Voyage à Bali : Entre Chaos et Sérénité

La nuit avait été chaotique. D’une part, notre chambre ne comportait pas de vraies fenêtres et en plus, elle donnait sur une rue envahie de scooter. On y ajoutait le bruit d’un bar qui proposait de la musique excessivement forte et on avait un sommeil pas franchement réparateur. Après un petit-déjeuner à l’hôtel, on attendait la personne qui devait nous emmener au port. Le monsieur à l’accueil nous avait bien dit qu’on viendrait nous chercher mais un agent de la compagnie de bateaux passait en coup de vent nous donner des étiquettes et repartait.

On était un peu circonspects alors qu’on se dirigeait vers le port. Aucune information n’était disponible et on se repérait à la meute de touristes déjà présents, en espérant que quelqu’un soit sûr d’avoir raison. Des employés de la compagnie plutôt mal aimable confirmaient à d’autres voyageurs que l’endroit était le bon et ils leur disaient d’attendre. On patientait donc jusqu’à ce qu’un monsieur vêtu du t-shirt de la société de bateaux vienne nous parler en balinais puis parte avec nos bagages. Un peu étonné, on se mettait à le suivre mais le flot de passagers nous empêchait d’avancer. Cassandre réussissait à être à distance raisonnable mais je les perdais complètement de vue.

Sauf que c’était elle qui détenait les tickets et je me retrouvais donc sur le quai sans savoir où aller. Les employés à qui je demandais mon chemin me demandaient mon ticket et me signalaient que je ne pouvais pas monter sans billet. J’étais un peu perdu quand Cassandre me retrouvait. Elle s’était énervé sur l’employé qui lui avait évidemment réclamé de l’argent parce que monsieur avait tiré nos valises sur cinq cent mètres. Elle lui avait passé une soufflante qu’il n’était pas près d’oublier et qu’il n’avait pas souvent dû entendre venant d’une femme.

Le voyage jusqu’à Gili Air se passait plutôt correctement et on n’était pas mécontents de découvrir que notre hôtel pour la nuit était très calme et notre chambre bien spacieuse. On profitait un peu de la plage et on s’essayait au snorkelling mais l’agitation de la mer rendait l’exercice plutôt difficile. J’abandonnais rapidement alors que Cassandre persistait plus longtemps. On se prélassait encore une heure sur nos serviettes avant d’aller se doucher et de ressortir pour le coucher du soleil. Les couleurs sur la partie ouest de l’île donnaient au paysage une teinte rosée absolument magnifique et j’en profitais pour filmer quelques plans au drone pendant que Cassandre s’occupait des photos.

On remontait la promenade pour trouver un endroit où boire un coup. On s’installait dans un petit restaurant très sympathique où l’on pouvait s’allonger à moitié sur des banquettes en sirotant une bière. Une réflexion nous venait alors à l’esprit. C’était le premier moment depuis notre arrivée à Bali où on se sentait bien. Pas de stress, personne pour nous alpaguer sans cesse, pas de bruit de scooter.

On appréciait vraiment ces moments de calme et la soirée se déroulait parfaitement. On allait boire un dernier verre dans une échoppe de bord de plage où un indonésien chantait des classiques de la chanson populaire au clair de lune. On rentrait à l’hôtel ravis de notre soirée. On se réveillait paisiblement. Hormis l’appel à la prière de la mosquée, rien n’avait perturbé notre sommeil. Nous étions même contents d’avoir profité de ce moment culturel si rare par chez nous. Après un petit-déjeuner pas terrible, on se dirigeait vers la meilleure partie de l’île pour y faire du snorkelling. La mer était haute, la plage n’existait plus et il nous fallait aller tout au nord pour trouver une bande de sable. On y posait nos serviettes et on allait jouer un temps sur une balançoire immergé dans l’eau.

C’était avant que l’emplacement soit envahi, majoritairement par des filles qui voulaient se faire prendre en photo. On observait le manège, un couple passait, la jeune femme voyait l’endroit et demandait à son compagnon d’immortaliser cet instant. Des jeunes mariés, visiblement en lune de miel, y passaient plus de trente minutes accompagnés d’un photographe. On oubliait très vite l’idée de nager. Le courant était trop puissant et le sol marin faisait extrêmement mal au pied. On lézardait au soleil et au bout de quelques heures, il devenait vraiment trop intense et on battait en retraite. On mangeait un bout dans un petit warung puis on récupérait nos bagages à l’hôtel pour se diriger vers le port. C’était le début de notre calvaire.

Le bateau était prévu à 14h45. On était bien évidemment préparés à ce qu’il soit en retard et il arrivait à 16h. Le temps d’embarquer et de récupérer des passagers sur l’île voisine, on partait à 17h. Et c’était à ce moment précis que le véritable cauchemar commençait. Le bateau fonçait à une allure dingue, il prenait des creux et venait taper sur l’eau dans un vacarme assourdissant. L’océan entrait de tous les côtés et on commençait à craindre sérieusement pour nos bagages. Je fermais les yeux et fixais un point au loin dans mes pensées. Le tangage du bateau faisait monter une envie de vomir en moi et l’odeur de celui de la dizaine d’autres passagers n’arrangeait rien.

Des gens hurlaient sur les employés du bateau parce qu’ils riaient aux éclats de nous voir dans cet état. On sentait qu’ils prenaient un malin plaisir à maltraiter des touristes de la sorte. Après deux heures interminables, on arrivait de nuit au port de Padang Bay. Ici encore, des chauffeurs de taxi venaient nous harceler à la tombée du bateau. On les envoyait paître car nous n’étions clairement pas en état de prendre des pincettes. Une jeune française s’embrouillait avec un des salariés qui la prenait de haut en se marrant. On récupérait nos valises sans la moindre goutte d’eau dessus par un miracle inespéré.

On filait de cet endroit en slalomant entre les marchands en tous genres. On trouvait un taxi plus loin dans la ville et on arrivait à l’hôtel vers 20h complètement exténués. J’étais obligé de prendre des médicaments parce que la traversée m’avait bousculé l’oreille interne. On sortait manger sans grand entrain et on finissait dans un restaurant où l’on se nourrissait d’une nourriture moyenne pour un prix trop élevé auquel ils ajoutaient encore évidemment des taxes cachées pour les touristes. On allait se coucher après ce qui était probablement la pire expérience de toute notre année. Dégoutés par cette expérience, on restait enfermés dans un hôtel jusqu’à notre retour vers la France.


Commentaires

Laisser un commentaire