Découverte de la faune australienne et frayeur aquatique à Newcastle

Notre entrée dans la routine de Sydney n’étanchait pas notre soif de découvertes. Chaque week-end nous poussait dans les endroits les plus reculés de Sydney et nous apprenions à être de vrais petits Sydneysiders plongés dans la culture. Nous étions en Australie depuis plus d’un mois et nous n’avions pourtant pas encore vu de kangourous, une anomalie qui se devait d’être réparée. On prévenait notre petite bande d’amis et on prenait le train pour rejoindre Morisset Park à deux heures au nord de Sydney. Le trajet que suivaient les rails était magnifique avec des passages au ras de l’eau dans des baies dignes de l’Asie du Sud-Est ou des petits villages pittoresques aux airs ancestraux.

Quand on arrivait à l’entrée du parc, on tombait nez à nez avec un kangourou, le premier d’une très très longue série. Il était seul et se tenait dressé à la lisière de la forêt. On s’approchait doucement et on comprenait assez rapidement qu’il était habitué à la présence humaine et qu’il ne nous craindra pas. En touchant son dos, je sentais sa musculature dure comme de l’acier sous sa peau et on se faisait la réflexion qu’il serait plutôt malin de commencer à les craindre nous-mêmes.

Ce spécimen était isolé du reste de la meute qui se trouvait dans la clairière vers laquelle nous nous dirigions. Alors qu’on s’attendait à voir quelques animaux clairsemés, c’était en fait de tout les côtés qu’on en trouvait. On était tous surexcités ! Il fallait nous voir à ce moment, de vrais gamins émerveillés. Au départ, on se méfiait un peu et on essayait de ne pas les brusquer mais comme le premier qu’on avait vu, ils étaient très dociles et pas peureux pour un sou. On prenait alors plein de photos et on engrangeait des souvenirs par dizaines. Ces animaux étaient majestueux et tellement éloignés de tout ce qu’on pouvait connaître. Ils étaient très loin de la caricature bondissante qu’on connaissait, plein de puissance et de grâce. On observait les petits grimper dans la poche des mamans, les males tenter d’imposer leur statut d’alpha au sein de la troupe. On flânait sur place et on ne voyait pas le temps passer.

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Notre planning de la journée ne s’arrêtait pas aux kangourous alors nous étions obligés de reprendre la route, un peu à contrecœur. La suite de notre programme nous amenait à Newcastle, toujours plus au nord de Sydney, d’abord pour visiter cette petite ville et ensuite pour voir ce que les locaux appelaient le Bogey Hole, une piscine artificielle au bord de la mer, creusée dans la pierre par des prisonniers en 1820, que les vagues successives venaient remplir.

Comme l’endroit était plein de familles avec des enfants qui jouaient dans l’eau, on était en confiance et on allait se rafraîchir en compagnie des australiens présents. Note pour nous-même : ne plus jamais faire confiance aux gens de ce pays en terme de sécurité. A peine arrivés dans la piscine, on avançait le long des cordes pour rejoindre des adolescents qui s’amusaient à prendre les rouleaux de plein fouet. Elles étaient gentilles et pas vraiment intenses alors on ne se méfiait pas jusqu’au moment où un de nos amis, resté en haut des escaliers, nous prévenait en hurlant de faire attention à la vague qui approchait. On n’entendait pas très bien ce qu’il disait mais son doigt pointé au large nous donnait une idée de la situation et en se retournant, on voyait un mur d’eau foncer droit sur nous.

C’était la première d’une série de trois vagues, plus hautes les unes que les autres. Notre amie Céline se faisait emporter par la troisième et elle devait vraisemblablement son salut à Cassandre qui avait le réflexe incroyable de la retenir par le bras et la force de la sortir de l’eau malgré la puissance du courant quand elle la voyait partir. Une petite bouée qui était près d’elles avait suivi le courant contre les rochers et était déjà au large, emportée à tout jamais. Nous n’étions pas passés loin d’un drame et on se jurait de ne plus juger de la sécurité d’un endroit à l’aune des australiens.

Céline en sortait avec des hématomes sur toutes les jambes et des écorchures un peu partout pour un sacré souvenir qui clôturait notre journée un peu plus tôt que prévu. La pauvre pouvait à peine marcher et nous étions obligés de la porter jusqu’à la gare où nous prenions le train après cette journée intense en émotions. La nature nous avait montré son côté mignon avec les kangourous mais aussi sa puissance redoutable avec ces vagues effrayantes. L’Australie nous apprendrait plus tard que la nature était plus forte que tout, surtout dans ce pays.


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