Après une bonne heure à se promener autour de la baie, un coup de fatigue inévitable nous tombait dessus. Il était temps de rentrer et de se reposer après un si long périple. Au moment de passer au lavage, on constatait que malgré la crème solaire, le soleil ne nous avait pas épargné. Nous avions des coups de soleil à tous les endroits où nous n’avions pas mis de protection, ce qui dans mon cas se traduisait par des oreilles toutes rouges. Ce n’était donc pas une légende, le soleil de l’Océanie était redoutable et il fallait y faire bien attention.
Autour de 19 heures, notre hôte Aydan rentrait dans l’appartement. On sortit de notre chambre pour faire les présentations et pour tester notre anglais dans de vraies conditions. Il n’était plus question de faire semblant avec des amis français ou de répéter des phrases dans sa tête. On plongeait dans le grand bain et nous n’avions aucune échappatoire. Il était irlandais et il n’avait heureusement pas un accent trop prononcé alors nous n’eûmes pas trop de difficultés. Il nous mettait tout de suite à l’aise et une longue discussion s’ensuivait.
Nous apprenions qu’il était ingénieur dans l’impression 3D de tissus visant à remplacer les cellules cancéreuses et qu’il avait fait de l’escalade sa passion. Il revenait tout juste d’une journée de grimpette dans les Blue Mountains qu’on avait prévu de visiter dans les semaines à venir. On en profitait donc pour l’inonder de questions auxquelles il répondait volontiers. Mais l’heure tournait et l’horloge affichait déjà 9 PM. Nous n’avions rien à manger, il nous fallait sortir pour nous restaurer et à notre grande stupeur, tous les restaurants fermaient déjà leurs portes.

Il y avait bien écrit 22 heures sur les devantures mais le manque de clients les poussait à clore leurs journées plus tôt. Je demandais gentiment à une thaïlandaise si on pouvait manger dans un coin et elle nous accueillait avec plaisir. On mangeait rapidement et encore une fois, l’assiette était si dense qu’il nous fallait en partager une à deux et ramener le reste à la maison. On tombait de sommeil et à peine allongés, on sombrait dans les bras de Morphée.
Nous n’avions pas mis de réveil mais nos yeux s’ouvraient autour de six heures du matin. On avait assez dormi et la proximité de l’aéroport annulait de toute façon tout désir de grasse matinée. On traînait quand même au lit tranquillement. Nous nous étions fixés quinze jours de vacances. Après cette date, il faudrait sérieusement chercher un travail et un logement fixe. On comptait donc bien profiter de notre repos pour récupérer et s’en mettre plein les yeux.
Nous avions aussi quelques formalités à régler. La première et la plus simple était d’aller acheter des cartes sim australiennes pour avoir internet sur nos téléphones. On pouvait se les procurer dans le supermarché Woolworths du coin et les activer instantanément. A peine le temps de le dire que la magie de la technologie envoyait la data et le réseau Vodafone sur nos téléphones.

Nos parents étaient heureux de nous savoir si proches tout en étant si loin. Notre seconde urgence était le compte bancaire. L’Australie avait l’habitude des jeunes gens comme nous avec ce visa particulier : le Working Holiday Visa. Ils appelaient les détenteurs de ce sésame des Working Holiday Makers et des comptes bancaires étaient adaptés. On avait prévu de visiter Chinatown en fin de matinée et nous avions repéré une succursale d’une banque Westpac non loin. Nous avions lu des commentaires élogieux au sujet de cette enseigne et on nous avait conseillé d’y mettre notre argent.
On reprenait le métro et sa ligne T8 pour se rendre dans le quartier d’Haymarket et ses rues chinoises. Le Chinatown de Sydney était tout petit, à peine plus grand qu’une rue à proprement parler mais il était très pittoresque. On mangeait dans une des rues avoisinantes chez un tout petit taïwanais qui se révélait excellent. La banque était à deux pas et on y arrivait autour de 12h30. Dès notre entrée, une employée se dirigeait vers nous en nous voyant un peu perdu. Elle nous expliquait qu’il faudrait probablement revenir lundi car tous les conseillers étaient pris jusqu’à la fermeture à 13h30. Nous n’étions pas vraiment pressés, on acceptait donc de bon cœur.

On reprenait le métro pour traverser la baie et visiter l’iconique Luna Park de Sydney avec sa bouche énorme qui servait d’entrée. L’endroit était très coloré, plein de vie. Des enfants jouaient sur les manèges, la bouche pleine de barbe à papa pendant qu’un groupe de gens déguisés se prenaient en photos avec tous ceux qui le voulaient bien. On se sentait bien, l’atmosphère était paisible, apaisée. Ça nous faisait d’ailleurs un choc car il respirait dans toute la ville de Sydney une ambiance sereine. On poursuivait notre visite et on tombait sur un spectacle de plongeon très marrant, réalisé par des professionnels qui prenaient visiblement un malin plaisir à faire rire les enfants massés autour du bassin.
On continuait notre promenade le long de la baie. On était arrivés à un endroit où les maisons devenaient vraiment cossues, avec des bateaux à l’amarrage. On s’installait dans l’herbe pour profiter du soleil et de la vue sur le Harbour Bridge. Une bande de gamins pêchaient en faisant les idiots, à se pousser dans l’eau à tour de rôle. Il y avait là un parfum d’enfance. On repartait en sens inverse et on traversait le pont à pied. Il était long de 1.2 kilomètres et sa vue était saisissante. On se rendait déjà compte que le panorama sur la baie n’était jamais le même. Selon l’heure de la journée et l’angle choisi, on voyait différentes perspectives. Il allait sans dire que la baie était toujours aussi belle et on se demandait bien si les gens réussissaient à s’en lasser. Seul le temps nous le dirait.

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