On se levait à 8h et on attaquait la journée par le même petit-déjeuner que la veille. A neuf heures pétantes, on enfourchait les vélos de location et on pédalait en direction des rizières de Tegalalang. On croisait un américain d’une soixantaine d’années sur sa bicyclette et il se proposait de faire un bout de route avec nous en sortant des sentiers battus. On se rendait compte que la route ne faisait que monter et on arrivait à destination bien fatigués après onze kilomètres de pente. La vue sur les rizières valait le coup et on se reposait un peu avant de descendre.
L’entrée était gratuite et on se faufilait dans les allées pour aller voir cet endroit de plus près. Juste après un petit pont de fortune, une dame se tenait là et réclamait aux touristes de faire une donation pour « le pont et la route ». On donnait un billet et on poursuivait notre route. On repérait un chemin qui semblait peu emprunté et on comprenait vite pourquoi. Un homme bloquait le chemin et réclamait lui aussi une donation. On effectuait donc un demi-tour et on montait par le chemin traditionnel. Une fois arrivé à mi-chemin, pour continuer à monter, il fallait encore effectuer une donation.




Ça en faisait trois sur cent mètres. On retournait sur nos pas pour récupérer nos vélos un peu dégoutés par le côté Disneyland du lieu. Du haut de la rizière, on comptait au moins six points de donations. Autant rendre cette attraction payante… Sur nos vélos, on poursuivait notre route en direction d’une plantation de café située plus haut. Après un petit tour dans les allées, on s’attablait pour une dégustation. On n’avait pas prévu ça et on se sentait un peu bêtes parce que ni Cassandre ni moi ne buvions de café. On goutait quand même et on se surprenait à en apprécier certains.
On renfourchait nos bécanes et on pédalait vers un temple. A ce niveau de la journée, il était midi passé et la route ne faisait encore que monter. On en était déjà à dix-sept kilomètres parcourus et nos vélos n’avaient rien à voir avec ceux du Tour de France. On commençait à être fatigués et la faim devenait inquiétante surtout la mienne car je n’avais pas mangé la veille. Dans un creux de la route, on avisait un restaurant et on était arrêtés devant la grande pancarte qui servait de menu quand un couple de français venait nous prévenir que la nourriture n’était pas terrible. On passait notre chemin et on arrivait au temple Tirta Empul vraiment fatigués.




On garait nos montures et on commençait la visite. Il y avait un bassin de purification où les fidèles exerçaient un rituel en se recouvrant d’une eau qui s’écoulait de grandes vannes. On recroisait nos français de tout à l’heure et on apprenait qu’ils étaient en plein tour du monde. Ils respiraient la sympathie et puisque leur route incluait l’Australie, on échangeait les contacts pour essayer de se revoir dans le futur. Près d’un grand bassin, on pouvait se restaurer et on mangeait tous les deux un Mie Goreng.
On filait vers notre dernier arrêt de la journée. Gunung Kawi était un temple creusé à flanc de montagne et il fallait descendre deux cent marches pour y arriver. Et éviter toutes les balinaises devant leurs boutiques qui essayaient de vous vendre un sarong en vous faisait croire que c’était obligatoire d’en acheter un alors que les moines en donnaient gratuitement à l’entrée. Après cette dernière visite, l’heure était venue de rentrer. Google nous annonçait 16 kilomètres et on savait que ce n’était que de la descente. On décidait de suivre un chemin piéton qui sortait de la grande route.






C’était très agréable et tout se passait bien jusqu’à ce qu’on se retrouve dans la forêt. Un peu perdu, on hésitait à faire demi-tour mais ça signifiait monter une grosse pente. Finalement, en allant à tâtons, on retrouvait la route et on arrivait à l’hôtel. On avait bien mérité le massage qui suivait. On se présentait à l’accueil et on était vite installés dans une salle pour être massés à deux. Le rituel était nouveau pour nous, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. On enfilait un sous-vêtement fourni par le salon et on se retrouvait entre les mains des masseuses. La mienne avait l’air d’avoir soixante-dix ans et ça devenait très gênant quand elle commençait à me malaxer les fesses. Après l’heure de soins, on ressortait en rigolant de cette nouvelle expérience. On était détendus et on profitait de notre repas au Nessa Warung avant d’aller se coucher tôt.

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