants ont installés leurs étals sur tous les espaces de trottoir disponibles. Nous visitons un petit marché qui ne diffère pas tellement de ceux que l’on trouve en France : des vendeurs sans scrupules essaient ici aussi de vous refourguer des produits de mauvaise facture à des prix trop élevés pour la qualité.
Des jeunes du quartier présentent un spectacle de danse, habillés en vêtements traditionnels. Le show est un mélange de danse contemporaine et de hip-hop. Ce n’est pas très réussi mais ils ont l’air de s’amuser et c’est bien le principal pour une si belle journée ensoleillée comme aujourd’hui. En remontant vers chez nous, nous tombons sur une compétition de teqball, un tennis de table qui se joue au pied avec un ballon de foot. Le tournoi n’a rien d’officiel, il s’agit surtout d’un système de montée-descente sur les tables ouvert à qui le souhaite. Nous ne nous y essayons pas mais on profite d’un banc pour admirer le talent de certains des joueurs. Un autre spectacle de danse, plus professionnel cette fois, nous tient captivés et c’est à regret qu’on remonte vers notre appartement où est censé nous attendre notre hôte pour une virée en voiture. Censée parce qu’elle n’est pas là quand on arrive et les quelques jours passés à la côtoyer nous ont bien fait comprendre qu’elle vivait à une heure qui lui était propre.
Nous mangeons un morceau en l’attendant et à son arrivée, nous montons dans sa petite voiture pour une balade presque improvisée. Quand nous lui avons dit que nous souhaitions visiter la cathédrale de sel de Zipaquira, elle s’est gentiment proposée pour nous emmener. C’est une chauffeuse de bus et elle fait même un détour pour nous montrer l’école que son car dessert.
La cathédrale de sel est une église construite à l’intérieur des mines de sel de Zipaquirá, dans la Savane de Bogota, dans le département de Cundinamarca,. C’est aussi un lieu de culte et l’un des sanctuaires catholiques les plus connus parmi ceux consacrés au chemin de croix de Jésus-Christ. Tout ceci est bien sympathique mais rien qui ne justifie de payer presque cent dollars américains à deux pour la visiter. C’est évident le prix pour les touristes et la plupart d’entre eux sont sûrement prêts à dépenser cette somme mais ce n’est pas notre cas, nous qui voyageons sur un budget bien précis. Nous rappelons Xinthia et quand nous lui annonçons le prix demandé, elle s’écrie « que ladrones ! » ce qui nous fait beaucoup rire car cela signifie « quels voleurs » et elle l’a dit indignée.
Pour se consoler, nous achetons des churros que nous partageons à trois puis nous prenons une route plutôt scénique avant de reprendre le chemin de Bogota. A mi-chemin, elle nous arrête dans une échoppe pour nous faire goûter une spécialité : le chocolat chaud au fromage, un mets particulier qui est étonnamment bon. Nous nous rendons ensuite compte de l’ampleur des bouchons à Bogota quand nous nous retrouvons à l’arrêt à 25 kilomètres de l’entrée de la commune. La grande majorité de ces ralentissements trouve d’ailleurs sa source dans les péages, très fréquents et très chers en Colombie. Une fois passé cet obstacle, Xinthia roule à toute berzingue dans la nuit noire et sa voiture montre plusieurs fois d’énormes signes de faiblesse qui nous font bien rigoler. Arrivés en un seul morceau à la maison, nous filons tous dormir sans demander nos restes.
18 Mars
Bogota trône déjà à 2800 mètres d’altitude et il faut encore grimper 400 mètres pour arriver au sommet du Cerro de Monserrate. La vue y est évidemment sublime mais il faut reprendre son souffle quelques minutes avant de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Enfin, pour le cas de figure où vous montez à pied, ce que nous n’avons pas fait. Non, nous avons pris le téléphérique puis nous avons emprunté un petit escalier de rien du tout qui a réussi à nous essouffler. L’altitude est comme les chiffres, elle ne ment jamais. Le ciel est d’un bleu éclatant sur la cime de cette montagne millénaire et nous découvrons que c’est un excellent spot à selfies au vu de tous les touristes occupés à sourire à leurs appareils photos.
De ce perchoir, on s’aperçoit des dimensions tentaculaires de la ville, qui s’étend à perte de vue, et sa géographie car c’est un vaste plateau entouré de montagnes. Le centre se réserve les buildings et les larges avenues, la banlieue lointaine dévoile un amas de rues anarchiques sans réelle logique où vivent huit millions de personnes. Il pourrait être difficile de se déplacer mais la nature enthousiaste des bogotans ne rend jamais l’expérience désagréable. Ils sont chaleureux et souriants dans leur grande majorité, prenant leur mal en patience quand il s’agit de prendre le bus. Ils vivent à un rythme différent qui est loin d’être désagréable, passant beaucoup de temps dehors comme peuvent en témoigner les longues rangées de joueurs d’échecs qui pullulent dans les rues.
La ville possède aussi un nombre difficilement quantifiable de musées, ce qui permet de se réfugier assez facilement quand l’une des pluies soudaines s’abat sur la capitale. Nous en visitons plusieurs, un musée de la fleur, un autre sur l’art antique ou encore celui sur l’histoire de Bogota. Nous ne sommes vraiment pas pressés car nous passons une semaine ici là où les guides conseillent trois jours. Mais nous ne sommes pas en voyage express et nous voulons profiter de cette liberté pour s’imprégner au maximum de la culture colombienne.

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