Explorer Coral Bay et trouver un job à Perth

Notre organisme commençait à s’adapter naturellement, notre horloge biologique était réglée comme une horloge. On se réveillait maintenant avec le soleil autour de huit heures et après avoir avalé un rapide déjeuner et s’être douchés, nous étions déjà partis. On terminait la visite du Cape Range National Park par un fantastique canyon. La route qu’il fallait emprunter serpentait sur une crête qui longeait une falaise de pierre rouge. C’était une vision à couper le souffle et j’en profitais pour prendre des plans au drone pendant que Cassandre prenait des photos. On s’en mettait plein les yeux avant de descendre à deux heures de route au Sud. Coral Bay était une petite ville côtière avec le charme des endroits où les gens viennent prendre du bon temps en vacances.

La grande plage de sable fin était toujours bordée par une eau turquoise comme tout le long de cette côte ouest australienne. Nous bronzions deux petites heures avant de grignoter un sandwich à la boulangerie du coin et de reprendre la route. Quelques heures plus tard, nous étions à Carnarvon, une petite bourgade de quelques milliers d’habitants. On y réservait une chambre dans un mobile-home puis on allait déguster un fish & chips dans le seul restaurant ouvert de cet endroit. On finissait la journée par un film, ce qui ne nous était pas arrivé depuis belle lurette.

On retardait l’arrivée à Perth parce que ça signifiait inexorablement que les vacances se terminaient et qu’il fallait sérieusement envisager de reprendre un travail difficile pour poursuivre le voyage car le compte en banque se rapprochait doucement mais sûrement du zéro. Ça faisait déjà deux jours que nous épluchions les annonces et rien ne semblait vraiment intéressant. Nous n’étions pas difficiles mais il était compliqué de slalomer entre toutes les arnaques et autres tentatives d’exploitation de la main-d’œuvre pas chère que nous étions. Cassandre fouillait les groupes Facebook quand elle repérait une offre alléchante. Je décidais d’employer la manière forte et je contactais directement la personne en message privé en lui indiquant que nous étions mobiles, flexibles et ultra motivés.

J’allais même jusqu’à lui proposer de passer au bureau de son agence dans les heures qui suivaient. À notre grande surprise, elle acceptait et nous demandait de la retrouver deux heures plus tard. Pile à l’heure au rendez-vous fixé, on se présentait et après une brève discussion, elle nous disait : « Votre niveau d’anglais est très bon, malheureusement pour ce job l’employeur recherche des bilingues natifs de pays anglophones. » Pour avoir fréquenté des irlandais et des écossais, on ne voyait pas bien comment notre accent était plus compliqué à comprendre mais on ne faisait pas la remarque. Cassandre lui demandait de nous appeler à la première opportunité et qu’on sauterait sur l’occasion. Elle nous promettait de le faire mais nous avions appris à nous méfier des promesses en Australie.

On prenait possession du Airbnb que nous avions loué pour une semaine. Un vieux monsieur un peu voûté nous accueillait avec son fils plus jeune que nous. Leur annonce était en ligne depuis un an et personne n’avait encore réservé via le site, ce qui ne nous étonnait pas tellement. Cassandre l’avait choisi pour son prix mais la description ne faisait pas rêver. Une fois dedans, l’endroit n’était pas si mal. C’était une colocation pour étudiants chinois qui se rendaient à l’université de Perth et tout ce qu’on pouvait désirer se trouvait à portée de main. O

n passait le week-end à visiter Perth, ses plages et son quartier hipster de Fremantle. L’atmosphère de la ville se voulait paisible et aérée. Nous avions été prévenus que Perth était venteuse mais c’était tout de même surprenant de sentir ce vent constant qui ne semblait jamais s’arrêter. Il rendait la chaleur supportable mais il était pénible sur les plages où le sable s’insinuait partout en volant dans tous les sens.

Peu après le réveil le lundi matin, je recevais un appel d’un numéro inconnu. Je décrochais et me retrouvais en relation avec Paul Mart, le manager d’une usine de foin. Il me demandait si on était disponible pour démarrer rapidement puis il m’expliquait les modalités du job : des semaines de six jours suivis de quatre jours de repos avec une alternance entre des shifts diurnes et nocturnes. Dans les faits, ça donnerait six nuits de travail, quatre jours de repos, six jours de travail, quatre jours de repos. À répéter jusqu’à l’épuisement. Chaque journée/nuit de travail durerait douze heures et on se préparait mentalement à puiser dans nos réserves mentales.

Paul me proposait de passer le voir le lendemain pour qu’il nous présente les lieux et je voyais Cassandre me faire des grands signes négatifs de la tête. Je ne comprenais pas ce qu’elle faisait mais elle mimait ensuite Rottnest Island avec la bouche et je tiltais. Nous avions prévu d’aller visiter la petite île le lendemain alors je proposais mercredi à notre futur boss. Ça ne lui posait aucun souci et il raccrochait en me promettant d’envoyer toutes les informations par SMS dans la foulée. En effet, mon téléphone sonnait une fois et nous découvrions l’adresse du travail. New Norcia, 1h50 de route de Perth. Ça ferait l’affaire.


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