La suite de l’aventure, à la découverte de la Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande ! Terre de mythes, de légendes et de fantasmes. Un pays que l’on imaginait de France, qu’on inventait dans nos pensées. C’était littéralement le point le plus éloigné possible sur la carte. Quand quelqu’un disait qu’il voulait partir au bout du monde, il ne pouvait pas aller plus loin. C’était avec une excitation prononcé qu’on atterrissait sur le tarmac de l’aéroport d’Auckland. Cela faisait un an jour pour jour que nous avions atterri en Australie, une année qui en paraissait mille tant nous avions vécu d’aventures. C’était un sentiment étrange, celui d’avoir expérimenté dix vies en 365 jours. Et on repartait pour un tour. Il était 21h30 quand on foulait le sol néo-zélandais pour la première fois et on commandait rapidement un Uber pour aller au Airbnb du jour.

Nous arrivions dans la maison d’un immigré indien très gentil qui sous-louait sa demeure, comme beaucoup, sur le site communautaire. Bien loin de l’esprit initial du site, il ne vivait pas avec ses hôtes et l’hygiène laissait vraiment à désirer. On comprenait assez rapidement que son objectif était principalement financier. Pour espérer retourner en Australie, il fallait que l’on transmette aux autorités une demande de second visa. Tout était en ordre pour nous car nous avions travaillé le temps nécessaire aux endroits nécessaires mais on voulait faire la démarche le plus tôt possible afin d’être sûrs d’être accepté sur le territoire pour notre retour un mois plus tard.

Nous n’étions pas venus pour les villes mais on ne se privait pas de visiter Auckland, plus grande ville néo-zélandaise que beaucoup confondaient pour sa capitale. En venant d’Europe, toutes les grandes villes d’Océanie avaient l’air de grosses banlieues, les centres-villes ne se définissaient pas clairement et on tombait rapidement dans des zones pavillonnaires sans âme. On se rendait tout d’abord au Mont Eden, un volcan endormi de la ville doté d’un énorme cratère. Il offrait une vue imprenable sur la baie, dévoilant ses formes et ses reliefs. On traversait ensuite la ville à pieds afin de se restaurer avec des amis  français expatriés à Auckland.

Ils nous donnaient quelques conseils sur la Nouvelle-Zélande notamment deux précieux : ne jamais se fier aux temps de parcours de Google Maps et faire attention aux projections des camions sur les pare-brises. On montait à bord d’un ferry pour découvrir l’autre côté de la berge et se mêler aux locaux sur des promenades de bord de mer. Sur un ponton, des enfants maoris jouaient à sauter dans l’eau sous le regard bienveillant des pêcheurs asiatiques. On faisait doucement demi-tour en reprenant le bateau puis en flânant dans les artères commerciales d’Auckland.

Notre voyage ne commençait réellement qu’en ce quatorze février quand on récupérait la voiture de location. Nous prenions directement la direction d’un des points les plus emblématiques de l’île du Nord côté ouest, Piha Beach, qui était la plage la plus prisée du pays. Un show télévisé nommé Piha Rescue mettait même en scène les maitres-nageurs de l’endroit, faisant d’eux des stars nationales. Il fallait reconnaitre que la plage avait un cachet immense avec le Lion Rock qui sortait de l’eau turquoise submergé par les vagues successives que prenaient des surfeurs, petits ou grands, sans jamais s’essouffler. On marchait un long moment les pieds dans le sable humide à observer ces gens vivre une vie si différente de la nôtre.

Nous remontions en voiture et nous partions en direction de la côte est pour faire la randonnée menant à Cathedral Cove, une arche naturelle creusée dans la roche et menant à une plage cachée. C’était à cet endroit qu’avaient été tournées des scènes du Monde de Narnia, celles où les enfants arrivaient à Narnia dans le second film. Le paysage était comme toujours grandiose, l’eau bleu et le sable fin se mêlant à l’à-pic de la falaise. Nous n’étions pas pressés de remonter les quarante-cinq minutes de marche mais il le fallait bien pour rejoindre la voiture et on y arrivait trempés de sueur. On s’achetait une bouteille d’eau et on sautait vers notre arrêt suivant.

Pour rester dans le thème du cinéma et après une bonne nuit de sommeil chez l’habitant, on arrivait sur le lieu de tournage du Seigneur des Anneaux et du Hobbit. Immense attraction touristique, le site couvrait une surface énorme et promettait de vous immerger complètement dans l’univers de Tolkien. On montait dans notre bus et celui-ci nous déposait à l’entrée de Hobbiton. Dans un groupe rempli majoritairement de chinois, on gambadait dans la Comté. Cependant ce n’était pas exactement l’univers féérique promis puisqu’un autre groupe de touristes se trouvait dix mètres devant nous et qu’un autre groupe n’allait pas tarder à arriver dans notre dos. Le guide faisait honorablement son travail, répondant à toutes les questions avec précision et semblant connaître son sujet véritablement sur le bout des doigts.

On saluait le degré de détail du décor, des costumes aux palissades et on apprenait qu’une équipe énorme de jardiniers travaillait à la conservation du lieu. Ainsi parfois, nous passions devant une des petites maisons rondes typiques pour trouver un membre du personnel à genoux en train de tailler l’herbe ou d’arroser les fleurs. On s’amusait aussi à reproduire les scènes mythiques aux endroits que nous reconnaissions, le fameux « i’m going on an adventure » de Bilbo étant le plus évident de tous. Plus nous montions et plus les maisonnettes devenaient grandes car elles étaient véritablement utilisées pendant le tournage. Celles du bas de la butte étaient petites car elles n’étaient jamais au premier plan et la différence de taille ne se voyait pas dans les scènes tournées de loin. Bientôt, les maisons de Bilbo et Sam se dévoilaient à nos yeux et on pouvait y prendre des photos.

Elles étaient de tailles correctes mais à notre grande déception, elles étaient vides. Toutes les scènes d’intérieur du village avaient été tournées dans les studios de Wellington. Toutes, sauf celles qui avaient lieu dans le Dragon Vert, le bar restaurant du village. Notre ticket d’entrée nous donnait droit à une bière gratuite, nous la buvions donc en déambulant dans l’enceinte de ce lieu mythique du cinéma. En fond sonore, une bande passait des musiques aux accents celtiques qui collait parfaitement à la scène et malgré la foule dense de touristes, l’expérience restait agréable.

Pour retrouver un peu de calme, on reprenait la voiture en direction du Mont Maunganui, un pic au bout d’une péninsule. Le chemin de randonnée entourait la colline en pente douce mais la montée était néanmoins difficile et on arrivait en haut en sueur. La vue était imprenable, encore une fois, avec l’océan qui frappait doucement la ville de son ondée inlassable.


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