Aventure volcanique en Nouvelle-Zélande : Frying Pan Lake, Wonderland et geysers

La culture maori était vraiment mise en avant par le gouvernement et les néo-zélandais et cela se ressentait dans le quotidien. On croisait régulièrement des groupes mixtes composés de blancs et de maoris alors que ça n’était jamais arrivé en Australie. La seule fois où nous avions vu un blanc avec des aborigènes, le vieil homme occupait la fonction de moniteur de centre aéré. C’était rafraichissant et bien que tout n’était probablement pas parfait, on y voyait une amélioration. Ce pays allait dans le bon sens, en doublant notamment presque tous les panneaux dans la langue des natifs. On se rendait au Marae de Ohinemutu afin d’admirer des statues anciennes. Les Marae étaient les lieux d’interaction sociale dans les cultures polynésiennes, l’équivalent du forum grec, et les statues ornaient le jardin de la communauté. Ici, elles brillaient de rouge, certaines étaient petites et d’autres gigantesques mais toutes avaient été gravées de mille détails : des stries sur le corps pour représenter les veines, des yeux globuleux et parfois des armes en main pour inspirer la peur et le respect. On observait de longues minutes ces œuvres d’art si différentes de ce qu’on avait pu voir dans nos vies et on appréciait la place accordée aux premiers propriétaires de cette terre ancestrale.

Airbnb nous menait chez une vieille dame à la carrure imposante qui vivait dans une petite bicoque en bordure de ville. Deux gros chats paresseux trainaient sur le haut du canapé pendant qu’elle regardait The Chase, jeu de culture générale équivalent à Qui veut gagner des millions ?, avec passion. Elle ne manquait aucune des éditions australiennes, néo-zélandaises et britanniques qu’elle captait sur son écran et elle était plutôt douée, répondant à beaucoup de questions. La ville de Rotorua ne présentait pas un nombre d’attractions faramineux, on décidait donc de rester manger avec Gloria. Elle était d’excellente compagnie et nous étions ravis de partager nos expériences avec elle. Elle nous surprenait au petit-déjeuner avec du bacon et des œufs en quantité abondante. Cela nous collait bien au corps pour reprendre la route numéro 5 jusqu’à Taupo. La région était très volcanique et de nombreuses bizarreries se disséminaient le long du parcours. On s’arrêtait en premier lieu au Frying Pan Lake, un lac bouillant de quatre hectare où la légende raconte qu’un jeune homme y est mort en sauvant son chien. La température de l’eau y avoisinait les soixante degrés, on évitait d’y tremper les pieds.

Nous atterrissions ensuite à Waiotapu (les eaux sacrées, en maori) pour visiter le Wonderland, un circuit touristique autour de bassins volcaniques. Le plus grand d’entre tous avait gagné le surnom de « la palette de l’artiste » grâce à ses différentes teintes, le jaune chevauchait le bleu qui cédait sa place au rouge. On grimpait la quelque dizaines de marches vers un point de vue pour l’admirer d’en haut et le dégradé de couleurs surprenait vraiment. On glissait ensuite vers la Champagne Pool, qui n’avait pas la couleur du breuvage français mais la consistance, avec cette multitude de bulles qui grimpaient sans arrêt vers la surface. Les guides déconseillaient vivement de se servir un verre puisque le liquide oscillait entre soixante-dix et deux cent degrés.

Le reste du parcours était balisé comme un magasin Ikea et tous les touristes se suivaient sagement le long des allées. On découvrait ici une piscine de sulfure, là un lac à écho, le tout agrémenté de dizaines de geysers qui vous surprenaient en explosant d’un coup sec. De retour sur la route 5, on faisait un arrêt obligé à une énorme cascade tonitruante puis on s’arrangeait pour être au pied d’un barrage à 17h. c’était l’heure de l’ouverture des vannes et on observait du pont une vague immense et continue venir remplir le lit de la rivière jusqu’à recouvrir certains arbres. A dix-neuf heures, on se présentait à l’entrée du Samuraï Lodge, un hôtel miteux pour backpackers, qui n’avait rien de japonais. La palissade en bois de l’entrée facturait un piteux état, certaines lattes étaient percées, d’autres manquaient carrément.

Les toits étaient recouverts de tôle ondulée passée d’âge et un gamin de quinze ans tenait la réception d’un air arrogant. Il prenait un air tellement important à l’heure de nous enregistrer qu’on retenait un fou rire. La chambre était petite et humide, les douches sales et l’eau chaude y était limitée. L’envie d’y passer des heures ne nous atteignait pas et nous allions nous faire à manger dans la salle commune où un débat faisait rage. Les voyageurs voulaient regarder l’inévitable Seigneur des anneaux pendant que le patron de l’auberge n’était pas enchanté car la trilogie passait absolument tous les soirs sur la télévision partagée et il tentait en vain d’expliquer qu’il n’en pouvait plus. Comme il n’était pas client et en forte minorité, Gollum et ses amis passaient trois heures sur l’écran alors que nous allions nous coucher tôt.

Nous retrouvions la civilisation en se garant sans payer dans le centre de Wellington. C’était la capitale du pays, bien protégée par une baie venteuse et aérée. L’ensemble donnait un côté carte postale, la ville n’était pas trop haute et se fondait bien dans les montagnes avoisinantes. Ce n’était pas une belle journée, on se faufilait dans le musée national qui était à notre grande surprise très intéressant. L’Australie et la Nouvelle-Zélande tiraient grande fierté de leur participation à la Seconde guerre mondiale et ils en faisaient des tonnes à chaque occasion. Là, dans le musée, une exposition géante retraçait le souvenir de la bataille de Galipoli. Des statues fortement réalistes de sept mètres de haut ou de long représentaient ici un soldat, là une infirmière etc, tous en situation de combat. Le mot impressionnant était parfois galvaudé mais en cette occasion, il seyait parfaitement à la situation. Nous étions bluffés par cette exposition mais aussi par le musée en général. Très ludique, dans la veine anglo-saxonne, il retraçait l’histoire de la Nouvelle-Zélande en réussissant la prouesse d’être adapté à tous les publics.


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