Exploration d’Ubud: Rizières, gastronomie et spectacles – Carnet de voyage

Le lendemain matin, on se réveillait aux alentours de 9h pour prendre un taxi direction Ubud. C’était l’occasion pour nous de retrouver les bouchons et la circulation intensive. Il nous fallait 1h30 pour faire 25 kilomètres. Si on voulait nous préparer à notre retour à Paris, on ne s’y prendrait pas mieux. Peu avant midi, on s’installait dans notre nouvel hôtel avant d’aller manger dans un petit restaurant déniché sur Trip Advisor, l’ami des voyageurs. Dans une petite ruelle, une gargote se tenait en contrebas. On pouvait y manger sur des selles de moto aménagées en siège de repas.

On commandait des plats typiques indonésiens et on filait se promener dans les ruelles d’Ubud. Les scooters occupaient la grande partie du terrain dans un vacarme assourdissant à la longue et sur le trottoir, des taxis ne cessaient d’alpaguer les touristes pour qu’ils montent dans leurs voitures. On se frayait un chemin parmi la multitude de visiteurs et on allait visiter le Palais de la ville. Notre tour était rapide car le lieu de culte était en rénovation et les échafaudages en bambou couvraient la majeure partie des façades.

On se rabattait sur le Pura Taman Saraswati qui était un petit lieu charmant avec deux bassins remplis de nénuphars avec une allée au milieu. On photographiait ce qui nous semblait propice avant de filer pour une mini randonnée jusqu’aux rizières de la ville. En effet, à trois kilomètres, on pouvait admirer des plantations à étage mais il fallait crapahuter le long d’une route sinueuse et on arrivait au bout trempés de sueur. Le chemin en sens inverse était un peu plus facile mais pas énormément et à notre retour en ville, on s’arrêtait prendre une glace.

A notre surprise, les prix étaient quasiment identiques à ceux de l’Australie mais les portions beaucoup moins généreuses. On rentrait à l’hôtel avec un goût amer dans la bouche qu’un plongeon dans la piscine réussissait à effacer. On avait prévu d’aller découvrir les fameux massages balinais mais la flemme avait raison de nous et on restait se prélasser jusqu’à l’heure du repas.

On mangeait au Laughing Buddah Bar, un endroit très prisé d’Ubud. Le cadre était beau, tout en bois travaillé avec de jolis lustres en lampions au plafond. Un groupe y venait jouer de la musique tous les soirs et l’ambiance devenait vraiment conviviale. Le seul bémol se situait au niveau des prix et des portions, on se retrouvait sur des tarifs quasiment australiens avec en plus des frais cachés de service et une taxe ajoutée de nulle part. C’était la rançon du succès et du tourisme de masse. On rentrait se coucher à l’hôtel avec un début d’énervement au fond de nos cerveaux. La journée suivante commençait par un petit-déjeuner sympathique à l’hôtel. On partait tous les deux sur l’american breakfast, composé de toasts et de saucisses.

C’était assez copieux et c’était mieux ainsi car on avait besoin de force pour affronter une journée à pédaler. On avait repéré deux locations de vélo et c’était vers là qu’on se rendait à 9h du matin sous une chaleur humide. Dans une petite impasse se trouvait la première boutique. Enfin, si on pouvait appeler boutique ce rideau de fer avec des vélos derrière. Et ce rideau était baissé et personne ne se trouvait dans les parages. On attendait un peu et on appelait même sur le numéro indiqué mais personne ne répondait. On se faisait même déloger par des chiens visiblement mécontents de nous voir sur leur territoire. On rempilait avec l’option Uber et on allait au premier temple de la journée.

Puisqu’il ne figurait pas dans les guides, il était absolument dénué de touristes et on flânait à l’intérieur tranquillement. C’était vraiment reposant de s’éloigner du tumulte touristique de la ville. On se rendait compte qu’on était entrés par une porte de service et qu’on avait resquillé sans le savoir. On se présentait à l’entrée officielle pour être honnête mais personne ne la gardait. On partait donc direction le second temple en ayant économisé quelques roupies. On se guidait avec Google Maps et en une trentaine de minutes de marche, on arrivait à bon port.

On se baladait encore une fois dans le temple désert quand on se rendait compte pour la seconde fois qu’on était encore rentré par une porte annexe. Le temple était minuscule et on décidait volontairement de ressortir tout de suite sans payer. On voulait maintenant rentrer en ville pour se restaurer et on essayait de commander un Uber. Visiblement, le principe de l’application n’avait pas été bien saisi par les chauffeurs car ils essayaient tous de négocier le quadruple du prix indiqué.

On décidait donc de se lancer dans une marche d’une heure à travers la campagne. Mais au bout de dix minutes, un jeune homme s’arrêtait à notre hauteur pour nous proposer de nous déposer pour trente mille roupies. On acceptait et on se retrouvait vite devant notre assiette. Mama’s Warung était un petit restaurant réputé tenu par une vieille balinaise.  On y mangeait très bien pour un prix abordable et on repartait satisfaits. On se dirigeait ensuite vers la rue principale pour réserver des vélos pour le lendemain. On ne ferait pas la même erreur deux fois.

Une fois fait, on allait profiter de la piscine pour la fin de l’après-midi. On ne traînait pas trop non plus car on devait aller à un spectacle de danse à 19h30. En s’y rendant, on passait devant la fameuse Monkey Forest d’Ubud et on assistait au méfait d’un singe chapardeur. En effet, un touriste visiblement mal informé passait avec un gobelet et un primate lui sautait dessus pour lui piquer sans savoir que le gobelet contenait un café brûlant. Le pauvre animal repartait la queue entre les jambes.

Le spectacle se situait dans un temple. On s’asseyait en rond sur des chaises blanches, à peu près deux cent personnes assistaient au spectacle. On s’attendait à un endroit reculé et une cérémonie intimiste mais on entendait le bruit de la route juste derrière nous et même des gens parler. On repasserait pour l’authenticité. Une trentaine d’hommes descendaient les marches du temple habillés en tenue traditionnelle. Ils s’installaient en rond et chantaient des mélodies balinaises. C’était le fil rouge du spectacle, leurs chansons ne s’arrêteraient plus. Des personnages faisaient leur apparition et entamaient une sorte de combat. On ne comprenait pas grand-chose aux dynamiques en présence mais on admirait les chorégraphies. L’idée principale semblait être de chasser les mauvais esprits mais on ne pouvait pas l’affirmer de manière formelle.

A la toute fin, un homme seul venait jouer avec le feu et marcher dans des braises brûlantes. Il s’amusait à taper dans les bouts de coco enflammés et ça les envoyait très près des personnes au premier rang. Tous les touristes chinois fuyaient le spectacle ! Ils avaient tous été effrayés par le feu. On sortait de là en rigolant et en cheminant vers le restaurant déniché par Cassandre. C’était un petit boui-boui très original nommé Demah Warung. On y mangeait assis en tailleur sur des tables basses et on s’apercevait vite que l’endroit était très prisé. On expérimentait cette nouvelle manière de s’installer pour dîner. Ça faisait déjà une heure qu’on était installés et Cassandre venait tout juste de recevoir son repas. Les gens autour de nous, bien qu’arrivés après, était servis avant moi. Une table de jeunes derrière nous nous faisait savoir qu’ils attendaient depuis plus d’une heure. On partait agacés et sans payer, ce n’était pas la fin de soirée qu’on avait espéré. On rentrait dormir à l’hôtel avec pour but de bien se reposer car demain, une longue journée de vélo nous attendait.


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