Au moment de poser le pied hors de l’avion, je ne pouvais m’empêcher de penser au premier pas que j’allais faire. Je saluais le commandant de bord et touchais le sol australien. Je me retrouvais pour la première fois si loin de chez moi sans vraiment savoir quand j’allais rentrer. La sensation de liberté était vraiment grisante. On suivait les panneaux pour aller récupérer nos bagages en espérant qu’ils aient bien suivi notre périple à travers la Chine. Après quelques minutes d’attente autour de la troisième ceinture, on voyait nos valises toutes neuves nous rejoindre lentement sur le tapis.
Elles étaient en parfait état et on les tirait jusqu’aux toilettes pour se changer et revêtir des habits plus appropriés à la chaleur qui nous attendait. Il était 7h30 du matin en Australie et la température extérieure à Sydney était déjà de 24 degrés. L’accoutrement short / t-shirt du parfait Sydneysider enfilé, on se dirigeait vers la douane. On préparait les papiers nécessaires, un peu anxieux d’avoir oublié quoi que ce soit dans tous les justificatifs nécessaires. Le douanier saisissait nos passeports et nous regardait en rigolant :
– French ? disait-il en tapotant nos documents marron frappés du sigle de la république française.
– Yes, répondait-on en même temps.
– Bonjour et bienvenue en Australie, nous surprenait-il dans un français approximatif mais compréhensif, en nous faisant signe d’avancer avec la main. Bon voyage !

Il avait à peine regardé nos papiers mais ça nous était égal. Nous n’avions pas rencontré d’embûches et on pouvait d’ores et déjà se mettre en quête du métro. Nous avions réservé un Airbnb à Mascott, la ville la plus proche possible de l’aéroport. Notre hôte avait eu la gentillesse de nous prévenir qu’on pouvait arriver quand on le souhaitait. On suivait les indications, commençant déjà à s’habituer à tout voir écrit en anglais, qui nous guidait vers le métro. Nous n’avions que deux stations et le train arrivait assez rapidement.
C’était l’heure de notre premier choc austral : la climatisation dans les transports. On passait d’une température frôlant les 30 degrés sur le quai à moins de 20 dans la rame. On pensait au premier abord qu’il y avait un dysfonctionnement mais l’observation des autres passagers nous menait à la conclusion que c’était routinier. On sortait rapidement deux vestes de nos valises et on descendait à notre arrêt.
La station de Mascott se trouvait sur une petite place très sympathique, entourée de bâtiments peu élevés. On se repérait grâce aux informations qu’on avait sauvegardées et on arrivait en prenant notre temps devant notre immeuble. Aydan, notre hôte, nous avait caché les clés sous un caillou dans un parterre de fleurs devant la porte d’entrée. C’était notre première confrontation avec l’insouciance australienne. Il ne s’était même pas posé la question de savoir ce qu’il se passerait si on lui volait. Ce n’était pas dans son mode de pensée.

Clés en main, on suivait les instructions et on se trouvait rapidement dans une chambre spacieuse avec notre propre salle de bains. Après 34 heures de voyage porte à porte, on était enfin installés. Il était encore très tôt, à peine 8h du matin, on en profitait donc pour s’allonger mais sans dormir car nous avions décidé au préalable qu’il fallait qu’on tienne jusqu’au soir pour espérer se remettre dans le rythme le plus rapidement possible. Et quoi de mieux que bouger pour ne pas sombrer dans les bras de Morphée ? On se rendait compte assez rapidement qu’un détail évident nous avait échappé. Nous n’avions pas pensé aux différences de prises entre la France et l’Australie et nous nous trouvions dans l’incapacité de charger nos appareils. Après quelques recherches sur Internet, on découvrait qu’un magasin de bricolage se trouvait à trois pas et on s’y rendait pour acheter des adaptateurs. On affrontait déjà notre première transaction dans la langue de Shakespeare et cela se passait plutôt bien. On ressortait avec nos produits et on allait chercher un restaurant. Il y en avait quelques-uns autour de la station, majoritairement asiatiques.
On jetait notre dévolu sur Curry Craze, une échoppe indienne, où les portions étaient tellement énormes qu’on mangeait un plat à deux. Après ce consistant repas, l’heure sonnait de sortir la panoplie du parfait touriste : guide dans la main, casquette contre le soleil et bouteille d’eau dans le sac à dos. On reprenait le métro pour se confronter aux quelques monuments de la ville de Sydney. La première impression qui me venait à l’esprit portait sur la linéarité des routes. A l’image des villes récentes, Sydney proposait un tracé très géométrique avec peu de courbes. Les rues et les bâtiments étaient très propres et même les monuments à l’air ancien gardaient un éclat impressionnant. On arrivait sur Hyde Park, le plus ancien parc public d’Australie, qui tenait son nom, évidemment, de l’original londonien. Il comportait quelques monuments dont une grande fontaine, un très solennel monument aux morts de la première guerre mondiale et une statue du capitaine Cook.

On dérivait à pas doux vers la cathédrale Saint Mary, la plus grande de tout l’hémisphère Sud, qui n’aurait vraiment pas dépareillé dans une ville européenne. Elle dégageait une sérénité impressionnante et on se surprenait à la contempler assis pendant de longues minutes. On reprenait notre déambulation vers le jardin botanique puis, objectif final, vers l’Opéra. Le Botanic Garden était coincé entre les bâtiments d’affaires du Central Business District d’un côté et la baie de Sydney de l’autre. Il était rempli d’arbres aux noms latins et de fleurs plus belles les unes que les autres. On se plaisait à faire crépiter l’appareil photo plus que de raison à chaque nouvelle plante.
En allant de chemins en chemins, on finissait par se retrouver sur le tracé qui longeait la baie et ainsi, face à l’Opéra de Sydney. Il paraissait bien plus impressionnant que sur toutes les photos qu’on pouvait voir sur Internet ou à la télévision. L’architecture était incroyable mais c’était surtout l’environnement qui le rendait si magnifique. L’Harbour Bridge juste derrière ajoutait à la grâce de l’endroit, ainsi que la mer et l’éclat du ciel bleu. On s’asseyait sur une rambarde en béton et on réalisait sûrement à ce moment que oui, nous étions en Australie. C’était le début d’une nouvelle vie.

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