Litchfield National Park, des points d’eau à perte de vue

On dormait bien et on se réveillait vers sept heures du matin, avec la lumière du jour. Un petit tour aux toilettes puis au supermarché et on filait déjà vers la première destination de la journée. Edith Falls nous attendait et on voulait y être avant que la chaleur soit trop étouffante. On arrivait un peu avant dix heures pour attaquer les 2,6 kilomètres de la mini randonnée qui faisait une boucle autour de plusieurs points d’eau. Il faisait effectivement chaud mais on arrivait vite à la cascade et la piscine naturelle que ça engendrait était magnifique.

L’eau était fraîche, probablement autour de 18 degrés mais elle faisait tellement de bien sous ce soleil de plomb. Une grande cascade s’écrasait sur 3 mètres dans une première piscine avant que l’eau se répande dans une autre pool jusqu’à son déversement plus bas vers un petit lac. Le lieu adoptait littéralement la définition de paradisiaque et on prenait la décision d’y manger avant de rouler vers notre second point de chute de ce mardi.

Plus au nord, les gorges d’Unbrawarra étaient en territoire sacré aborigène. Ils interdisaient même de prendre en photo certaines pierres. Il fallait rouler vingt kilomètres sur une piste avant de pouvoir y accéder et c’était probablement la raison pour laquelle nous étions les seuls touristes sur place. Avec tout le respect dont on pouvait faire preuve, on s’installait au bord de l’eau pour profiter d’un peu de repos. L’eau était encore plus fraîche que le matin mais le soleil était vraiment harassant alors l’équilibre était respecté.

Autour de 17h, on mettait les voiles en quête d’une nouvelle destination. On se décidait à choisir Adélaïde River à cent kilomètres au nord après y avoir repéré des douches. Après une heure de route, nous avions le privilège de nous laver au bord d’un champ rempli de kangourous très craintifs. On  se restaurait ensuite dans une roadhouse typique sur un air de country. En sortant, le pick-up garé a côté de notre voiture attirait notre attention car plein de chiens se trouvaient à l’arrière dont trois chiots très affectueux. C’était une véritable spécialité australienne d’avoir ses chiens à l’arrière des véhicules, sur le plateau.

On caressait les bébés chiens à travers la cage qui les enfermaient puis on allait garer notre maison roulante aux abords de la forêt. Une fois les feux éteints, on se tenait à l’affût les oreilles dressées. On entendait plein de kangourous gambader dans les bois. Et sur ce son plutôt agréable, on s’endormait pour un repos bien mérité. Le lendemain matin, on se réveillait encore sur les coups de sept heures. Nous étions décidément bien rodés, nos horloges internes commençaient à s’habituer à ce mode de vie. Après un modeste petit déjeuner, on prenait la route vers le parc national de Litchfield. Aux abords de Darwin, cette grande étendue naturelle abritait en son sein un grand nombre de cascades et de piscines naturelles.

Il avait été aménagé parfaitement pour que l’on puisse aller d’un point à un autre en voiture en suivant un parcours. Notre premier arrêt était un ensemble de termitières magnétiques, ce qui nous amenait à nous poser la question fatidique. Pourquoi magnétique ? La réponse était surprenante, il s’avérait que les termites avaient un compas en elles qui leur permettaient de situer le nord en toutes circonstances. C’était la raison pour laquelle tous les édifices construits par les petits insectes étaient orientés de la même manière. Ils atteignaient parfois jusqu’à huit mètres de haut.

La seconde étape se trouvait au Buley Rockholes, un charmant petit bout de rivière ensoleillée où la nature avait décidé de creuser la roche pour offrir de belles baignoires aux promeneurs. On se baignait dans l’eau à vingt degrés avant d’aller admirer les Florences Falls. Pour y accéder, il fallait descendre 135 marches et on arrivait en bas tout transpirants.

Mais on ne peut pas dire que ça ne valait pas le coup. Ici, deux cascades tombaient dans un immense trou d’eau d’une quinzaine de mètres de haut sur vingt mètres de large. C’était presque trop beau pour être vrai. Puisqu’il fallait bien rajouter une tache d’ombre pour noircir le tableau, il y avait des panneaux qui prévenaient que bien qu’il soit autorisé de s’y baigner, le risque de crocodiles ne pouvait pas être exclu. On nageait avec une certaine appréhension malgré la foule autour de nous. Nous avions décidés d’une technique fourbe pour amoindrir les risques. Quand nous nagions, nous laissions toujours une personne devant nous. S’il devait y avoir un crocodile, ça nous rassurait de savoir que nous ne serions peut-être pas les premières victimes.

La troisième escale était les Tolmer Falls, une gigantesque cascade qui donnait sur un immense trou d’eau. Cette fois-ci, on n’avait droit qu’à une vue d’en haut parce qu’il était trop dangereux de descendre et de s’y baigner. Ça ne nous dérangeait pas spécialement car vu la chaleur, la marche aurait été éprouvante. On continuait notre escapade par l’endroit le plus touristique du parc. Les Wangi Falls possédaient un café, un grand parking et même un accès Wi-Fi alors qu’il n’y avait aucun réseau dans tout le parc. Ici encore, deux grandes cascades s’écrasaient dans un grand bassin qui ressemblait vraiment à une piscine.

Les gens ne s’y trompaient d’ailleurs pas et on y croisait beaucoup de familles et de groupes d’amis en promenade. On s’y sentait bien et on s’y posait une bonne heure pour récupérer un peu et avancer dans nos livres respectifs. Ensuite, l’heure venait de rejoindre notre dernière étape. Walker Creek se situait hors des sentiers battus et en y arrivant, on ne voyait qu’une seule voiture sur le parking. C’était plutôt bon signe. Hormis un couple de personnes âgées, personne ne se trouvait dans les parages. C’était si vide et calme qu’une fois les vieux partis, on décidait de prendre notre douche dans la rivière.

On sortait notre gel douche (sans savon et écologique) et on se croyait dans une publicité Ushuaia. Se laver dans l’eau fraîche et à l’air libre était une expérience enrichissante. Une fois tout propre, on reprenait la voiture pour trouver une ville où passer la soirée. Un peu au hasard, on se décidait pour Humpty Doo, légèrement au sud de Darwin. On passait la soirée dans une taverne assez agréable. Alors qu’on était dans la voiture sur le point de partir, un homme tentait d’ouvrir sa voiture juste à côté de la nôtre. Il était ivre mort et on faisait semblant de rire à ce qu’il nous disait mais on se dépêchait de partir afin d’éviter qu’il n’abime notre maison ambulante.

Et puis comme tous les soirs, on se cherchait un endroit calme pour se garer et passer la nuit. C’était vraiment au petit bonheur la chance. Il nous était arrivé de mettre la voiture dans des rues très habités et de très bien dormir. Ou comme ce soir, au fond d’une impasse avec très peu de maisons mais malheureusement avec un chien mécontent. Il avait commencé à aboyer vers 5h du matin et on l’entendait même à travers les boules quies. Autant dire que la nuit avait été courte. Nous n’étions pas vraiment reposés au petit matin. Heureusement, on savait que le soir même, on dormait chez un ami à Darwin dans un vrai lit.

On ne se laissait donc pas abattre par la fatigue et on filait en direction des Berry Springs, des points d’eau très appréciés des habitants de Darwin. L’endroit était encore une fois très bien aménagé. On aurait pu croire que c’était une piscine mais il y avait bien une rivière qui coulait. Après s’être prélassé au bord de l’eau pendant quelques heures, on se rendait enfin vers la ville. On sentait monter l’excitation en nous car cette étape marquait la fin de la première partie de notre voyage. Et il fallait bien avouer que nous n’étions pas mécontents de retrouver une ville, au sens métropolitain du terme. Les bords de mer étaient superbement aménagés avec notamment une piscine à vague et une plage protégée. C’était le seul endroit de la ville où il était possible de se baigner sans craindre les méduses et des crocodiles présents en abondance dans ces lieux. On y restait jusqu’à 17h, heure du rendez-vous avec Romain et Emelyne, qui allaient nous héberger jusqu’à notre départ pour Bali.


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