Rencontre inattendue en Turquie : Une Croisière et des Amis Australiens

Pour raconter la suite de cette histoire, il fallait revenir quelques années en arrière, à un printemps turc très chaud. En 2015, nous étions en Turquie au cœur d’un road-trip qui nous avait amené d’Istanbul à Antalya jusqu’à Izmir. Le samedi 23 Mai, on avait réservé une croisière en bateau sur un bras de mer pour découvrir les vestiges de la civilisation ottomane. On s’attendait à être quelques-uns sur l’embarcation mais mauvaise surprise, toutes les places étaient prises. Puisqu’on allait devoir manger à bord, on était installés à des tables de repas. On s’asseyait donc en face d’un couple de personnes autour de la cinquantaine. Pas des français, pour sûr mais on avait du mal à définir une nationalité. La femme engageait alors la conversation et on apprenait qu’ils venaient de la lointaine Australie.

On se nouait très vite d’amitié et on passait finalement plus de temps à discuter de nos pays respectifs qu’à admirer le paysage, sur cette croisière finalement médiocre. Cassandre était catégorique : l’Australie, ce serait sans elle ! Beaucoup trop dangereux ! Et pourtant, nous étions là et bien là et nous nous dirigions vers la maison de Lionel et Christine, nos amis du bateau en Turquie ! Ils habitaient la petite ville de Lake Cathie et étaient ravis de nous accueillir quand nous les avions contactés. Ils nous ouvraient leur porte les bras ouverts, deux ans après cette rencontre improbable.

C’était presque Pâques et nous avions amené des chocolats en cadeau de remerciement avec une bouteille de vin. Après un récapitulatif de nos aventures, on s’installait et on profitait d’une douche chaude, la première depuis quelques jours. Ils nous emmenaient ensuite admirer quelques vues spectaculaires de la région. En haut d’une montagne, on voyait des bras de mer serpenter à perte de vue dans les forêts, le bleu et le vert se mélangeaient, rejoints par le jaune du sable au moment de se jeter dans l’océan Pacifique.

On passait avec eux deux jours très paisibles mais surtout enrichissants. Autour des repas, on faisait de l’échange culturel et on en apprenait beaucoup sur l’Australie. Au soir du deuxième jour, notre ami Romain arrivait de Sydney en bus. On allait le chercher à la gare routière de Port Macquarie, la ville voisine. Christine nous mettait en garde pour la route. Il fallait faire très attention car une partie du chemin traversait une forêt et évidemment, la menace kangourou était toujours présente.

Cassandre roulait au pas sur cette portion dangereuse, les pleins phares allumés. On s’en sortait sans encombre et on entrait en ville quand on apercevait une masse gigantesque devant nous, au bord de la route. On s’approchait doucement et on réalisait que c’était un cerf qui traversait la chaussée. Il était énorme et muni de bois impressionnants. Dans la pénombre, cette vision avait quelque chose de magique. On était subjugués. Il se tournait mollement vers nous pour nous regarder d’un air serein. On prenait conscience que cet animal respirait la majesté et la grandeur et nous nous sentions privilégiés d’avoir pu assister à ce moment unique. Il terminait sa traversée de la route et disparaissait dans la nuit.

Encore chamboulés par cette expérience, on récupérait Romain à la tombée de son bus et on rentrait chez Lionel et Christine. Elle nous expliquait qu’un refuge pour cerfs avait été balayé par une tempête des années auparavant et que les animaux s’étaient tous enfuis dans la forêt. Il n’était donc pas rare d’apercevoir des cerfs ou des biches mais il fallait avoir de la chance. Après avoir fait les idiots pendant toute la matinée autour du petit lac de la ville, on rendait visite aux koalas du sanctuaire de Port Macquarie.

Si vous rouliez en Australie, vous pouviez apercevoir des panneaux indiquant de faire attention aux koalas avec un numéro de téléphone pour le cas où vous en apercevriez un blessé ou en mauvaise posture. C’était à cet endroit qu’étaient soignés les petits animaux quand ils étaient récupérés et on nous autorisait à venir les voir à condition d’être silencieux et de ne pas faire de gestes brusques. Les bénévoles étaient plutôt âgés et ils traitaient les koalas comme leurs bébés, on assistait même au repas au biberon d’un vieux spécimen visiblement écorché par la vie.

Comme tous beaucoup de mammifères dans le monde, il se voyait menacé et l’Australie ne faisait pas partie des bons élèves. Toute la côte est soumettait l’écosystème à de graves dangers, à cause de l’urbanisation galopante des littoraux et à la création de propriétés privées sur les zones d’habitation historique du koala. Hors maladie, les causes principales de décès chez le marsupial étaient les chiens et les voitures, deux vecteurs amenés par l’homme.


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