Ce parc était le tout premier crée en Nouvelle-Zélande et le quatrième mondialement, il était donc évidemment devenu site protégé par l’UNESCO. Son plus fameux sentier de randonnée, le Tangariro Crossing, faisait vingt kilomètres de long et vous menait à travers la montagne pour découvrir le lac bleu et le lac d’émeraude. Il avait évidemment servi au tournage de la trilogie du Seigneur des Anneaux notamment pour la montagne du destin. Seulement, le temps y était souvent très capricieux et la promenade était impossible si la pluie était au rendez-vous. On arrivait donc à l’hôtel pour s’entendre dire qu’aucune navette ne partirait le lendemain matin. C’était fâcheux mais la météo jouait contre nous. Nous profitions du spa inclus dans le prix de la nuit puis on mangeait un steak dans le bar voisin, le Schnapps, où la télé et la sono diffusait des morceaux kitsch des années 90. Le lendemain, on en profitait quand même malgré le temps maussade pour se promener sur les sentiers les plus bas de la montagne. Elles n’étaient pas exceptionnelles mais elles avaient au moins le mérite d’exister et de nous permettre de nous dépenser un peu. A midi, on prenait la direction du nord via la route 39 et puisque le temps était à la pluie, on se mettait d’accord sur une activité d’intérieur.
Les caves à lucioles de Waitomo faisaient office de passage obligé de l’île du Nord. On voyait régulièrement sur internet des photos de cet endroit où les lucioles recouvraient le plafond des grottes d’un bleu fantastique et on était curieux de voir par nous-mêmes. La file d’attente frôlait l’heure sur place, à cause d’une abondance de bus remplis de chinois. On patientait sagement assis sur un des bancs en bois de la structure toute en bois elle-aussi de l’accueil du lieu. Une grande verrière arrondi recouvrait l’ensemble pour lui donner un côté futuriste. Sur un des murs, une affiche annonçait l’ambition du gouvernement néo-zélandais de supprimer la cigarette de tout le pays d’ici 2030. On trouvait cette politique de santé publique ambitieuse mais on s’étonnait de ne l’avoir vu nulle part ailleurs et de n’en entendre jamais parler. Le tour de notre groupe arrivait, il était composé à grande majorité de chinois et de quelques anglophones avec un couple d’espagnol. Le premier arrêt de la visite était une formation de stalactites au fond d’une salle avec la particularité de résonner. Le guide, surnommé George Clooney par lui-même, proposait à qui le souhaitait de pousser la chansonnette. Le jeune espagnol se lançait et entonnait un chant typique très joli qui était chaleureusement applaudi par la foule. L’une des familles chinoises optait pour l’hymne national repris en chœur par le reste des compatriotes et c’était très joli aussi. On descendait ensuite via un escalier en colimaçon et en fer vers l’objet de notre visite.





On montait dans des petites embarcations et le guide nous répétait pour la millième fois qu’il fallait un silence parfait pour voir les lucioles dans des conditions optimales. Ces petits insectes, de la taille d’un moustique, n’étaient pas sensibles au bruit à proprement parler mais aux vibrations faites par les sons qui venaient les frapper sur les parois, ils prenaient alors peur et se cachaient des regards. Mais cette information ne semblait pas avoir été transmise aux deux groupes de chinois présents sur nos deux bateaux. Un enfant en très bas âge se mettait à hurler, pauvre petit père, dès qu’on était plongés dans le noir complet et un couple ne pouvait s’empêcher de commenter tout ce qu’ils voyaient, c’est-à-dire absolument rien puisqu’ils faisaient trop de bruit.
C’était un cercle vicieux dont le guide essayait de nous sortir en intimant à tout le monde de se taire mais le bébé n’était pas vraiment en âge de comprendre et il ne cessait pas pour un sou. La visite était donc décevante, nous apercevions quelques lucioles par-ci par-là mais rien d’extravagant comme peuvent le montrer les photos promotionnelles. Le contexte parfait pour apprécier les cavernes était réservé aux personnes aisées qui avaient les moyens de s’offrir le tour privé où l’on laissait aux lucioles le temps de se reposer. Les pauvres insectes étaient pris dans un tourbillon constant de touristes venus les déranger dans leur paisible retraite et nous nous rendions compte de cela en sortant à l’air libre. On ne nous reprendrait plus à perturber un cadre naturel pour le simple plaisir de nos yeux.
Dans notre remontée vers Auckland et son aéroport, l’arrêt suivant était Hamilton. Quatrième ville du pays, elle comptait 170.000 habitants et vibrait grâce à son importante communauté étudiante. On y arrivait tardivement et on était accueillis par une petite famille indonésienne avec une enfant de six ans très curieuse et très éveillée. Elle ne cessait jamais de nous poser des questions, ce qui nous amusait beaucoup mais sa maman avait peur de nous déranger et probablement d’avoir une mauvaise note sur Airbnb. Nous n’étions pas difficiles, à partir du moment où la description correspondait à l’endroit et que c’était propre, on donnait le maximum d’étoiles possibles. Après un court détour par le centre commercial sans âme de l’autre côté de la rue, on sombrait dans un sommeil profond.





Les jardins botaniques d’Hamilton s’organisaient en pays. On pouvait rentrer dans des espaces consacrés à la Russie, au Japon, à la France etc. C’était très inventif et surtout ludique pour les enfants car cela permettait d’expliquer vaguement les différences culturelles par des exemples concrets. Du côté nippon, on tombait évidemment sur un jardin zen avec la petite mare, les nénuphars et le petit pont typique. Pour notre pays, on découvrait un exemple taille réduite d’un jardin à la française très symétrique. On naviguait entre l’Egypte, l’Inde, l’Italie, l’Angleterre en appréciant la beauté de la flore. L’un des plus grands de tous rendait hommage à la culture maori en mettant en avant les méthodes de pousse traditionnelles d’avant l’arrivée des colons. L’art n’était pas en reste avec un jardin Alice au Pays des Merveilles, un autre rendant hommage au surréalisme, au rococo etc. Sans même s’en rendre compte, on passait trois heures à flâner et à essayer de prendre des photos artistiques sans vraiment jamais réussir.
Après onze jours à bouger non-stop, on décidait de vite arriver à Auckland, de se faire un cinéma et de se reposer avant l’avion du lendemain. Encore une fois, notre hôte Airbnb était une jeune femme très sympathique avec un chien extrêmement peureux, si effrayé par nous qu’il en devenait drôle. On sortait faire un petit footing puis on restait dîner avec elle. Comme tous les néo-zélandais rencontrés jusqu’ici, elle était prolixe sur son pays et n’hésitait pas à fournir de bons conseils. Elle nous indiquait d’ailleurs de bien anticiper notre départ le lendemain matin pour éviter les bouchons.

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