C’était encore un jour extrêmement chaud à Darwin. Quand on se décidait à sortir vers midi pour aller manger, la chaleur nous écrasait tout de suite. Le soleil frappait sur nos peaux avec insistance, on avait cette étrange impression qu’il était plus proche de nous ici et qu’il nous visait personnellement. On allait se réfugier au Roma Café et on se laissait séduire par une assiette de linguinis au saumon bien qu’on avait juré de ne plus remanger de pâtes en Australie. Dans tous les restaurants italiens testés jusque-là, on avait eu des mauvaises expériences hormis quand le cuisinier était un véritable enfant de la botte. Et pourtant, ces pâtes au saumon étaient excellentes et elles nous calaient bien le ventre malgré la portion de taille moyenne. Non loin, nous avions repéré un coiffeur et mes cheveux avaient vraiment besoin d’être coupés. On se présenta à l’entrée et la coiffeuse s’occupait de moi aussitôt. Ça donnait lieu à une situation très marrante parce que la professionnelle faisait vraiment n’importe quoi avec ma tête.
Je lui avais demandé quelque chose de plutôt simple pourtant. Court sur le côté et un peu plus long sur le dessus mais elle devait s’y reprendre à trois fois pour parvenir à un résultat acceptable et en sortant, j’envisageais déjà de demander à mon pote de rattraper les dégâts. Ça n’allait pas gâcher notre journée et on en rigolait beaucoup en sortant et en se dirigeant vers East Point. C’était une pointe sur la baie de Darwin avec un lac aménagé et une promenade sympathique. On était vraiment surpris par la beauté de l’eau, elle était d’un bleu presque pur. Ça changeait de Cairns où l’eau marine était marron. Le parc était presque vide si ce n’était quelques groupes d’aborigènes passablement enivrés. On était d’ailleurs témoin d’une arrestation d’une dame par la police, on l’entendait hurler d’une voix rocailleuse et on voyait l’air blasé des policiers qui, visiblement, étaient habitués à arrêter des gens saouls.
On se rendait dans une boutique de souvenirs pour ramener des petits cadeaux. On trouvait notre bonheur malgré la pauvreté de l’offre dans le magasin et on rentrait à l’appartement de nos amis pour se reposer avant de ressortir. On était invités au pot de départ d’une collègue de Romain et Emelyn. Ils travaillaient pour une boîte d’informatique, la petite fête avait lieu dans les locaux et on y passait un bon moment avant de rentrer manger des pizzas à l’appartement et de se coucher autour d’une heure du matin. On avait mis le réveil à 8h30 pour aller profiter d’un brunch à la plage. Aussitôt réveillés, on était tous douchés et prêt à décoller. Notre destination se trouvait sur une des pointes de Darwin à une dizaine de minutes de voiture et malgré la petite nuit qu’on venait de passer, on était pressés de s’installer.






Le restaurant s’appelait le Café de la plage, en français dans le texte, et tenait plus de la cabane à frites que du grand standing. Mais une fois nos commandes passées, on s’installait autour d’une petite table sous des arbres juste au bord de l’eau. C’était visiblement le lieu de villégiature de beaucoup de familles darwinaises. Elles venaient là avec les jouets pour les enfants, les chiens et elles se retrouvaient même à plusieurs groupes. L’ambiance était vraiment très conviviale et c’est à regret que l’on quittait ce lieu pour nous rendre vers notre second point de chute de la journée.
On avait réservé une croisière de jumping crocodile pour le jeudi mais un décès dans la famille des propriétaires avaient malheureusement pour eux contraints à la fermeture. On en profitait donc d’être avec nos amis pour y aller tous ensemble avec une autre compagnie. C’était un bateau à deux étages dans lequel un monsieur se tenait surélevé avec une sorte de canne à pêche à laquelle pendaient des bouts de viande. L’embarcation flottait sur une rivière bien boueuse et il ne fallait pas longtemps avant que l’on aperçoive nos premiers prédateurs. Leurs têtes sortaient à peine de l’eau et ils avançaient doucement à la surface dans notre direction. C’était vraiment effrayant. Le guide chargé de nourrir les animaux gérait ça d’une main de maître. Il les appâtait en frappant dans l’eau avec la viande et quand ils s’apprêtaient à attraper le morceau, il surélevait sa canne pour les faire sauter. La mécanique était bien rodée mais les crocodiles étaient très fainéants aujourd’hui. Peut-être était-ce dû à l’heure tardive et au fait qu’ils aient déjà été nourris précédemment mais ils n’avaient pas envie de sauter très haut.
L’expérience n’était pas gâchée pour autant car les crocodiles étaient vraiment impressionnants. On avait aussi la chance de voir des dizaines d’aigles roder autour du bateau et quand le guide jetait des graines, ils entouraient le bateau dans une espèce de furie effrayante. C’était un spectacle inédit pour nous. Sur le chemin du retour, on s’arrêtait près d’une rivière connue des locaux pour nourrir des barramundis colossaux. Ils faisaient un bruit incroyable quand ils attrapaient à la surface les poissons qu’on leur tendait. Après une petite halte à l’appartement, on décidait d’aller acheter deux petits saucissons français pour grignoter devant le coucher de soleil. On se rendait à une esplanade d’herbe où comme le matin, les familles s’étaient donné rendez-vous pour partager ce moment. Nous buvions quelques bières et quelques verres de vin en observant la lente descente de l’astre solaire.
Notre dîner se situait en plein centre-ville dans un restaurant indien nommé Hanuman. Très prisé des habitants, on se rendait vite compte que le lieu était fortement apprécié pour la beauté de ses locaux autant que pour sa cuisine. Un collègue anglais de nos amis se joignait à nous avec sa petite amie chinoise et on passait une très bonne soirée à manger du biriany et des naans tout en se taquinant sur la rivalité franco-anglaise. On ne rentrait pas trop tard à l’appartement car notre réveil devait sonner à 5h15 le lendemain pour notre départ à Bali et on était au comble de l’excitation.

Laisser un commentaire